Trois grandes questions se posent : pourquoi, quand, comment sortir du QE ?
Dire pourquoi revient à évaluer l’efficacité du QE. Ce sujet est l’objet de débats. Savoir de combien de points de base les taux ont été réduits grâce au QE, dire ce qui importe le plus entre le flux de QE ou le stock de titres achetés sont des questions toujours ouvertes. Les conditions économiques étant robustes, le maintien de taux artificiellement bas peut causer une prise de risque excessive pour des investisseurs cherchant du rendement. On risque de perdre en instabilité financière ce qu’on a gagné en stabilité économique. La balance entre les coûts et les avantages du QE peut alors s’inverser. Quand arrêter ? La Fed a défini une « forward guidance » qui fixe des « seuils » critiques relatifs à l’inflation et au chômage (sortir de la politique de taux zéro quand ce dernier sera sous 6.5 %). La communication gagne en clarté, mais la Fed perd en souplesse d’action puisqu’elle se lie les mains. Deux chiffres ne peuvent pas décrire tous les états de la nature. Pour regagner des marges de manœuvre, la Fed pourrait se trouver dans une situation où il lui serait nécessaire de ne pas respecter ces seuils critiques. Comment arrêter le QE (sans provoquer trop de remous) ? Tout le monde a en tête, comme le scénario à éviter coûte que coûte, le krach obligataire de 1994. C’est donc sur le maintien des taux directeurs à zéro que la Fed axe l’essentiel de sa communication. Le but est de dissocier l’outil non conventionnel (QE) et l’outil conventionnel (le taux des fonds fédéraux). Elle veut donc montrer que la normalisation du second n’implique pas le durcissement du premier instrument. C’est possible tant que l’inflation n’est pas une menace. À ce stade, les officiels de la Fed et la majorité des observateurs attendent une première hausse du taux des fonds fédéraux dans le courant de l’année 2015.

