Une élection n’est jamais très distante aux États-Unis : le 4 novembre 2014, comme tous les deux ans, les électeurs auront le choix de reconduire la cohabitation législative qui paralyse Washington depuis janvier 2011, ou de donner le contrôle des deux Chambres du Congrès à un seul et même parti.
Mais la rapidité du cycle électoral est aussi le poison du système politique américain, la pression des élections raidissant les positions de chaque camp. À quelques mois des primaires, un compromis risque d’être interprété comme une compromission.
Dans l’immédiat, les alliés démocrates du président Barack Obama estiment profiter du blocage, provoqué selon eux par l’intransigeance des républicains. « Les jours de leur majorité à la Chambre des représentants sont comptés s’ils continuent comme ça », a lancé plein d’espoir Brad Woodhouse, président d’Americans United for Change et ancien porte-parole du Parti démocrate.
Le démocrate en veut pour preuve un sondage réalisé par l’institut préféré de la gauche américaine, Public Policy Polling (PPP), dans 24 circonscriptions actuellement représentées par des républicains. Selon PPP, 17 seraient battus dans les urnes si l’élection avait lieu aujourd’hui. Et même si les républicains contestent la méthodologie du sondage, les chiffres parlent : au niveau national, l’image de leur parti a indiscutablement été écornée par la crise politique actuelle. Avec seulement 28 % d’opinions favorables, jamais un parti n’avait été aussi impopulaire depuis que l’institut Gallup a commencé à poser la question, en 1992, selon une enquête réalisée la semaine dernière.
Redécoupages électoraux
Si les législatives avaient lieu aujourd’hui, 43 % des personnes interrogées par l’institut Quinnipiac affirment qu’elles voteraient pour un candidat démocrate, contre 34 % pour un républicain, un écart record en défaveur des républicains.
Et si la popularité de Barack Obama a aussi chuté, les électeurs « sont plus en colère contre les républicains que contre les démocrates », analyse Peter Brown, directeur adjoint de l’Institut Quinnipiac.
Mais il n’y a pas d’équivalence directe entre une cote nationale et l’issue de 435 scrutins distincts, tempère Kyle Kondik, du département politique de l’Université de Virginie. « Nous continuons de penser que les républicains ont une forte probabilité de garder le contrôle de la Chambre », prédit-il.
Selon les spécialistes de la carte électorale du Cook Political Report, seules 13 circonscriptions aux mains des républicains sont sérieusement menacées d’alternance, conséquence d’une polarisation géographique croissante des électeurs, et de récents redécoupages électoraux. Le consensus des experts porte sur le besoin d’une formidable vague démocrate pour que le parti de Barack Obama reconquière la Chambre.
Les républicains estiment que c’est leur fidélité aux principes qui les ont portés au pouvoir qui garantira leur victoire dans les urnes. Ils doivent « tenir », contre la réforme de la couverture maladie et pour la réduction des dépenses. « Si on arrive à continuer à faire baisser l’endettement, c’est un argument sur lequel je pourrai faire campagne », explique le représentant républicain Thomas Massie, proche du Tea Party. « Cela montre qu’on s’attaque au problème des dépenses. »
« Les électeurs estiment que leurs représentants républicains font du bon travail », assure Daniel Scarpinato, porte-parole de l’état-major de la campagne républicaine pour la Chambre. Et au pire, « treize mois, c’est très long en politique », souligne le républicain.
(Source : AFP)

