ICAP devient ainsi le quatrième groupe financier – et le premier n’étant pas une banque – à être sanctionné dans cette affaire qui a éclaté à l’été 2012 avec la sanction infligée à la banque britannique Barclays.
Le courtier interbancaire est « parvenu à des accords avec (l’autorité britannique) FCA et (l’autorité américaine) CFTC relatifs à l’implication de certains courtiers dans la tentative de manipulation du Libor libellé en yens par les courtiers de banque entre octobre 2006 et janvier 2011 », a-t-il indiqué hier dans un communiqué.
Dans les détails, ICAP va verser 14 millions de livres sterling à la FCA et 65 millions de dollars à la CFTC en échange de l’abandon des poursuites civiles.
Parallèlement, le Département américain de la Justice (DoJ) a annoncé avoir inculpé trois courtiers d’ICAP – Darrell Read, Daniel Wilkinson et Colin Goodman – dans le cadre de son enquête sur la manipulation du Libor. Chacun des trois chefs d’inculpation peut entraîner une peine maximale de 30 ans de prison. ICAP n’est en revanche pas poursuivi.
« En participant à un dispositif présumé de manipulation d’un taux de référence en vue d’en tirer un gain financier, ces accusés ont miné l’intégrité des marchés mondiaux », a dénoncé le ministre américain de la Justice, Eric Holder.
Selon la CFTC, les trois courtiers d’ICAP, dont l’un était surnommé « Lord Libor » ou « Mr Libor », sont accusés d’avoir divulgué des « informations fausses et trompeuses » en vue de manipuler la fixation du Libor pour permettre à leur client, un courtier d’UBS basé au Japon, de tirer profit de ses positions.
« Les taux de référence (comme le Libor) sont tout simplement trop importants pour devenir le terrain de jeu de quelques grandes gueules », a lancé Bart Chilton, commissaire à la CFTC, évoquant le champagne et les Ferrari que se promettaient les courtiers.
« Actions inexcusables »
« Nous regrettons profondément et condamnons avec force les actions inexcusables des courtiers qui ont cherché à assister certains courtiers de banque dans leurs efforts visant à manipuler le Libor en yens », a déclaré Michael Spencer, le directeur général d’ICAP.
L’amende infligée à ICAP est toutefois faible si on la compare à celle de Barclays (environ 450 millions de dollars), de Royal Bank of Scotland (plus de 600 millions), et surtout à celle d’UBS (1,5 milliard de dollars).
UBS a également vu deux de ses courtiers être inculpés par la justice américaine. L’un de ces deux courtiers, Tom Hayes, qui est au centre de l’affaire, a également été inculpé au Royaume-Uni. Son procès doit y commencer fin octobre.
Taux central dans le monde de la finance, le Libor, qui est fixé sur la base de taux communiqués à Londres par un panel de banques internationales, a une incidence sur plus de 300 000 milliards de dollars de produits financiers, dont certains prêts aux ménages et aux entreprises.
Le scandale du Libor, qui a suscité une intense polémique durant l’été 2012 au Royaume-Uni et a décapité la direction de Barclays, a conduit les autorités britanniques à faire passer le taux sous la responsabilité de l’opérateur boursier NYSE Euronext.
Un nouveau volet s’est en outre ouvert cette semaine dans cette affaire avec la plainte d’un régulateur du secteur financier américain contre treize banques internationales en vue de récupérer une partie des sommes perdues, du fait des manipulations, par cinq établissements qu’il supervisait et qui ont fait faillite.
©AFP


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