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Nos lecteurs ont la parole

Lettre ouverte aux lendemains

Par Adriana LEBBOS
Jour après jour. On court. Plus vite. Plus haut. Plus loin. Tu serres tes deux mains. Tu as les dents serrées. Ça grince. Nouvelle gouttière, stp docteur. Ta cage thoracique remonte le long de ta gorge. Ta gorge, prise au dépourvu, se serre.
Mais à quoi ça sert tout ça ? Sais-tu vraiment s’il faut sortir, avancer, courir, sauter vers demain ? S’il faut même lui tendre la main ?
De quoi demain sera t-il fait finalement ? Faut-il vraiment essayer de tout calculer ? Faut-il vraiment toujours être stratégique ? Planning. Anticipation. Analyses d’impact.
Elles sont passées où, les surprises ? Ça me manque, les prises de tête. Sans prise en compte. Sans prise de décisions.
Tout ce temps perdu à tout calculer... Tout ça se tend. Tout ça s’est tendu. C’est pressé. C’est stressé. Il faudrait avancer vite vers des lendemains. Avec le temps qu’on ne prend pas. Pas le temps pour des souvenirs. Pas le temps pour un lent demain. Pas le temps d’être soi-même. Pas le temps de s’arrêter. Courir vers demain et dans toutes les directions. On ne sait pas trop où ça va, mais on y va. Comme une ligne directrice inconnue. Les miettes du Petit Poucet. Un rayon laser rouge. Comme si quelque chose d’imaginaire nous magnétisait vers du plus vite. Plus haut. Plus loin. Mais est-ce vraiment ça, la ligne vers demain ? Mais est-ce vraiment toi dans tout ça ?
Il est où, mon moi ?
On dit qu’on a toute la vie
devant soi. Mais c’est dans quelle direction finalement ? Y en a t-il vraiment une ? Peut-on se laisser un peu porter ? Doit-on avancer tout droit ? Tout haut? Peut-on parcourir une mosaïque de choses ? Un mélange? Un mélange d’un peu de tout. Des épreuves combinées en temps réduit. Un décathlon. Ah. À bout de souffle.
On ne vit qu’une fois finalement. Pourquoi faut-il suivre des lignes ? Les virages, ça marche pas ? Et les courbes ? C’est beau, des courbes. Courbes de survie. Statistiques. Définitions. Graphes. On devrait lire l’avenir dans les courbes de la main. On devrait être soi-même. Arrêter de se taire. Arrêter de laisser faire. Se révolter face aux autres qui ont perdu le fil. La ligne tendue vers des lendemains qui ne chanteront pas forcément. La corde qu’on noue parfois pour se détacher des autres. Comme un monde à l’envers. Comme un monde allant vers nulle part. Tout ça, c’est nul. C’est gens qui passent leur chemin en silence devant tout ça. Tout ça, c’est nul. C’est dommage. Ces lignes qui se brisent en silence quand tout ce qu’on fait c’est aller plus vite. Plus haut. Plus loin. Et ne rien faire d’autre. Comme des êtres conditionnés. Tout ça, c’est tout. C’est toute une vie. Tout ça, c’est vite oublié. Tout ça, c’est vide. Vide de sens. Plein d’egos. Plein d’égoïsme. Tout ça, c’est trop si on n’y prête pas attention. Tout ça, c’est trop de tension.
Jour après jour. On court. Plus vite. Plus haut. Plus loin. Tu serres tes deux mains. Tu as les dents serrées. Ça grince. Nouvelle gouttière, stp docteur. Ta cage thoracique remonte le long de ta gorge. Ta gorge, prise au dépourvu, se serre.Mais à quoi ça sert tout ça ? Sais-tu vraiment s’il faut sortir, avancer, courir, sauter vers demain ? S’il faut même lui tendre la main ? De quoi demain sera t-il fait finalement ? Faut-il vraiment essayer de tout calculer ? Faut-il vraiment toujours être stratégique ? Planning. Anticipation. Analyses d’impact.Elles sont passées où, les surprises ? Ça me manque, les prises de tête. Sans prise en compte. Sans prise de décisions. Tout ce temps perdu à tout calculer... Tout ça se tend. Tout ça s’est tendu. C’est pressé. C’est stressé. Il faudrait avancer vite vers des...
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