Francis Gillot est un vieux routier du championnat. À l’actif de l’entraîneur girondin, plus de 300 matches de L1, au cours desquels il a été « 60 fois relégable, donc cette situation je la connais par cœur ».
Sa méthode aujourd’hui, « évacuer et retenir le positif, même si on ne peut se contenter d’un 0-0 à domicile » contre Reims.
Pourtant il y a matière avec cette deuxième période, sûrement la meilleure des Bordelais cette saison qui sont tombés sur un Kossi Agassa en état de grâce et n’ont eu ni la chance ni le penalty évident (faute de Weber sur Rolan, 80) qui aurait pu leur permettre de s’imposer.
« À un petit détail près, ça influe sur le classement, sur la confiance, note Gillot. Et avec deux points de plus, Bordeaux serait 12e et on ne parlerait pas du classement. »
Mais il y a le revers de la médaille, cette première mi-temps tellement affligeante, « qui nous tue » déplore le milieu Grégory Sertic, et qui rappelle aux Girondins que rien ne sera simple pour eux cette saison.
Mais ça, ils le savaient déjà. « On n’est jamais à l’abri, on a l’impression de ne pas avoir de marge », reconnaît le gaucher Nicolas Maurice-Belay. « Depuis deux ans, tout ce que l’on a, on l’a au forceps, chaque fois dans la douleur », renchérit Gillot.
Du coup, les propos tenus mercredi soir par le président Jean-Louis Triaud – « on est 18e à la 7e journée, c’est anecdotique, on ne va pas non plus verser dans la catastrophisme » – étaient contrebalancés hier matin par son entraîneur.
Joueurs inhibés ?
« Il faut faire attention, ça peut nous arriver, ça n’arrive pas qu’aux autres », prévient le technicien, prenant en exemple Lens, qu’il a quitté en 2007 et est descendu l’année suivante.
« Remettez l’équipe qu’il y avait sur le papier, c’était pas des joueurs de seconde zone. Il y avait Rémy, Hilton, Coulibaly, ce qu’il fallait, énumère-t-il. Ça peut-être anecdotique, je pense qu’il est trop tôt pour le dire mais moi, je préfère prévenir que guérir. »
Au regard du premier acte face aux Champenois et des maux affichés, « docteur Gillot » va avoir du boulot pour « changer des choses dans le comportement, dans le caractère ».
« L’inconstance est un gros problème aujourd’hui, on n’arrive pas à faire 90 minutes en étant conquérant de la 1re à la 90e minute, estime-t-il. Aussi, même si on n’est pas bon techniquement, on ne peut pas se contenter de ce que l’on a fait physiquement en 1re mi-temps. »
À la question de savoir si ses joueurs sont inhibés par le manque de confiance actuelle, la peur de mal faire, le Nordiste réfute : « Il y a trois mois (4 en fait), on gagnait la Coupe de France avec le même groupe. C’est une fausse excuse. »
En tous cas, cet état d’esprit sera scruté samedi sur le terrain d’Évian TG, leur victime fin mai au Stade de France (3-2).
Si Gillot promet que « ça va chauffer », après la défaite des Savoyards mardi à Lille (0-3) et que Maurice-Belay évoque « la revanche de la finale perdue », les deux n’oublient pas l’essentiel. « On est dans un état d’urgence. »

