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Économie

France : Castorama et Leroy Merlin bravent l’interdiction de travail dominical

Quatorze magasins Castorama et Leroy Merlin, frappés d’interdiction de travail dominical, ont malgré tout ouvert hier, une décision condamnée par le gouvernement qui semble toutefois prêt à engager le dialogue avec les acteurs du secteur. En plein débat sur l’ouverture des magasins la nuit et le dimanche, le tribunal de commerce de Bobigny a ordonné jeudi aux deux enseignes de bricolage de cesser l’ouverture dominicale de plusieurs magasins en région parisienne, sous peine d’une astreinte de 120 000 euros par magasin et par jour. « Il y a des magasins qui peuvent ouvrir tranquillement le dimanche et d’autres qui doivent demander des dérogations. Il serait donc bien que tout le monde soit logé à la même enseigne », déplore une porte-parole de Castorama dans des déclarations à l’AFP.
Devant cinq magasins Castorama visés par l’ordonnance, les salariés ont installé un petit bureau pour expliquer leur démarche aux clients et leur faire signer des pétitions. « Il est important que les clients fassent aussi entendre leur point de vue vis-à-vis des pouvoirs publics et qu’ils disent combien il est important pour eux que les magasins soient ouverts, car c’est le week-end et le dimanche qu’on bricole », souligne la porte-parole du groupe. Du côté de la direction de Leroy Merlin, on dénonce également « l’imbroglio hallucinant » qui règne entre les différentes autorisations d’ouverture, à demander auprès des maires ou des préfectures. Ainsi, le magasin d’Ivry-sur-Seine, l’un de ceux frappés d’une interdiction d’ouvrir par le tribunal de commerce, a obtenu samedi après-midi une dérogation de la préfecture pour son ouverture.
Côté clients, ceux arrivés à l’ouverture font tous part de leur solidarité avec les salariés : « C’est n’importe quoi, je ne comprends vraiment pas, si tout le monde est d’accord pour travailler, alors pourquoi est-ce que l’on ne peut pas ouvrir le magasin ? » s’exclame ainsi ce client du Leroy Merlin d’Ivry-sur-Seine.
La ministre du Commerce et de l’Artisanat Sylvia Pinel a concédé dimanche qu’il y avait une « complexité de la législation » qui débouchait sur « un millefeuille réglementaire qu’il faut absolument clarifier, mais sans polémique ». « Il faudra donc organiser des réunions pour écouter et dialoguer avec les professionnels. Nous allons (...) nous concerter avec les professionnels pour avancer sur la question de l’ouverture du dimanche », a-t-elle souligné. De son côté, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve s’est dit « défavorable » à la généralisation du travail le dimanche, mais a reconnu qu’il y a avait des « situations particulières » et s’est ainsi interrogé sur la possibilité de « créer les conditions d’un dialogue » et « d’engager la discussion » afin de trouver une réponse « juste et pragmatique ». Toutefois, il a estimé que « ceux qui n’ont pas obtenu satisfaction devant les tribunaux » – soit les deux enseignes de bricolage – devaient « commencer par respecter la décision des tribunaux ». Un ton ferme qui avait déjà été utilisé samedi, mais sans cette ouverture au dialogue, par le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon, qui a jugé « inadmissible qu’une marque n’applique pas une décision de justice » – et la garde des Sceaux Christiane Taubira qui a rappelé que « les règles s’imposent ». François Bayrou, le président du Modem, a pour sa part jugé hier que s’il était « normal qu’on respecte la loi », il existait des zones où « les clients, les familles peuvent aller faire des courses le dimanche, ces zones-là doivent être respectées ».
La loi française autorise les commerces à ouvrir le dimanche, mais sous certaines conditions (zones touristiques, périmètres de consommation exceptionnels ou encore commerces alimentaires jusqu’à 13h00...).
Mais l’enjeu est de taille à l’heure où le gouvernement s’acharne à relancer la consommation et l’emploi : selon la Fédération des magasins de bricolage (FMB), sur les « 7 000 collaborateurs franciliens volontaires » adeptes du travail le dimanche chez Castorama et Leroy Merlin, « 1 200 personnes sont concernées par la fermeture » imposée à ces deux enseignes. La FMB estime aussi que de « 15 à 20 % du chiffre d’affaires » y est réalisé le dimanche.

La CGT « réaffirme sa contestation », mais réclame un débat
La CGT du commerce a réaffirmé hier sa « contestation » du travail dominical tout en réclamant l’ouverture d’un « véritable débat », alors que quatorze magasins Castorama et Leroy Merlin ont ouvert leurs portes hier malgré l’interdiction. « Pour mettre fin à la situation kafkaïenne qui règne sur ce sujet », le syndicat appelle dans un communiqué à ouvrir « un véritable débat associant pouvoirs publics, consommateurs, fédérations professionnelles et syndicales, mais aussi, plus largement, l’ensemble des nombreux acteurs qui pourraient être impactés par une modification de la législation sur le travail dominical ».
Il est « faux » d’affirmer que le travail dominical « est bon pour l’emploi et l’économie », argumente par ailleurs la CGT, qui estime qu’ « il n’y a pas de chiffre d’affaires supplémentaire le dimanche, mais simplement un glissement de ce dernier sur cette journée ». « Les éventuels emplois créés sont très souvent extrêmement précaires » et « la réorganisation des cycles de travail qui permet d’assurer l’ouverture dominicale » se fait « au détriment de la santé des salariés », dénonce-t-elle également.

UMP : « Le gouvernement joue contre l’emploi »
Valérie Pécresse, députée UMP des Yvelines, a, elle, jugé que « le gouvernement joue contre l’emploi » dans l’affaire de l’interdiction du travail dominical et que la « loi doit changer ». « Je ne suis pas pour la généralisation de l’ouverture des magasins le dimanche sur tout le territoire, mais il y a des lieux de vie qui, compte tenu des circonstances de consommation exceptionnelles – je pense aux métropoles, aux grandes gares, aux grands centres commerciaux, aux lieux touristiques comme les Champs-Élysées –, je pense que dans ces endroits, il faut écouter les salariés et les entendre », a déclaré Valérie Pécresse invitée de l’émission « Le grand entretien » sur RCJ (Radio de la communauté juive). « La loi doit changer. Je milite depuis des années pour un changement de législation, pour l’ouverture des magasins le dimanche, dès lors qu’il y a un accord gagnant-gagnant avec les salariés, des protections supplémentaires et des salaires supplémentaires offerts aux salariés. »
(Source : AFP)
Quatorze magasins Castorama et Leroy Merlin, frappés d’interdiction de travail dominical, ont malgré tout ouvert hier, une décision condamnée par le gouvernement qui semble toutefois prêt à engager le dialogue avec les acteurs du secteur. En plein débat sur l’ouverture des magasins la nuit et le dimanche, le tribunal de commerce de Bobigny a ordonné jeudi aux deux enseignes de bricolage de cesser l’ouverture dominicale de plusieurs magasins en région parisienne, sous peine d’une astreinte de 120 000 euros par magasin et par jour. « Il y a des magasins qui peuvent ouvrir tranquillement le dimanche et d’autres qui doivent demander des dérogations. Il serait donc bien que tout le monde soit logé à la même enseigne », déplore une porte-parole de Castorama dans des déclarations à l’AFP.Devant cinq magasins...
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Combat d'arrière garde...

GEDEON Christian

02 h 52, le 30 septembre 2013

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Commentaires (1)

  • Combat d'arrière garde...

    GEDEON Christian

    02 h 52, le 30 septembre 2013

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