Au terme de la réunion de son comité exécutif à Zurich, le patron de l’instance dirigeante du football mondial a aussi balayé les supputations sur une possible réattribution du grand événement sportif planétaire, au vu des polémiques qui collent à cette édition depuis trois ans : « La Coupe du monde 2022 se jouera au Qatar... Mais on ne sait pas encore si ce sera en été ou en hiver. »
Le Suisse a ensuite balayé toute responsabilité de la fédération concernant les sombres conditions des travailleurs migrants, principalement venus du Sud-Est asiatique, dans ce minuscule État du désert, dénoncées par plusieurs syndicats et ONG.
Le quotidien The Gardian en dressait la semaine passée un sordide tableau parlant « d’esclavagisme des temps
modernes », avançant que 44 Népalais étaient morts entre début juin et début août. Des chiffres exagérés, ont rétorqué les autorités qataries qui ont mandaté un cabinet d’avocats international pour enquêter.
Les entreprises responsables des travailleurs
« Vraiment de tout cœur, j’exprime toute la sympathie et tout le regret pour ce qui se passe dans un pays, quand il y a des morts sur des constructions qui sont en relation avec la Coupe du monde », a déclaré le patron de la FIFA.
« Nous ne pouvons pas passer inaperçus dans cette affaire et cela nous touche, mais ce n’est pas une intervention directe de la FIFA qui va changer cela. Cette intervention ne peut être faite que par le Qatar lui-même, et le Qatar a confirmé qu’il allait le faire », a-t-il ajouté.
Selon lui, la responsabilité est aussi à chercher du côté des entreprises, notamment européennes, qui ont obtenu les contrats de construction : « Il y a
beaucoup d’entreprises européennes. Ce sont ces entreprises qui sont responsables de la condition des ouvriers, mais ce n’est pas la responsabilité de la FIFA. »
Si la question des conditions des travailleurs « n’est ni une tâche ni une compétence de la FIFA », la question de faire jouer éventuellement en hiver le Mondial 2022 pour éviter les risques liés à la chaleur accablante de l’été (près de 50 degrés) dans le Golfe en est en revanche bien une.
Consultation pour jouer l’hiver
Le comité exécutif a ouvert vendredi la porte à cette idée en lançant une consultation de toutes les parties prenantes – des joueurs, clubs, ligues et fédérations jusqu’aux diffuseurs et sponsors –, pour s’entendre sur la meilleure période. Mais le choix ne sera pas fait avant la fin de la prochaine Coupe du monde en 2014 au Brésil.
Cette consultation sera confiée au secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, ainsi qu’au président de la Confédération asiatique de football (AFC), le cheikh Salman bin Ebrahim al-Khalifa, qui devront présenter une feuille de route au prochain comité exécutif de la FIFA le 4 décembre 2013 à São Paulo.
Les débats s’annoncent longs. Y compris au sein d’un même pays : la position de la fédération anglaise n’est pas celle de la Premier League (championnat d’élite anglais), qui redoute un « chaos » si on chamboule les calendriers.
L’Australie envisage elle de demander un dédommagement pour les candidats malheureux à l’organisation du Mondial 2022, dont elle fait partie, qui avaient présenté un dossier de compétition estivale et non hivernale.
Sepp Blatter n’a pas écarté cette possibilité hier : « Si nous déplaçons en hiver, on verra quelles sont les conséquences en termes de responsabilité de la FIFA envers ses sponsors et autres, envers les ligues et autres organisations professionnelles. Je ne peux pas prévoir ce qu’il en sera, je ne suis pas prophète. »

