Messi, ou l’arbre qui cache la forêt depuis maintenant presque deux saisons. Si le Barça vient à bout sans problèmes des équipes dites moyennes, il se retrouve immédiatement en difficulté face aux gros calibres européens, à l’image de ce qui s’est passé la saison dernière contre le Bayern qui lui avait passé un savon (7-0 sur l’ensemble des deux matches). Gustav Nacarino/Reuters
Gerardo Martino a réussi de perfectibles débuts européens. Dans un Camp Nou rempli, le technicien catalan et son FC Barcelone n’ont certes pas fait de demi-mesure pour leur entrée dans cette Ligue des champions 2013/2014 en collant un 4-0 à l’Ajax Amsterdam.
Mais la copie rendue est encore celle d’une équipe qui a débuté un vaste chantier de restructuration. Ce nouveau Barcelone, dirigé par le premier entraîneur – « Tata » Martino –, à ne pas avoir connu les couleurs du club en tant que joueur depuis Frank Rijkaard (2003-2008), a laissé une impression mitigée après cette première sortie de la saison en Coupe d’Europe.
Deux constats tombent : le jeu de passes n’est plus aussi régulier que par le passé et l’équilibre défensif est toujours aussi fébrile.
Face à son modèle d’origine, aussi bien philosophique que sportif, l’Ajax Amsterdam, dessiné par Rinus Michel à la fin des années 60, le FC Barcelone a eu énormément de mal à réellement imposer sa façon de jouer.
Faire face à son double était semble-t-il assez déconcertant. C’est un fait, et il faut le souligner : l’Ajax Amsterdam est venu au Camp Nou pour jouer au ballon. Andrés Iniesta en a fait le constat après la rencontre. « Ils nous ont privés de ballons, ce qui nous a conduit à beaucoup plus travailler qu’à l’accoutumée », a reconnu le milieu de terrain catalan.
Du côté de Gerardo Martino, on reconnaît les mêmes carences, surtout au niveau de la construction. « En première période, on a eu beaucoup d’imprécisions, parfois on a abusé du jeu long (...) »
Messi le héros, Valdès l’antihéros
Face à une telle situation, le club catalan, assez imprécis dans la zone de vérité pendant 45 minutes, a dû une nouvelle fois s’en remettre à Lionel Messi pour débloquer le score d’une partie qui aurait pu se révéler beaucoup plus compliquée si l’Ajax avait conclu ses deux occasions franches en première période.
D’un maître coup franc, l’Argentin, qui a souvent permuté sur l’aile droite avec Alexis Sanchez, a lancé le festival après 22 minutes de jeu. Avant de remettre ça en seconde période (55e et 75e) et donc d’inscrire le 27e triplé de sa carrière. Le voilà avec 62 buts inscrits en Ligue des champions, ce qui le place à neuf unités du record établi par Raul Gonzalez Blanco (71 buts).
À soirée perfectible, Messi reste une solution à bien des maux. Son emprise sur la rencontre a coïncidé avec un mieux-être du Barça après la pause. Quand le jeu court va à Barcelone, Messi va. Son compère Neymar, un peu timide, a, lui, offert le ballon du 3-0 à Gérard Piqué (69e).
L’autre héros de la soirée n’est pas argentin, ni joueur de champ, il se nomme Victor Valdès. Le portier blaugrana, auteur de trois parades et un arrêt, a été déterminant dans la quête du succès des Catalans face à un Ajax qui ne s’est pas renié de la première à la dernière minute.
La prestation de l’international espagnol est l’arbre qui cache la forêt. C’est un constat à établir : le Barça a encore affiché d’importantes carences défensives. Si les problèmes d’inconstances au niveau de la charnière centrale étaient déjà connus, ceux du milieu de terrain apparaissent.
Cet entrejeu, sans Xavi laissé sur le banc au profit de Cesc Fabregas, a notamment eu du mal à trouver la parade face au jeu latéral du trio De Jong-Poulsen-Duarte, joueur, voire même un peu trop. Des manques défensifs qui se sont toutefois produits par à-coups, ce qui laisse à ce Barcelone tout neuf une certaine marge de progression.

