Parmi les victimes du carnage du Westgate, Mbugua Maina, neveu du président kényan Uhuru Kenyatta, et sa fiancée, tous deux enterrés hier. Thomas Mukoya/Reuters
À Nairobi, l’enquête se poursuivait hier au milieu des décombres du bâtiment du centre commercial, au troisième et dernier jour de deuil national décrété par le président kényan Uhuru Kenyatta en hommage aux 61 civils et six membres des forces de sécurité tués. Une partie du bâtiment s’est effondrée au cours de l’attaque, compliquant grandement les fouilles. La totalité ou une partie des 59 personnes encore portées disparues par la Croix-Rouge pourraient toujours se trouver sous les blocs de béton.
Interpol sur place
En attendant, le directeur exécutif des services de police d’Interpol, Jean-Michel Louboutin, se trouve à Nairobi. Son organisation a diffusé à ses 190 membres, à la demande de Nairobi, un mandat d’arrêt international émis par le Kenya contre la Britannique Samantha Lewthwaite, veuve d’un des kamikazes des attentats de Londres de 2005, pour des charges remontant à 2011 – « possession d’explosifs et complot criminel ». Le nom de la « veuve blanche » plane depuis le début sur l’attaque de Nairobi, à laquelle certains médias l’accusent d’avoir participé. Des informations contradictoires ont été diffusées par le gouvernement, une ministre évoquant la présence de Britanniques et d’Américains parmi les assaillants, ce qu’ont ensuite refusé de confirmer le président Kenyatta et le ministre de l’Intérieur. Ce dernier avait estimé mercredi que l’enquête, à laquelle participent également des policiers de plusieurs pays (Royaume-Uni, États-Unis, Israël, Allemagne et Canada), prendrait « au moins une semaine ». Il s’agit notamment d’« identifier les auteurs », selon M. Louboutin. Cinq d’entre eux ont été tués pendant le siège, huit suspects sont en détention, selon de nouvelles déclarations de M. Lenku, et d’autres islamistes pourraient aussi se trouver sous les décombres du Westgate.
Tirs au bazooka
Un tiers du toit servant de parking avait cédé mardi après un incendie, la chute de tonnes de béton faisant s’effondrer trois étages du Westgate. « Maintenant, le défi, c’est de soulever ces trois niveaux et de regarder ce qu’il y a dessous », a expliqué M. Louboutin. Des soldats des unités commandos kényanes ayant participé aux opérations contre les islamistes ont raconté que l’incendie qui a conduit à l’effondrement du bâtiment avait éclaté lundi, quand ils avaient tiré au moins deux fois au bazooka antichar contre les assaillants retranchés dans une pièce blindée d’un supermarché. « Personne », selon les mêmes sources, ne savait à ce moment-là combien de personnes, islamistes et otages, se trouvaient dans le supermarché. Les forces de sécurité avaient ensuite fouillé longuement le labyrinthe de boutiques jusqu’à mardi après-midi, tirant parfois préventivement des rafales de mitraillette mais ne trouvant plus personne, ont ajouté ces sources.
Hier après-midi, les hommages aux victimes se sont poursuivis à Nairobi. Une prière publique d’hommage aux victimes, organisée par l’organisation caritative Saint-John Ambulance, s’est tenue sur le parking où les secours s’étaient installés pendant la crise. Une autre prière publique « pour la paix et la positivité », devant durer 24 heures, doit commencer aujourd’hui à l’initiative des Jeunes Jaïns (une religion proche de l’hindouisme). À travers la ville, des cellules de soutien psychologique continuaient d’accueillir des Kényans traumatisés.
(Source : AFP)

