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Liban - Crise

Vu le manque de fonds, les réfugiés les plus vulnérables désormais privilégiés

Malnutrition, travail de l’enfance, logements de fortune,
déscolarisation... Les Nations unies tirent la sonnette d’alarme pour les réfugiés syriens.

Mmes Annamaria Laurini, Ninette Kelley et Lynne Miller lors de la conférence de presse hier au siège du HCR, à Beyrouth.

Les besoins du Liban pour les réfugiés syriens sont estimés à 1,7 milliard de dollars. Mais seulement 27 % des demandes de fonds des agences onusiennes, des ONG et du gouvernement libanais ont été assurées, soit 457 millions de dollars. Telle est la « triste réalité » à laquelle le pays doit faire face aujourd’hui, à l’heure où le nombre de réfugiés enregistrés auprès du HCR ou en demande d’assistance, soit 755 000 personnes, augmente dramatiquement et pourrait atteindre 1 200 000 personnes d’ici à la fin de l’année. Sans parler du nombre de réfugiés non inscrit, impossible à déterminer. D’autant que les Nations unies annoncent des coupes budgétaires, vu la grande frilosité des donateurs.
Une réalité conjointement dénoncée hier, au cours d’une conférence de presse donnée à Beyrouth, par les chefs de trois agences des Nations unies au Liban, Ninette Kelley, représentante du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), Annamaria Laurini, du Fonds pour l’enfance des Nations unies (Unicef), et Lynne Miller, du Programme alimentaire mondial (PAM). Désormais, une grande partie des aides ira aux plus vulnérables. Et pourtant, il y a urgence, et plus particulièrement pour les enfants, qui font face à d’importantes privations.

L’aménagement de camps est interdit
C’est d’abord sur le quotidien des réfugiés syriens, déjà si précaire, que se répercute le manque de fonds. L’hiver approche pourtant et le nombre de réfugiés sommairement logés et ayant besoin d’assistance ne fait qu’augmenter. « Au moins 20 000 personnes qui ont trouvé refuge à la Békaa doivent être aujourd’hui relogées, car elles vivent dans des abris de fortune, dans des conditions insalubres, comme des garages, des abris ou des habitations inachevées », révèle Ninette Kelley. Le problème se pose d’autant plus que les autorités libanaises interdisent formellement l’aménagement de camps et que de nombreux réfugiés n’ont toujours pas été identifiés ni même approchés. « Nous assurons pour l’instant une aide financière au logement ou aidons les réfugiés à rendre habitables les structures inachevées », explique-t-elle. Une façon d’aider aussi bien les réfugiés que les communautés locales qui les hébergent.
Un problème sanitaire se pose inévitablement, lié aux conditions de vie des réfugiés, à l’absence d’hygiène, à la mauvaise alimentation, au manque d’eau potable. « Les cas de diarrhée se multiplient, de même que les maladies respiratoires », constate Annamaria Laurini. « Nous assurons la santé primaire, les consultations et les vaccins, mais sommes incapables d’assurer la grande majorité des cas de santé secondaires, autrement dit les hospitalisations et les interventions chirurgicales », déplore de son côté Mme Kelley.

L’objectif, scolariser 200 000 enfants
Parallèlement, des cas de malnutrition sont constatés, dont certains graves, malgré l’assistance accordée par le PAM sous forme de coupons de 27 dollars par mois et par personne, mais aussi de rations alimentaires pour certains. « Privilégier les personnes les plus vulnérables, qui ont le plus besoin d’assistance alimentaire, est aujourd’hui la priorité du PAM », indique Lynne Miller. Elle annonce par conséquent que « 32 % des familles ne recevront plus d’aide alimentaire » car elles sont estimées capables de se prendre en charge.
L’urgence, en cette période de rentrée scolaire, est de trouver une solution aux 400 000 enfants de Syrie qui n’ont plus accès à l’apprentissage et dont une partie travaille aujourd’hui. L’Unicef voudrait les voir tous rejoindre les bancs de l’école. Mais face à l’absence de fonds, elle doit revoir ses ambitions à la baisse. « Notre objectif est de scolariser 200 000 petits réfugiés cette année, dont 50 000 dans l’enseignement formel et 150 000 dans l’éducation non formelle », souligne Mme Laurini. Car nombre d’entre eux ne vont plus à l’école depuis deux ans déjà et ne sont plus capables de suivre un enseignement classique. Sans compter que seulement 60 000 élèves pourront suivre l’horaire d’après midi, aménagé pour cette rentrée scolaire par l’école publique.
Les défis sont de taille, non seulement pour le pays du Cèdre, dont l’équilibre est fragilisé par ce flux de réfugiés, mais aussi pour les Nations unies, conscientes de leur incapacité à assumer le problème dans sa totalité. Et qui cherchent avec les moyens du bord à encourager les autorités libanaises à profiter de cette crise humanitaire pour renforcer les institutions sur l’ensemble du territoire. Mais de nouveaux défis se posent sans cesse, comme l’arrivée au Liban de 28 000 petits Syriens non accompagnés, dont il est impératif d’identifier aujourd’hui les familles.
Les besoins du Liban pour les réfugiés syriens sont estimés à 1,7 milliard de dollars. Mais seulement 27 % des demandes de fonds des agences onusiennes, des ONG et du gouvernement libanais ont été assurées, soit 457 millions de dollars. Telle est la « triste réalité » à laquelle le pays doit faire face aujourd’hui, à l’heure où le nombre de réfugiés enregistrés auprès du...
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