Parmi ceux qui ont, par contre, approuvé cet accord, on compte la Chine, l’OTAN, l’Iran, et de manière assez étonnante, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, qui s’est démarqué de la position affichée par le CCG. Plus surprenant encore, le fait que Damas ait considéré cet arrangement comme une victoire alors qu’en fait, il s’agit pour elle d’une véritable défaite, le régime baassiste ayant perdu des armes stratégiques qu’il pouvait brandir contre Israël.
Des sources ont d’ailleurs fait part de l’étonnement d’un diplomate américain face au mécontentement du camp contestant l’accord, lequel reproche également au président américain Barack Obama d’avoir failli à sa promesse et à l’entente qu’il avait conclue avec les leaders de ce camp, s’engageant à châtier le chef de l’État syrien en lui assénant un coup à partir de la Méditerranée.
Finalement, à l’opération militaire a été substituée une décision consistant à placer l’arsenal chimique sous contrôle international en prévision de sa destruction définitive.
Le diplomate US a énuméré les aspects positifs engendrés par l’accord conjoint américano-russe, à commencer par l’impact sur le Liban où l’on a noté un soulagement immédiat tant sur le plan officiel qu’au niveau populaire. Surtout que parmi les premières répercussions que devait entraîner une frappe militaire en Syrie, figurait un nouvel afflux de milliers de réfugiés syriens sur le territoire libanais, une éventualité que le Conseil supérieur de défense avait envisagé en adoptant des mesures préventives visant à prendre en charge le nouveau flux des déplacés et à faire face à tout développement militaire qui surviendrait en territoire libanais. Autant de dispositions prises à la lumière d’informations ayant fait état d’une éventuelle confrontation avec Israël et d’allusions à une participation probable du Hezbollah aux combats pour défendre la Syrie.
En outre, la renonciation à la frappe a permis, à l’évidence, d’épargner à la région une escalade dangereuse qui avait culminé, au moment des menaces, par des contre-menaces de la part de l’Iran qui avait promis de lancer « 100 missiles en direction de l’État hébreu pour chaque missile qui atteindrait la Syrie ».
Autre conséquence positive provoquée par cet accord diplomatique, la protection des ressortissants et des intérêts américains désormais épargnés de toute attaque potentielle en guise de réaction. L’entente a également donné lieu à une décision prise au sein du Conseil de sécurité prévoyant l’exécution impérative du plan en six points, dans un délai qui expire dans la première moitié de l’année 2014, soit jusqu’à ce que l’application de l’accord sur l’armement chimique soit garantie dans les moindres détails. À défaut, la sanction US sera exécutée sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies.
Enfin, l’accord a abouti à un acquis supplémentaire : l’adhésion de la Syrie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.
L’entente américano-russe n’a pas engendré que des bénéfices. Elle suscite en parallèle des conséquences négatives, estime le diplomate US qui cite tout d’abord la grande déception des alliés des États-Unis. Ces derniers avaient en effet espéré mettre à profit la colère du président Obama, lequel avait prôné une frappe militaire qu’ils n’ont pas tardé à soutenir, dans la mesure où elle promettait d’affaiblir les capacités militaires du régime Assad. Des déboires qui ont d’ailleurs abouti à une division entre les États-Unis et leurs alliés d’une part, et les États arabes et Nabil el-Arabi, d’autre part, qui a soutenu l’initiative diplomatique.
L’accord russo-américain comprend en outre une faille : il ne prévoit aucun moyen de pression pour mettre un terme aux violents combats en Syrie qui se sont d’ailleurs poursuivis entre l’opposition et les forces du régime durant les trois jours de négociations qui se sont déroulés à Genève. Enfin, l’accord a fixé un délai assez long pour la mise en application du programme de destruction des armes chimiques en Syrie, placées dans près de 52 dépôts d’armement.


IL N'Y A QUE DU NÉGATIF !
10 h 56, le 16 septembre 2013