Le président de la Constituante tunisienne a annoncé hier la suspension des travaux de l’Assemblée nationale constituante (ANC), alors que les manifestants convergeaient devant l’ANC pour un grand rassemblement de l’opposition visant à obtenir la démission du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda et la dissolution de la Constituante. « J’assume ma responsabilité de président de l’ANC et suspends les travaux de l’Assemblée jusqu’au début d’un dialogue (entre pouvoir et opposition) et cela au service de la Tunisie », a déclaré à la télévision d’État Mustapha Ben Jaafar, allié laïque de centre-gauche d’Ennahda. « J’appelle tout le monde à participer au dialogue (...) Les Tunisiens en ont marre », a martelé M. Ben Jaafar, dont le parti Ettakatol, sans quitter la coalition au pouvoir, est favorable à la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale. Aucune réaction des états-majors des principaux partis n’avait été annoncée en milieu de soirée. Revenant sur la menace « terroriste » et les assassinats du député Mohammad Brahmi le 25 juillet, à l’origine de l’actuelle crise, et de l’opposant Chokri Belaïd en février, M. Ben Jaafar a aussi dénoncé l’incapacité de la classe politique à s’unifier face au danger, les voyant emprunter la voie « de la division et de la sédition ».
Dans la journée, les dirigeants d’Ennahda avaient prévenu une nouvelle fois qu’ils ne renonceraient pas au gouvernement et n’accepteraient pas une dissolution de l’ANC, malgré les manifestations nocturnes quotidiennes de l’opposition et le grand rassemblement d’hier. « Dans les régimes démocratiques, les manifestations ne changent pas les gouvernements, c’est dans les régimes dictatoriaux qu’une manifestation est en mesure de faire tomber le régime », a jugé Rached Ghannouchi, chef d’Ennahda dans le journal La Presse.
Mais des divisions existent au sein de l’opposition allant de l’extrême gauche au centre-droit. Certains veulent arracher le départ du gouvernement et la dissolution de l’ANC, tandis que d’autres, en particulier la puissante centrale syndicale UGTT et le patronat Utica, plaident pour un nouveau cabinet mais veulent maintenir la Constituante. Le Premier ministre Ali Larayedh a proposé à maintes reprises d’élargir le gouvernement et de tenir des élections en décembre. Les islamistes ont aussi évoqué, sans réelles précisions, un référendum sur la poursuite de la « transition » postrévolutionnaire. Mais la Tunisie, deux ans et demi après sa révolution et 21 mois après l’élection de l’ANC, n’a ni Constitution ni loi électorale permettant l’instauration d’institutions pérennes. L’Assemblée était, elle, réunie hier, malgré le boycott d’une soixantaine de députés, pour débattre de la menace « terroriste ». Car outre la traque des assassins des opposants, une opération militaire « aérienne et terrestre » d’ampleur est cours au mont Chaambi, à la frontière algérienne, pour « éradiquer » un groupe armé lié à el-Qaëda responsable de la mort de dix militaires depuis le 29 juillet. M. Larayedh en a profité pour affirmer que les actions de protestation mettaient à mal les efforts des forces de sécurité.
(Source : AFP)
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C'est un premier pas...reste plus qu'à morsiser ennahda,et ses alter ego salafistes,et qu'on n'en parle plus.
02 h 32, le 07 août 2013