Un tiers du toit servant de parking avait cédé mardi après un incendie. Handout/Reuters
Dans le centre commercial toujours interdit à la presse, les secouristes et les enquêteurs continuaient hier de fouiller le bâtiment dévasté d’où s’élevaient toujours de fines volutes de fumée. Un tiers du toit servant de parking avait cédé mardi après un incendie, la chute de tonnes de béton faisant s’effondrer trois étages sous les carcasses de véhicules carbonisés. En attendant, des enquêteurs de plusieurs pays – Royaume-Uni, États-Unis, Israël, Allemagne, Canada – et d’Interpol participent à l’enquête sur le site du Westgate, où les démineurs ont procédé à au moins une explosion contrôlée, selon un photographe de l’AFP. Selon le ministre de l’Intérieur, l’enquête « durera au moins une semaine ».
« Problème sur le nombre d’otages »
Après presque 80 heures de carnage, le président kényan Uhuru Kenyatta avait annoncé mardi soir la fin du siège du Westgate et un bilan dramatique : au moins 61 civils tués, ainsi que six membres des forces de sécurité, et quelque 240 blessés. Cinq assaillants ont été tués et onze suspects sont en détention. La police a toutefois précisé que le bilan était provisoire. La Croix-Rouge a compté 61 disparus selon un nouveau bilan (contre 71 auparavant), dont certains, ainsi que des assaillants, pourraient se trouver ensevelis sous les gravats. Se voulant rassurant, le ministre de l’Intérieur Joseph Ole Lenku a affirmé qu’il ne reste que peu de corps dans les ruines noircies par les flammes, parsemées de débris indistincts. Ces déclarations ont été accueillies avec scepticisme par la presse et les réseaux sociaux kényans. Le quotidien Daily Nation estimait hier qu’« il y a un gros problème sur le nombre d’otages qui pourraient avoir été tués dans les échanges de tirs » entre assaillants et forces de l’ordre « et dans l’effondrement des étages ». Et sur Twitter, les questions fusaient, comme : « Si des otages ont été secourus, où sont-ils ? »
Outre le nombre de victimes, l’identité des assaillants reste controversée, certaines sources évoquant des Américains ou des Britanniques parmi eux. Hier toujours, à la demande du Kenya, Interpol a émis un mandat d’arrêt international contre la Britannique Samantha Lewthwaite, veuve d’un des kamikazes des attentats de Londres de 2005, pour des charges remontant à fin 2011 – « possession d’explosifs » et « complot criminel ». Son nom plane depuis le début sur l’attaque de Nairobi, à laquelle certains médias l’accusent d’avoir participé.
Enfin, la sécurité a été renforcée dans les principales villes, les aéroports et aux frontières. Mais deux policiers et un civil ont encore péri dans deux incidents séparés dans le Nord-Est la nuit dernière, sur la frontière somalienne chroniquement instable. La mort des deux policiers a été revendiquée par les shebab sur leur compte Twitter.
(Source : AFP)

