Le nouveau directeur général de l’OMC, le Brésilien Roberto Azevedo. Evaristo Sa/AFP
« Nous tenons des réunions aux objectifs mieux ciblés, elles commencent à l’heure prévue et les interventions sont limitées à 60 secondes », a déclaré hier le directeur général, lors d’une conférence de presse, trois semaines après sa prise de fonctions le 1er septembre.
« Je constate qu’il y a un esprit très différent à l’OMC aujourd’hui, la dynamique est différente », a-t-il dit, en ajoutant qu’il demandait instamment aux ambassadeurs des États membres accrédités auprès de l’OMC de venir aux réunions.
En outre, M. Azevedo assiste personnellement aux réunions qu’il copréside avec les présidents de séance.
Selon lui, « cette combinaison président+directeur général donne de bons résultats », et a déjà permis de débloquer de nombreuses questions en suspens entre les 159 membres de l’OMC, qui cherchent à se mettre d’accord avant la tenue de la conférence ministérielle de Bali, en décembre prochain.
M. Azevedo a pris la succession du Français Pascal Lamy, qui a cumulé 2 mandats de 4 ans, avant de prendre sa retraite.
Pour le nouveau directeur général, il faudrait que les négociations préparatoires à la conférence de Bali soient bouclées avant la fin octobre.
Selon une source européenne, il est « vrai » que la situation est différente à l’OMC, avec l’arrivée de M. Azevedo, qui bénéficie d’un effet « lune de miel » auprès des États membres. « Mais il est clair aussi que les États membres veulent une nouvelle direction au sein de l’OMC, après les deux mandats de M. Pascal Lamy », a-t-on ajouté sous couvert d’anonymat.
La conférence ministérielle de Bali, qui doit débloquer les négociations commerciales internationales au point mort, est « une priorité pour nous, je ne peux pas faire de prévisions quant à ses résultats », a averti M. Azevedo, qui veut faire passer un message selon lequel « d’ici à fin octobre, les négociations doivent avoir progressé dans tous les domaines ».
Pour M. Azevedo, « le gros des négociations n’a pas encore trouvé de solutions », et il n’y a qu’une « toute petite part » des problèmes qui ont été résolus. « Nous allons essayer de renverser d’ici à fin octobre ce déséquilibre », a-t-il dit.
Les négociations sont menées sur plusieurs dossiers en même temps, l’agriculture, la facilitation des échanges et la question des pays en développement les moins avancés.
La règle des « 60 secondes » pour discuter de tous ces problèmes à l’OMC est un « traitement de choc » pour les États membres, tout comme celle de commencer les réunions à l’heure. « Quand la réunion doit commencer à 10 heures, elle commence à 10h00 et les portes sont closes, même s’il n’y a que 2 États membres, la prochaine fois tout le monde est à l’heure », a encore indiqué M. Azevedo, qui est un homme du terrain, après avoir représenté le Brésil pendant des années au sein de cette organisation en tant qu’ambassadeur.
Le nouveau directeur général va se rendre prochainement en Asie pour assister à une réunion de l’APEC, une association de coopération entre les pays de la zone Asie-Pacifique. « J’y vais pour rencontrer des décideurs, je ne voyage pas pour faire des discours », a-t-il dit, en espérant que ces entretiens pourront l’aider à boucler les négociations avant Bali.
« La conférence ministérielle de Bali n’est pas un point d’aboutissement ultime » pour l’OMC, « c’est seulement un jalon, une étape », dans le processus de libéralisation du commerce mondial, a-t-il encore rappelé à ceux qui mettent des espoirs trop élevés dans les résultats de Bali.
(Source : AFP)

