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Nos lecteurs ont la parole

« Que dire à un jeune de vingt ans » ?

Dr Noha BAZ
Arrivée comme tous ses copains pour quelques semaines de vacances, ma fille cadette, perplexe devant l’état du pays, me demandait comment on pouvait encore y voir un avenir.
Me revint en mémoire un texte que j’avais lu pendant mes premières années de fac (en pleine guerre civile) et que je lui donnais à méditer. Son enthousiasme me pousse à le partager avec d’autres jeunes et moins jeunes, mais de plus en plus pleins de doutes.
Voici le texte (l’auteur, Hélie de Saint-Marc, était un jeune résistant français durant la Seconde Guerre mondiale) :
« Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie, on est tenté de ne rien lui dire, sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause font partie de la noblesse de l’existence.
Pourtant, je ne veux pas me dérober, et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci, en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain : “Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère.”
À mon jeune interlocuteur, je dirai donc que nous vivons une période difficile où les bases de ce qu’on appelait la morale et qu’on appelle aujourd’hui l’éthique sont remises constamment en cause, en particulier dans les domaines du don de la vie, de la manipulation de la vie, de l’interruption de la vie.
Dans ces domaines, de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir. Oui, nous vivons une période difficile où l’individualisme systématique, le profit à n’importe quel prix, le matérialisme l’emportent sur les forces de l’esprit.
Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question de droit et jamais de devoir et où la responsabilité, qui est l’once de tout destin, tend à être occultée.
Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela, il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine. Il faut savoir, jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure, rouler son propre rocher.
La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit.
Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.
Je dirai à mon jeune interlocuteur que pour ma très modeste part, je crois que la vie est un don de Dieu et qu’il faut savoir découvrir, au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence.
Je lui dirai qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves cette générosité, cette noblesse, cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir
découvrir ces étoiles, qui nous guident où nous sommes plongés au plus profond de la nuit et le tremblement sacré des choses invisibles.
Je lui dirai que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité et qu’il faut savoir respecter cette dignité.
Je lui dirai qu’envers et contre tous, il faut croire à son pays et en son avenir.
Enfin, je lui dirai que de toutes les vertus, la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, de toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.
Et pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela “l’honneur de vivre”. »

Dr Noha BAZ
Pédiatre
Génétique clinique
Membre de la Société française de pneumologie et d’allergologie pédiatrique
Arrivée comme tous ses copains pour quelques semaines de vacances, ma fille cadette, perplexe devant l’état du pays, me demandait comment on pouvait encore y voir un avenir.Me revint en mémoire un texte que j’avais lu pendant mes premières années de fac (en pleine guerre civile) et que je lui donnais à méditer. Son enthousiasme me pousse à le partager avec d’autres jeunes et moins jeunes, mais de plus en plus pleins de doutes.Voici le texte (l’auteur, Hélie de Saint-Marc, était un jeune résistant français durant la Seconde Guerre mondiale) :« Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie, on est tenté de ne rien lui dire, sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause font partie de la...
commentaires (1)

merci Dr. Baz pour avoir partagé votre opinion qui nous aidera a mieux réfléchir et a avoir un regard positif sur notre temps.

Saleh Srour

22 h 20, le 14 septembre 2013

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Commentaires (1)

  • merci Dr. Baz pour avoir partagé votre opinion qui nous aidera a mieux réfléchir et a avoir un regard positif sur notre temps.

    Saleh Srour

    22 h 20, le 14 septembre 2013

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