Dans la nuit de mardi à mercredi, l’opposition, soutenue par le puissant syndicat UGTT, a tenu son plus grand rassemblement depuis le début de la crise. Certains manifestaient en famille. Photo AFP
Cette annonce intervient au lendemain d’une manifestation de dizaines de milliers de personnes réclamant la démission du gouvernement, jugé responsable de l’essor de la mouvance jihadiste accusée de l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd le 6 février et du député Mohammad Brahmi le 25 juillet. La manifestation était organisée par une coalition hétéroclite d’opposition sans programme politique commun clair, allant de l’extrême gauche au centre droit et soutenue par les partenaires sociaux. Les opposants ont refusé l’idée d’un gouvernement d’union dirigé par Ennahda et militent pour un cabinet de technocrates, mais des désaccords existent aussi. Ainsi, la puissante centrale syndicale UGTT et le patronat Utica ne veulent pas d’une dissolution de l’ANC.
Jusqu’à présent Ennahda, arguant de sa légitimité issue de l’élection de la Constituante en octobre 2011, proposait une coalition élargie, un scrutin le 17 décembre, et évoquait un vague projet de référendum de sortie de crise, difficile à mettre en place faute de Constitution et de loi électorale deux ans et demi après la révolution. La position qu’adoptera l’UGTT, qui compte un demi-million de membres capables de paralyser le pays, devrait être déterminante. M. Ben Jaafar a d’ailleurs fait du syndicat un arbitre en l’appelant à « réunir autour de la table de dialogue tous les partis ». Le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, a dit à la radio Express-FM que son syndicat se réunirait « la semaine prochaine pour adopter les mesures nécessaires à l’intérêt du pays ». La Tunisie entame aujourd’hui une période de quatre jours chômés à l’occasion de la fin du ramadan. Plusieurs dirigeants de l’opposition ont pour leur part jugé « positive » mais « insuffisante » la décision de suspendre l’ANC en vue de négociations. Ils ont promis de poursuivre des actions quotidiennes de contestation.
Dans ce contexte, des experts estiment que les deux camps vont désormais devoir revoir leurs positions. « La situation est grave mais elle bouge. Comme dans toutes les crises politiques, les deux camps arrivent avec des positions extrêmes antagonistes avant de trouver une solution (...). Ennahda a déjà commencé à changer sa position », note le politologue Slaheddine Jourchi. D’autant « qu’aucun parti, Ennahda compris, ne peut ignorer la position de l’UGTT, qui est aussi celle de l’Utica. Ennahda ne peut pas continuer sans considérer que les forces (économiques et sociales) du pays ne sont pas d’accord avec lui », souligne l’expert.
Depuis la révolution, la Tunisie est déstabilisée par l’essor d’une mouvance jihadiste, et l’opposition reproche à Ennahda d’avoir longtemps hésité à combattre ces groupuscules. L’armée a cependant lancé une vaste opération contre un groupe qui serait lié à el-Qaëda au mont Chaambi (à la frontière algérienne) et qui est accusé de la mort de dix soldats en une dizaine de jours. Depuis la semaine dernière, la police a multiplié les opérations « antiterroristes », tuant deux hommes dans des incidents séparés et arrêtant une dizaine de suspects.
(Source : AFP)


CIAO ! CIAO ! GHANNOUCHI... LA TINSA TÉKHOD MA3AK IL TARBOUCHI !
12 h 47, le 09 août 2013