L'accord sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien est "une honte pour l'ONU", selon des opposants civil et militaire syriens en visite à Paris, indignés que le président Bachar al-Assad redevienne "légitime" pour traiter avec la communauté internationale.
"Cet accord est une honte pour l'Onu, un scandale. La communauté internationale a retenu les armes chimiques et oublié les 100.000 victimes du conflit", a déclaré dans un entretien à l'AFP Kassem Saadeddine, un ex-colonel du régime syrien qui a fait défection en 2012, et représentant du commandement militaire de l'Armée syrienne libre (ASL) à l'intérieur du pays.
"Bachar el-Assad est redevenu quelqu'un de respectable, de légitime", a renchéri Yahia Nanah, chef du conseil provincial d'Alep (nord), structure élue en mars dernier pour tenter d'organiser la vie civile dans cette province du nord ravagée par la guerre.
"Tous ces massacres pour en arriver là ? C'est comme si la révolution syrienne avait été faite pour une question d'armes chimiques, alors qu'elle a été lancée pour créer un Etat de droit en Syrie", a-t-il ajouté.
Les deux hommes doivent participer mardi à un débat sur la Syrie organisé par le député socialiste Philippe Baumel à l'Assemblée nationale, en présence de parlementaires et de chercheurs.
Des inspecteurs chargés de superviser la destruction de l'arsenal chimique de la Syrie sont attendus mardi à Damas, dans le sillage d'une résolution adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'Onu après des semaines d'intenses tractations diplomatiques, notamment entre les Etats-Unis et la Russie.
"Ce régime ment et va gagner du temps. Ce que nous demandons à la France, c'est de nous apporter un vrai soutien. On s'adresse à un peuple civilisé qui sait la valeur des droits de l'homme, et nous voulons lui dire que nous avons des intérêts communs. Car Assad finira par partir et le peuple syrien restera", a poursuivi Qassem Saadeddine.
Interrogé sur la situation de la rébellion sur le terrain, il a assuré que l'ASL avait encore "globalement le contrôle de la situation". "Mais plus la situation s'éternise, plus nous attendons des armes qui n'arrivent pas, plus cela va devenir incontrôlable".
Alors que l'opposition politique syrienne en exil (CNS, coalition nationale syrienne) est de plus en plus affaiblie, sur le terrain, la rébellion est de plus en plus atomisée et les extrémistes gagnent du terrain. Treize factions rebelles ont annoncé la semaine dernière qu'elles ne reconnaissaient plus la CNS, à laquelle est liée l'Armée syrienne libre.
"Ce qui est en train de se passer en ce moment est le résultat des déceptions infligées par la communauté internationale et de son manque de soutien. Si ces groupes ont pris leur indépendance, c'est probablement qu'ils ont trouvé de meilleures sources de financement", a poursuivi l'ex colonel syrien.
La rébellion réclame depuis des mois des armes lourdes pour combattre les forces du régime. "Nous n'avons que des armes légères, et toutes les déclarations (de soutien) qui ont été faites ne sont rien que de l'encre sur du papier", a-t-il ajouté.
"Cet accord est une honte pour l'Onu, un scandale. La communauté internationale a retenu les armes chimiques et oublié les 100.000 victimes du conflit", a déclaré dans un entretien à l'AFP Kassem Saadeddine, un ex-colonel du régime syrien qui a fait défection en 2012, et représentant du commandement militaire de l'Armée syrienne libre (ASL) à l'intérieur du pays.
"Bachar el-Assad est redevenu quelqu'un de respectable, de légitime", a renchéri Yahia Nanah, chef du conseil provincial d'Alep (nord), structure élue en mars dernier pour tenter d'organiser la vie...


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