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Culture

Beyrouth parmi les douze villes culturelles du futur

Édition Dans « Art Cities of the Future : 21st Century Avant-Gardes » (éd. Phaidon), Beyrouth se taille une place incontournable sur la scène artistique internationale... de l’avenir.
09/10/2013

Beyrouth, Bogota, Cluj, Delhi, Istanbul, Johannesburg, Lagos, San Juan, São Paolo, Seoul, Singapore et Vancouver sont, selon l’éditeur Phaidon, les villes où l’art se conjugue avec créativité et avant-gardisme. Les villes où les artistes émergent et créent le «happening» au niveau mondial. Les villes les plus prometteuses choisies par personne en particulier. Ou plutôt par douze critiques d’art, commissaires vivant dans les villes en question.


Ces cités pressenties pour remplacer New York, Paris où Londres dans les mécanismes de propagation de l’art. On a du mal à le croire, mais les 500 pages de ce beau livre sont construites de manière à en persuader le lecteur. À commencer par Beyrouth, de par sa priorité alphabétique.


De manière générale, lorsque la capitale libanaise fait la une des publications internationales, c’est soit pour une actualité ayant trait à des «catastrophes» (combats, attentats, rapts ...), soit pour en vanter les mérites touristiques (sa nightlife, son art culinaire, ses chirurgies esthétiques...). L’éditeur anglais Phaidon signe là une première. Il a reniflé le potentiel artistique de la ville, tâté ses vibrations créatrices, sondé ses jeunes talents et proposé à une écrivaine et critique d’art (en l’occurrence Kaelen Wilson-Goldie) de lui fournir huit noms qui en résument, qui en illustrent, l’énergie créatrice.
Idem pour les douze villes sélectionnées. Le tout forme donc un vaste panorama varié, pas vraiment homogène, à égrener en touriste (car les introductions restent générales et peu denses). La crème de la crème des artistes contemporains? Les avis divergeront sûrement. D’ailleurs l’éditeur avait déjà tenté l’expérience avec de précédentes publications similaires comme Cream (1998), Fresh Cream (2000), Cream 3 (2003 ), Ice Cream (2007) et Creamier (2010). Des ouvrages voulus comme des «biennales» sous forme de beaux livres chroniquant l’art émergent le plus significatif du moment, introduisant des noms de l’actualité artistique mondiale.


L’éditeur, conscient sûrement du challenge que cela pose, a habilement détourné la donne et propose donc là non pas 100 artistes talentueux classés alphabétiquement, mais dit avoir «pioché en profondeur et être allé à la source de la créativité», à la source de l’inspiration, donc, à ces villes où germent les idées et les mouvements. «Le monde artistique est un monde à part, dans tous les sens du terme. Un monde avec son territoire élargi, sa population étoffée et un mélange de nationalités bien bigarrées», lit-on dans l’introduction.


«Certains de ces artistes sont des figures emblématiques, d’autres sont connus de peu d’outsiders, et d’autres sont encore aux abords d’une carrière qui s’annonce prometteuse. Certains emploient des médiums familiers, d’autres ont inventé les leurs. Mais ils ont tous en commun deux caractéristiques infaillibles: un engagement à l’art expérimental et un dévouement à leur milieu local.»

 

 


Chacun des douze chapitres s’ouvre par une introduction générale sur la ville élue, un compte rendu sur l’art et l’histoire durant les dernières décennies et un avant-goût des débats qui s’y tiennent
actuellement.


À Beyrouth, donc, la critique Kaelen Wilson-Goldie a choisi de mettre la lumière sur Ziad Antar, Marwa Arsanios, Ali Cherri, Rabih Mroué, Mounira el-Solh, Rayyane Tabet, Raed Yassine et Akram Zaatari. Mais avant de consacrer une page double à chacun de ces artistes, elle a indiqué dans son commentaire que Beyrouth n’a jamais retrouvé son âge d’or d’avant la guerre. «Ce qui a été perdu durant les évènements l’a été à jamais», écrit-elle. «À l’exception de trois femmes, uniques liens avec le passé glorieux.» Et de citer: Nadine Begdache dont la galerie Janine Rubeiz est enracinée dans les années 60; Etel Adnan dont l’amour infini pour Beyrouth est contrebalancé par sa critique sévère de la ville; et Salwa Raouda Choucair, la «Lygia Pape» du Liban. Wilson-Goldie brasse un aperçu de la scène locale en introduisant Ashkal Alwane, la Fondation arabe pour l’image, le Beirut Art Center et conclut avec une citation de Samir Kassir sur Beyrouth, «une ville qui a été et qui reste un lieu bien réel, dont l’amour pour le spectacle et l’enjouement cachent mal son intimité sérieuse»...


Phaidon est l’un des grands éditeurs internationaux de livres sur les arts visuels, l’art contemporain, l’architecture, le design, la photographie, le voyage, les arts décoratifs, la gastronomie et les livres de jeunesse. Fondée en 1923 à Vienne, la maison s’est installée à Londres pendant la Seconde Guerre mondiale et est aujourd’hui dirigée par Richard Schlagman. En 1999, Phaidon publiait ses premiers ouvrages en langue française, notamment Siècle, livre monument relatant l’histoire du XXe siècle en photographies, L’Art aujourd’hui, panorama de l’art contemporain depuis les années 1960, ou encore l’emblématique Histoire de l’art d’E.H. Gombrich vendu à plus de six millions d’exemplaires et traduit dans trente langues. Le catalogue Phaidon compte plus de 450 titres en langue française et 850 en langue anglaise. Que cet éditeur de référence prédise à Beyrouth un avenir brillant dans le domaine artistique est un gage de foi pour notre ville mais aussi un défi pour nos artistes. À prendre au sérieux.

 

 

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SAKR LOUBNAN

CONSTANTINOPLE BRÛLE !!!

Sabbagha Antoine

Rêvons de voir un jour Beyrouth parmi les douze villes culturelles du futur. Le rêve est gratuit .



Antoine Sabbagha

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