Douglas Kennedy signe-là un roman très personnel sans être autobiographique.
Adepte du «principe de réalité», Laura refuse de céder à toute forme de désespoir, regret ou nostalgie de ce qui aurait pu être... «Citez-moi une seule personne qui peut vraiment dire qu’elle a reçu de la vie exactement ce qu’elle avait espéré», clame-t-elle. Et pourtant, sa carapace de réalisme et de résignation se fissure de plus en plus lors des inévitables diagnostics mortels auxquels cette praticienne est confrontée!
Mais une rencontre inespérée lors d’une conférence à Boston va bouleverser sa vie. Richard souffre lui aussi d’un mariage malheureux. Et cet homme lui ressemble totalement. Il a la même sensibilité, les mêmes envies, perceptions et attentes que Laura. Ces deux-là étaient faits pour se trouver, comme on dit. Sauront-ils pour autant saisir la chance d’un nouvel avenir qui s’offre à eux?
«Pourquoi est-on si souvent l’architecte de sa propre prison?», s’interroge de livre en livre Douglas Kennedy. C’est dans ce questionnement sur la nature humaine que l’écrivain américain puise généralement la matière de ses romans. Estimant que «la plus grande lutte dans la vie, c’est la lutte avec soi-même», il traite souvent dans ses écrits des thèmes de l’aliénation du couple au sein de la prison conjugale, du sentiment de culpabilité, de l’illusion du choix et, paradoxalement, de cet inaltérable espoir qui anime la vie.
Tout comme il critique toujours en filigrane le puritanisme et les inégalités sociales de la société américaine...
Dans Cinq jours (éditions Belfond), Douglas Kennedy privilégie l’intrigue sentimentale au suspense romanesque, qui est sa marque de fabrique habituelle. Et quoique différent de ses précédents romans, ce dernier opus – écrit après le divorce de l’auteur, ce qui lui donne de forts accents personnels! – reste, par-delà l’histoire d’amour, une exploration pleine de sensibilité et de vérité de la condition humaine.
Roman abordant pleinement les différentes nuances des rapports humains, de la difficulté des liens amoureux à l’impact parental sur la personnalité et les choix de vie, mais aussi une large palette de sentiments: désir, espoir, projection amoureuse, solitude, crainte de l’abandon, douleur, lâcheté et mépris entre conjoints... Ces cinq jours dans la vie d’une femme révèlent l’acuité psychologique de cet auteur qui s’est glissé avec finesse et subtilité dans la peau de son personnage féminin.
Remarque anecdotique: le chiffre cinq, qui revient à plusieurs reprises dans les moments-clés du parcours de Laura, fait semble-il partie du fétichisme romanesque de Douglas Kennedy. Est-ce parce que l’un de ses précédents romans, La Femme du Ve, publié à Londres, lui avait valu un retour en grâce auprès des éditeurs américains, qui l’avaient longtemps boudé ? Une question qu’on aimerait lui poser à l’occasion d’une rencontre dans les allées du Salon!
Sinon, traduit en français par les éditions Belfond, comme tous les ouvrages de cet écrivain francophile particulièrement apprécié dans l’Hexagone, Cinq jours n’est pas un opus littéraire à l’intrigue ou au style sophistiqués. Il s’agit d’un roman écrit avec justesse et dont les protagonistes, attachants, renvoient au lecteur, comme un miroir, sa réalité et ses questionnements sur le bonheur. Parsemé de réflexions sur l’existence, ce livre rappelle que «la vie ne se passe jamais comme on l’a prévue», mais qu’elle vaut néanmoins la peine d’être vécue. Au plus proche de ses rêves et de sa nature profonde!


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C'EST DU : J'ÉLÈVE LES ENFANTS D'UNE AUTRE... ET UNE AUTRE ÉLÈVE MES ENFANTS... DE LA BOURDE UN TEL ROMAN !
18 h 33, le 24 octobre 2013