Le nouveau rapport mondial sur le bonheur de 2013 est sorti. Capture d'écran.
Le bonheur dans le monde a légèrement augmenté ces cinq dernières années, malgré des écarts de plus en plus importants entre les différentes régions, découvre-t-on dans la deuxième édition du rapport mondial sur le bonheur publié lundi dernier par le Réseau des Solutions pour le Développement Durable des Nations Unies.
Le classement est établi à partir d'un indice de "bien-être" calculé à partir des conditions de vie et des attentes des individus interrogés dans le cadre de sondages conduits auprès de 1.000 personnes par an dans chacun des 156 pays retenus, le tout sur environ trois ans. Le bonheur, lui, est défini en ces termes dans le rapport : "Le bonheur est l'aspiration de chaque être humain et une mesure du progrès social. Le bonheur est une émotion (Êtes-vous heureux aujourd'hui ?) ou une évaluation (Êtes-vous heureux dans votre vie ?)."
Pour la deuxième année consécutive, le Danemark occupe la première place du classement avec une note de 7,693/10, suivi par la Norvège (7,655/10) et la Suisse (7,650/10).
Sept pays européens se trouvant dans le top 10, il semblerait que les gens les plus heureux du monde habitent sur ce continent. La France a toutefois reculé de deux places, se plaçant en 25e position avec une note de 6,764/10.
Outre Atlantique, l'ambiance n'est pas à la fête puisque les États-Unis ont reculé de sept places pour finir en 17e position.
Du côté du Moyen-Orient, la situation est encore moins joyeuse.
Le Liban, qui était en 92e position dans le précédent classement, a perdu cinq places et se retrouve en 97e position cette année avec une note sous la moyenne de 4,931/10.
De manière générale, les pays de la région sont à la traîne, l'impact de la crise syrienne et du printemps arabe étant bien clair dans le classement : l'Irak est en 105e position, les Territoires palestiniens en 113e position, l'Iran qui était en 84e position a chuté à la 115e position, l’Égypte est à la 130e place. Sans surprise, la Syrie se retrouve en 148e position avec une note de 3,892/10.
Les pays qui s'en tirent bien sont Israël, qui a avancé de trois places pour atteindre le 11e rang avec une note de 7,301, et ceux du Golfe. Les Émirats arabes unis, premier pays arabe dans le classement, arrivent en 14e position, le Qatar est en 27e position avec une note de 6,666/10, le Koweït et l'Arabie saoudite sont respectivement en 32e et 33e position.
En bas de classement se trouvent, comme dans le précédent rapport, des pays d'Afrique subsaharienne : Centrafrique (154e), Bénin (155e) et Togo (156e).
Dans cette deuxième édition du rapport, les chercheurs estiment que malgré la crise financière de 2007-2008, le monde est devenu un endroit plus généreux. Une conclusion qui se fonde, selon eux, sur l'amélioration des conditions de vie en Afrique subsaharienne et l'amélioration de la qualité du tissu social en Europe.
Les chercheurs font toutefois aussi état d'un déséquilibre des conditions de vie à travers le monde. Ils notent par exemple des progrès en Amérique Latine et aux Caraïbes, mais un recul important notamment au Moyen-Orient, surtout dans les pays affectés par une crise.
Méthodologie
Derrière le rapport mondial sur le bonheur se trouve une équipe de chercheurs comprenant John F. Helliwell, professeur en sciences économiques à l'université de Colombie-Britannique, Richard Layard, ancien conseiller de l'Institut canadien de recherches avancées (Icra), et Jeffrey Sachs, directeur de l'Institut de la terre de l’Université Columbia (Earth institute of Columbia University).
La première édition de ce rapport avait été publiée en avril 2012 à la suite d'une résolution historique promulguée en juin 2011 par les Nations unies et dans laquelle l'organisation mondiale demande à ses pays membres de mesurer le bonheur de leur peuple afin d'améliorer les politiques publiques.
En plus d'évaluer l'indice de "bien-être", les chercheurs ont décidé cette année de creuser plus profondément en comparant les données obtenues entre 2010 et 2012 avec les données publiées dans le premier rapport et qui couvraient les années 2005-2011.
Les chercheurs ont évalué la qualité de vie des personnes interrogées dans les sondages sur une échelle constituée de 10 niveaux, 10 étant le meilleur niveau de vie.
L'étude a également évalué l'état émotionnel des personnes interrogées en leur demandant de répondre à un questionnaire comprenant les questions suivantes : 1- Avez-vous souri hier ?; 2- Avez-vous ressenti du bonheur, de l'anxiété, de la tristesse hier ? etc...
Les auteurs de ce rapport s'attardent également sur la restauration de l'éthique de la vertu dans la quête au bonheur, l'utilisation du bien-être en tant que guide pour l'établissement des politiques publiques et encore les liens entre le développement et la satisfaction dans le niveau de vie.


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00 h 00, le 12 septembre 2013