Rechercher
Rechercher

À La Une - Religion

L'ouverture de la première mosquée de Tahiti enflamme les esprits

Le lieu de culte a du fermer ses portes quatres jours seulement après son inauguration.

Photo datée du 26 Juillet 2005 du soir tombant sur la mer aux abords de Papeete sur l'île de Tahiti (AFP/Archives, Marcel Mochet)

La fermeture précipitée, en fin de semaine, de la première mosquée de Papeete, sur l'île de Tahiti, quatre jours seulement après son inauguration, a mis en lumière les craintes suscitées par l'islam en Polynésie, à majorité chrétienne.

 

La vague de contestations a été telle que la mosquée inaugurée le 15 octobre n'a pu ouvrir ses portes vendredi, pourtant jour de la semaine sacré pour les musulmans, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Hicham El Barkani, le jeune imam de 23 ans venu de Seine-saint-Denis pour créer ce lieu de culte - une simple salle de prière dans un immeuble du centre-ville - et qui parlait lors de l'inauguration d'"un jour historique" pour la Polynésie française, a dû garder les portes closes. Il doit faire face à une interdiction de la mairie de Papeete, pour qui ce local "pas prévu pour recevoir du public" doit être mis aux normes.

En fait, l'ouverture de la mosquée s'est surtout heurtée à la vive hostilité de la population locale.

 

La Polynésie française compte seulement quelques centaines de musulmans, originaires de France, du Sénégal, de Djibouti ou encore du Maghreb. La plupart, enseignants et militaires, ne sont là que pour quelques années.

De nombreuses obédiences religieuses, des sectes également, cohabitent dans une Polynésie très fervente, mais elles sont toutes d'influence chrétienne. Dans l'île, l'islam, peu connu, est souvent assimilé au terrorisme.

"Les fanatiques, les machins, les djihad et tout ça, je crois que c'est un peu ça", s'inquiète Mahea, un agent municipal. "Il faut les connaître, c'est pas parce qu'on les voit que ça y est", essaie de tempérer Yolande, apprentie coiffeuse.

 

 

Flosse cherche à calmer le jeu

Des propos très hostiles, parfois xénophobes, ont inondé les réseaux sociaux. Des pétitions et appels à manifester ont été lancés et, selon son avocat, Hicham El Barkani a "reçu des menaces de mort".

 

Le site Tahiti-Infos, premier à avoir relayé localement l'annonce, a dû pour la première fois bloquer les réactions - "contraires à la bienséance" - de ses internautes.

"Ils pensent que les musulmans sont des Ben Laden, faut pas rester sur des a priori", regrette une jeune femme issue d'une famille musulmane. "La religion musulmane est pour la tolérance", assure-t-elle, en préférant toutefois rester anonyme, "par peur des réactions".

 

Le président de la Polynésie française, Gaston Flosse, a voulu calmer le jeu en soulignant mercredi dans un communiqué que "l'Islam est une grande religion monothéiste". "Bien que terre traditionnellement chrétienne, la Polynésie est aussi une terre accueillante et il ne faut pas tomber dans l'islamophobie", a-t-il mis en garde.

"Il faut faire la distinction entre les différentes formes d'intégrisme et ce qu'est vraiment l'islam : une grande religion avec de grandes valeurs", a déclaré, pour sa part, Taaroanui Maraea, président de l'Eglise protestante.

 

Du côté de la communauté catholique, on se montre plus circonspect. "Ce n'est pas la salle de prières qui est inquiétante, ce sont ceux qui sont venus l'installer", a commenté Monseigneur Hubert Coppenrathen, décelant chez le jeune imam "une attitude un peu conquérante". "Il faut être sur ses gardes", dit-il.

 

La diffusion à la télé d'images de femmes voilées se rendant à la mosquée, dont deux Polynésiennes, ont alimenté les craintes. "Les vahinés à la plage, les maillots de bain, les bringues, les cheveux lâchés, tout ça c'est notre coutume, et on veut rien changer", s'alarme Heiti, employée d'une société d'assurances attenante à la mosquée.

 

 

 

Lire aussi

La laïcité s’affiche dans une France taraudée par la place des religions


Au Canada, la laïcité déchaîne les passions

La fermeture précipitée, en fin de semaine, de la première mosquée de Papeete, sur l'île de Tahiti, quatre jours seulement après son inauguration, a mis en lumière les craintes suscitées par l'islam en Polynésie, à majorité chrétienne.
 
La vague de contestations a été telle que la mosquée inaugurée le 15 octobre n'a pu ouvrir ses portes vendredi, pourtant jour de la semaine sacré pour les musulmans, a constaté un journaliste de l'AFP.
 
Hicham El Barkani, le jeune imam de 23 ans venu de Seine-saint-Denis pour créer ce lieu de culte - une simple salle de prière dans un immeuble du centre-ville - et qui parlait lors de l'inauguration d'"un jour historique" pour la Polynésie française, a dû garder les portes closes. Il doit faire face à une interdiction de la mairie de Papeete, pour qui ce local "pas prévu pour...
commentaires (3)

Ils vont apprendre les polynésiens , que l'islam est une religion de conquête même chez eux ...!

M.V.

17 h 29, le 20 octobre 2013

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Ils vont apprendre les polynésiens , que l'islam est une religion de conquête même chez eux ...!

    M.V.

    17 h 29, le 20 octobre 2013

  • CHACUN A LE DROIT DE PRIER LÀ Où IL SE TROUVE... MAIS QUAND CELA PREND LA FORME DE PROVOCATION... COMME IL EN EST LE CAS A TAHITI... C'EST INACCEPTABLE !

    SAKR LOUBNAN

    13 h 37, le 20 octobre 2013

  • Sans hypocrisie. "La religion musulmane est pour la tolérance", entend-on et lit-on. Dans le Coran il y a des textes pour la tolérance et d'autres pour l'intolérance. Dans la pratique : les pays musulmans les plus importants, Arabie saoudite, Iran, Egypte des Frères musulmans, Pakistan, Indonésie, sont loin de la tolérance religieuse comme la planète Terre de la ploanète Mars. Allez voir ce qu'on fait avec un musulman dans ces pays s'il est surpris rien qu'en train de lire un texte d'une autre religion. C'est automatiquement un apostat. Le pauvre ! Tout le monde sait ce qu'il en devient. Tel est le grand problème dans l'islam en Occident et partout.

    Halim Abou Chacra

    06 h 09, le 20 octobre 2013

Retour en haut