« Le gouvernement actuel est incapable de gérer le dossier du pétrole, d’abord à cause de la corruption qui fait l’objet d’accusations réciproques entre les ministres, ensuite parce que l’expédition des affaires courantes ne saurait inclure la prise de décision relative aux fondements d’un dossier historique et déterminant pour les finances et l’économie du pays. »
Jihad Azour, ancien ministre des Finances
« Il est primordial de gérer le dossier du pétrole en respectant les normes de transparence et de concurrence, loin de la méthode du partage des gains. Il est tout aussi important de doubler les efforts sur le dossier des réfugiés en effectuant un suivi sérieux des résultats de la réunion du groupe international d’appui, à New York. »
Ahmad Fatfat, député, membre du bloc du Futur
« C’est le Liban qui perd de l’ajournement des adjudications pétrolières, non pas à cause de la non-tenue d’une réunion ministérielle, mais faute d’un nouveau cabinet. »
Ammar Houry, député, membre du bloc du Futur
« Une odeur de fromagisme se dégage du dossier pétrolier. Nous refusons le partage des parts. »
Fadi Abboud, ministre démissionnaire du Tourisme
« Il est naturel qu’Israël tente d’entraver la gestion du dossier du pétrole. Il existe malheureusement plusieurs États de la région dont les ingérences affectent négativement la mise sur pied de ce dossier. »
Michel Hélou, député, membre du bloc du Changement et de la Réforme
« Toute partie qui entrave la tenue du Conseil des ministres pour voter les décrets relatifs aux forages pétroliers livre le Liban à de graves dangers. Toute prise de position négative à ce niveau contredit l’intérêt national, à l’ombre des convoitises israéliennes sur nos eaux. Les accomplissements de notre bloc seront réévalués lors de notre réunion à huis clos vendredi, qui ne doit pas aboutir néanmoins à un repositionnement politique. »
Walid Khoury, député, membre du bloc du Changement et de la Réforme
« Tout ce que nous demandons est de voter les décrets-lois qui lancent les adjudications relatives aux forages pétroliers. Mais c’est le courant du Futur qui refuse la tenue de la réunion du Conseil des ministres à cette fin. »
Khaled Zahraman, député, membre du bloc du Futur
« Nous appelons le président de la République, Michel Sleiman, et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, à former le cabinet qu’ils jugent convenable pour sauver le pays. D’ailleurs, le chef de l’État n’est pas convaincu de l’utilité du tiers de blocage. Si le vide est maintenu, nous serons contraints de voter pour la prorogation de son mandat. »
Amine Wehbé, député, membre du bloc du Futur
« Un dossier de l’importance du dossier pétrolier ne peut être réglé par un gouvernement d’expédition des affaires courantes. Si le général (Michel) Aoun (chef du bloc du Changement et de la Réforme) est soucieux d’extraire le pétrole au profit des citoyens, qu’il accélère la formation du nouveau cabinet et allège les conditions qu’il lui a opposées, avec ses alliés. Il reste que le 8 Mars nous a habitués à paralyser les institutions. »
Walid Daouk, ministre démissionnaire de l’Information
« Lors de mon entretien avec le Premier ministre Nagib Mikati, ce dernier a réitéré la nécessité de former au plus vite un nouveau gouvernement afin de mettre un terme à l’expédition des affaires courantes. »
Edmond Rizk, ancien ministre de la Justice
« Le gouvernement doit protéger le droit du Liban au pétrole, sans prétexter sa situation (d’expédition des affaires courantes). Le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati se doit de tenir une réunion du Conseil pour signer les deux décrets relatifs aux forages. Expédier les affaires courantes ne signifie pas se dérober à ses responsabilités. »
Mohammad Kabbara, député de Tripoli
« Nous voulons qu’un État formé d’hommes honorables gère le dossier de notre richesse pétrolière. Nous ne voulons pas d’un pétrole soi-disant protégé par le parti terroriste (le Hezbollah, NDLR) ou entretenu par le bloc de la corruption (le bloc du Changement et de la Réforme). Nous refusons que le bloc sud (l’un des sept blocs pétroliers, NDLR) soit une tribune pour les discours du seigneur d’Iran contre Israël à partir de nos eaux. »
Serge TorSarkissian, député d’Achrafieh
« Nous refusons que nos blocs de pétrole se transforment en nouvelles fermes de Chebaa. Tout différend sur les eaux régionales peut être réglé sur le terrain de l’arbitrage international.
Par ailleurs, même si le gouvernement d’expédition des affaires courantes se réunit pour lancer les adjudications, celles-ci ne peuvent se faire en une seule étape comme le souhaite le président de la Chambre. »
Maroun al-Khaouli, président de la Fédération générale des syndicats ouvriers
« La fédération a décidé de créer une instance nationale pour la protection des ressources pétrolières du Liban, formée des représentants des syndicats liés aux domaines du gaz et du pétrole. L’idée de cette instance a été stimulée par la vague de corruption qui s’empare du dossier, trahie par l’empressement à le régler dans le cadre de l’expédition des affaires courantes. L’instance nationale de gestion du pétrole doit être remplacée par une compagnie nationale pétrolière détenue par l’État. »
Henry Hélou, député de Baabda
« Le débat sur le dossier pétrolier aura démontré la nécessité de former un nouveau gouvernement au plus vite. »
Fouad el-Saad, député de Aley
« Le président de la République et le Premier ministre désigné devraient imposer leurs nominations ministérielles, sur la base des prérogatives que leur accorde la Constitution. En effet, la manière dont le 8 Mars presse le Premier ministre démissionnaire à tenir une réunion exceptionnelle pour voter les décrets sur le pétrole est fort suspecte. Le Hezbollah tenterait de faire remporter les adjudications à des sociétés iraniennes, en connivence avec le ministre compétent (Gebran Bassil, NDLR). »
Wissam Baroudy, ingénieur, proche de Baabda
« Le chef de l’État oppose un refus de principe à la prorogation de son mandat. Il est prêt à signer les décrets de formation du cabinet dès qu’ils lui sont remis. Ce dossier est beaucoup plus urgent et important que les adjudications relatives au pétrole. »
Émile Rahmé, député, membre du bloc du Changement et de la Réforme
« Quiconque refuse la logique des poids et des proportions parlementaires entrave la formation du nouveau cabinet. C’est cette logique qui a toujours prévalu, pourquoi s’y opposer cette fois-ci ? »
Sélim Salhab, député, membre du bloc du Changement et de la Réforme
« Nous nous dirigeons vers une stabilité sécuritaire et une instabilité politique, à défaut d’un nouveau gouvernement et de convocation du cabinet démissionnaire à une réunion exceptionnelle. »
Jean Oghassabian, député, membre du bloc du Futur
« Il est encore tôt d’évoquer les répercussions du rapprochement irano-saoudien ou de parier sur une entente des États-Unis et de l’Iran sur le nucléaire. Ces paris auraient des répercussions négatives sur le pays. »
Fady Karam, député du Koura, membre des Forces libanaises
« Notre crainte est de voir les ressources pétrolières mises au service de desseins politiques, à l’image des fermes de Chébaa, qui servent de bouc émissaire. C’est pourquoi il est nécessaire de recourir aux tribunaux internationaux spécialisés pour régler les différends sur les eaux régionales. »


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef