La délégation libanaise au congrès de Madrid ; de gauche à droite, Sleiman Younan, Nina Khoury, Ghassan Moukheiber, Tanya Awar Ghorra, Nour Hassan, père Hadi Aya et Ziad Achour.
Hésitations politiques
Jusqu’en 2001, la peine de mort s’appliquait automatiquement en cas de meurtre. Modifiée depuis, la loi ne prévoit la peine capitale que pour les cas les plus graves. Mais si des condamnations à mort sont régulièrement prononcées par les juges, elles ne sont plus appliquées depuis une dizaine d’années. En effet, depuis 2004, aucun président de la République ou Premier ministre n’a signé d’acte d’exécution, une procédure obligatoire pour mettre en œuvre la condamnation. Un moratoire de fait semble avoir ainsi été instauré au Liban.
Mais ce consensus politique reste fragile et rend la situation des condamnés incertaine. En 2012, quatre personnes ont été condamnées à la pendaison par les juridictions nationales. Le président Michel Sleiman a même récemment pris position en faveur de l’exécution de condamnés à mort pour avoir agi en tant qu’agents d’Israël. Le point le plus sensible concerne les cas de collaboration avec l’État hébreu pour lesquels la peine capitale est quasiment toujours infligée. Le combat pour l’abolition est particulièrement difficile à mener dans ce cas, car il comporte de nombreux enjeux politico-militaires.
Les militants craignent un retournement inopiné de la situation tant qu’aucun acte n’aura été signé en faveur d’un moratoire ou d’une abolition. Nour Hassan rappelle que le Liban s’est abstenu de signer la résolution des Nations unies de 2012, proposant un moratoire universel sur les exécutions.
Actuellement, 74 condamnés à mort attendent de connaître leur sort dans les prisons libanaises. Neuf des condamnés l’ont été sous le régime de l’ancienne loi abrogée en 2001 et prévoyant la peine capitale pour chaque meurtre commis. L’association souhaite dès à présent rouvrir ces procès afin d’obtenir une sentence moins sévère. « Cela passera par la formation d’avocats capables de s’opposer à l’application aveugle de la peine de mort. »
Le mouvement abolitionniste s’impose
La « campagne nationale pour l’abolition de la peine de mort au Liban » est née en 1997 à l’initiative de Walid Slaybi et d’Ogarit Younan, chercheurs et fondateurs de la LACR. Le mouvement est coordonné par l’association et regroupe aujourd’hui 64 organisations qui multiplient les actions de sensibilisation et de formation, le lobbying et les manifestations. Plusieurs succès ont été remportés, comme le refus par Salim Hoss en 2000, alors Premier ministre, de signer un acte d’exécution, l’abolition de la loi 309/94 en 2001 ou encore la suspension récente des exécutions.
Pour faire entendre sa voix, la LACR se base sur le droit universel à la vie et multiplie les arguments abolitionnistes. Nour Hassan rappelle que « les citoyens les plus pauvres n’ont pas accès à une assistance juridique efficace. Ils ont donc plus de risques d’être exécutés que d’autres ». Les activistes dénoncent aussi l’effet non dissuasif des exécutions, l’inefficacité de la sentence face à la récidive, la politique répressive et non préventive de l’État, ou encore le risque d’erreur judiciaire.
L’objectif de la campagne abolitionniste est de diffuser ces arguments au sein de l’ensemble de la société civile libanaise. « Il faut un réel changement des mentalités pour que l’abolition politique ait lieu », déclare Tanya Awar Ghorra. Pour ce faire, des campagnes de sensibilisation dans les collèges de toutes les régions du pays ont été entreprises. Le problème est que suite aux tensions politiques et religieuses, le manque de confiance dans la justice est flagrant, ce qui pousse les jeunes à se prononcer en faveur de la peine de mort. Tanya insiste : « Il faut montrer aux jeunes qu’une justice équitable et efficace est possible au Liban. » Elle est certaine que dans ce cas de figure, la volonté abolitionniste serait majoritaire.
Les activistes ne se contentent pas de militer pour un changement des lois. Ils visitent les condamnés en prison, de même que leurs familles, souvent considérées comme criminelles par la société. Ces témoignages humains du quotidien des condamnés et de leurs familles permettent de « mettre un visage sur le criminel et de montrer qu’il peut changer », insiste Tanya Awar Ghorra.
L’association met aussi en place des formations à l’intention des jeunes et des hommes politiques leur permettant de lutter efficacement contre la peine de mort. Elle pratique de plus un lobbying actif au sein du Parlement. Après avoir rencontré l’ensemble des parlementaires, la cofondatrice du mouvement, Ogarit Younan, estime que 68 % d’entre eux sont désormais favorables à l’abolition. « Si l’abolition n’a pas encore été votée, c’est parce que les politiques ont aujourd’hui d’autres priorités, affirme-t-elle. Nous nous efforçons donc de relancer le débat en permanence. »
Plusieurs projets de loi ont ainsi été déposés, l’un d’entre eux vise à remplacer la peine capitale par une condamnation à la prison à vie, assortie de travaux forcés, dont les revenus seront reversés aux familles des condamnés et des victimes. « Cet emprisonnement correctionnel permettrait une sanction juste, efficace et respectueuse de la vie humaine. » C’est en s’adressant à la société civile et aux hommes politiques, et en leur proposant des peines justes, autres que la peine de mort, que les militants espèrent voir un jour le Liban rejoindre le rang des 140 pays qui ont déjà aboli la peine de mort dans le monde.


Qu'est ce vous faites avec les violents agresseurs viols...etc et que les femmes agressées sauvagement et soit qu'elles sont hospitalisées si elle sont encore vivantes ou elles sont mortes à cause de la brutalité de leur violeurs. Ces violeurs rentrent en prison pour une semaine et ils sortent avec un piston de la part de leur député ou une haute personnalité. Même on met le blâme sur la femme violée à cause qu'elle est une femme. J'ai lu quelques articles relatifs à ces crimes dans LOJ. Elias W. Chalhoub Chalhoub Elias
12 h 19, le 06 août 2013