Experts et policiers inspectent la scène du crime d’Adrien Anigo à Marseille. Anne-Christine Poujoulat/AFP
Marseille côté lumière, c’est le tout nouveau Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), inauguré en juin face à la mer à côté du port de la Joliette, qui a accueilli des générations de migrants italiens, corses, maghrébins et comoriens. Mais la cité fondée par les Phéniciens fait aujourd’hui plus parler d’elle pour ses 15 règlements de comptes meurtriers depuis le début de l’année (24 en 2012), souvent au kalachnikov, sur fond de trafic de drogue et de pauvreté dans les cités qui ont poussé comme des champignons sur les collines calcaires au nord de la ville. De l’avis des spécialistes, si la criminalité n’est pas nouvelle à Marseille, elle a changé de nature : les jeunes caïds du cannabis ou de l’héroïne, qui peuvent tuer pour quelques dizaines d’euros, ont remplacé les vieux « parrains » de la mafia, qui se sont fait la guerre dans les années 90 pour le contrôle de la prostitution, des boîtes de nuit ou des machines à sous.
Zone de sécurité prioritaire
Jeudi, la violence a frappé pour la première fois le fils d’un notable de la ville, connu de la justice pour des braquages. Abattu selon le mode opératoire habituel – au volant de sa voiture par deux tueurs à moto –, Adrien Anigo, 29 ans, était le fils de José Anigo, directeur sportif de l’Olympique de Marseille, le club de football qui fait la fierté de la ville.
Interrogé par le quotidien Aujourd’hui en France, le journaliste Xavier Monnier regrette comme tant d’autres que les pouvoirs publics ne s’attaquent pas « aux véritables causes : l’enclavement des tours, le manque des transports publics. Ajoutez à cela la corruption endémique des élus qui engendre une crise de confiance, et la perte de repères est totale. C’est ce mélange qui a permis à la délinquance de se développer ». Et le sociologue Laurent Mucchielli de souligner dans un entretien aux Échos : « Dans certains quartiers, le taux de réussite au brevet d’éducation des collèges (pour des élèves de 14 ans) peut tomber jusqu’à moins de 40 %. »
Si une grande partie de la cité phocéenne a déjà été classée en zone de sécurité prioritaire, la polémique sur le nombre insuffisant de fonctionnaires de police est récurrente. « Même si Manuel Valls a réamorcé la pompe des recrutements, aujourd’hui la police n’est plus sur le terrain, il nous manque encore 300 fonctionnaires. Pourtant, la situation devient de plus en plus grave », déplore Diego Martinez, secrétaire départemental du syndicat SGP-Police, qui propose de faire de Marseille une zone d’expérimentation en sécurité publique, avec simplifications de procédure et une refonte des enquêtes.
Mauvaise image
Cette flambée de violence que connaît Marseille écorne l’image de la ville qui éprouve désormais des difficultés pour attirer des cadres de haut niveau, effrayés par une criminalité très médiatisée. « Certains (cadres de haut niveau) sont hésitants ou demandent que leur famille puisse être installée ailleurs. C’est une inquiétude qu’ont les gens qui ne connaissent pas Marseille mais qui disparaît une fois qu’ils sont installés », raconte Jean-Luc Chauvin, président de l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône.
De son côté, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a estimé hier qu’il fallait encore « amplifier la bataille contre les trafiquants » : « On a dérangé des bandes dans leur activité, donc ça conduit à des règlements de comptes supplémentaires. » Et c’est dans ce cadre-là qu’une réunion des élus locaux, du préfet des Bouches-du-Rhône et du préfet de police pour un « pacte pour la sécurité à Marseille » doit avoir lieu aujourd’hui. Les représentants de la société civile marseillaise, qui ne sont pas conviés à cette réunion, regrettent de ne pas être écoutés par les élus locaux ou les différents ministres chargés du dossier marseillais.
Mais l’union de la classe politique autour de ce « pacte national » n’est pas gagnée, comme en témoignent les propos de Rachida Dati, vice-présidente de l’UMP et ancienne ministre de la Justice, qui rend le laxisme du gouvernement en matière pénale responsable de la flambée de violence à Marseille. Le « pacte national » contre les trafiquants de drogue, exigé hier soir par Manuel Valls, « commence d’abord par une politique pénale gouvernementale ferme et assumée pour combattre cette criminalité organisée », écrit-elle dans un communiqué publié hier.
Ni le « pacte national » ni la réunion de crise programmée aujourd’hui en préfecture n’impressionnent Marine Le Pen. « Tout cela, c’est de la poudre aux yeux pour tenter de calmer les impatiences d’une opinion publique qui se rend compte que le ministère de l’Intérieur est dans l’incapacité totale de ramener la sécurité non seulement à Marseille, mais aussi dans l’ensemble de la France », a dit la présidente du Front national sur LCI et Radio Classique.
Parallèlement, et depuis Saint-Pétersbourg, François Hollande a annoncé hier davantage de moyens pour lutter contre la violence à Marseille et promis des « résultats » qui prendront « du temps ». « Faut-il mettre encore plus de moyens ? Oui, et le ministre de l’Intérieur va le faire, mais nous devons aussi penser que cette lutte va exiger de la patience car il s’agit d’éradiquer des comportements en place depuis des années », a déclaré le président de la République. « Tout sera fait dans les règles, dans le respect de la loi. Ce qu’il faut, c’est extirper les trafics, et notamment le trafic de drogue dans les cités », a-t-il conclu.
Pour sa part, et depuis Saint-Pétersbourg, François Hollande a annoncé hier davantage de moyens pour lutter contre la violence à Marseille et promis des « résultats » qui prendront « du temps ». « Faut-il mettre encore plus de moyens ? Oui, et le ministre de l’Intérieur va le faire, mais nous devons aussi penser que cette lutte va exiger de la patience car il s’agit d’éradiquer des comportements en place depuis des années », a déclaré le président de la République. « Tout sera fait dans les règles, dans le respect de la loi. Ce qu’il faut, c’est extirper les trafics et notamment le trafic de drogue dans les cités », a-t-il conclu.
(Sources : agences)


çà va, çà va...pour le moment ,ce sont les truands qui s'entretuent, ce qui n'est pas un mal en soi...quant à la "petite délinquance" tout le monde connaît ses racines, mais chut, faut pas l'dire, Taubira veille au grain.Marseille,mon amour! (et ce sont les grecs qui ont fondé Marseille,non?)
05 h 41, le 07 septembre 2013