Le vice-ministre de la Justice, Rikkos Erotokritou, a déclaré que l’enquête se focaliserait sur « la fuite de documents confidentiels de la Banque centrale... un possible usage de faux et une possible tromperie à l’égard de membres du conseil d’administration de la Banque centrale ».
Le contrat avait été signé en mars avec la société de consulting londonienne Alvarez and Marsal (A&M), dont les services avaient été loués pour aider le secteur bancaire chypriote en grande difficulté à se recapitaliser.
À cette époque, Chypre avait obtenu de haute lutte un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI), aux termes duquel la deuxième banque en importance de l’île, la banque Laiki, avait été liquidée et ses avoirs transférés à la plus grande banque du pays, la Bank of Cyprus (BoC).
Dans le cadre de ce processus, la BoC avait besoin d’être recapitalisée et les clients possédant des dépôts de plus de 100 000 euros ont vu 47,5 % de la valeur de leurs dépôts transformée en actions.
Selon la presse, la Banque centrale aurait accédé à une demande de A&M de lui verser une prime équivalant à 0,10 % du capital total injecté dans le système bancaire.
La Banque centrale a publié mercredi un communiqué affirmant qu’« aucune prime n’était justifiée », arguant que la recapitalisation provenait du plan de sauvetage et non d’un investissement extérieur.
A&m réclamerait 4,75 millions d’euros (6,6 millions de dollars), nettement moins que les 11 millions qu’elle serait fondée à réclamer sur la base de la proportion de 0,10 %, avec obligation de versement au 31 octobre.
Des membres du conseil d’administration de la Banque centrale ont affirmé à la presse sous le couvert de l’anonymat ne pas être au courant d’une telle prime.
Le gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, que le président de la République, Nicos Anastasiades, essaye d’évincer en lui reprochant de ne pas parvenir à gérer correctement la situation économique de l’île méditerranéenne, a déclaré qu’il y avait eu une fuite de documents confidentiels, exhortant le ministre de la Justice à agir.
Le vice-ministre de la Justice n’a pas mentionné A&M, mais a souligné que cette affaire était « de la plus haute importance » et que la décision (d’ouvrir une enquête) était intervenue après trois jours de « déclarations et de querelles ».
Le Parlement, dont le comité d’éthique a demandé à voir une copie du contrat, devrait se saisir de cette affaire la semaine prochaine.
(Source : AFP)


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