2 – Sayyed Nasrallah, en envoyant vos braves partisans en Syrie soutenir Bachar el-Assad défaillant, malgré son énorme armement russe, vous avez pris une très dangereuse initiative, étonnante de votre part. Faut-il vous rappeler que les Arabes, les Syriens en particulier, sont hostiles à toute forme de despotisme ? Par malheur pour tout le monde, Assad se veut despote en brisant la volonté du peuple. Preuve flagrante, au lieu d’accorder au bon peuple ses légitimes revendications, le voilà utilisant l’armement de guerre, prévu contre Israël, matraquant les dernières maisons et jusqu’aux derniers sites archéologiques, la fierté de tout pays, sans compter les innombrables morts, blessés, réfugiés et traumatisés, tous innocents.
3 – Vous vouliez, sayyed Hassan montrer à Assad votre gratitude pour le droit de passage de vos armes ? Mais quel chef arabe n’en aurait pas fait autant ? Surtout s’il s’agit d’armes contre notre ennemi commun, Israël. Or, vous voilà utiliser ces armes, non contre Israël, mais contre un pays ami, cousin, frère. Comme si l’hécatombe, férocement opérée par Assad, n’était pas suffisante, vous la poussez à l’extrême avec plus de carnages encore. Avouez que vous avez été mal inspiré, cette fois, et qu’on vous a embarqué dans la mauvaise direction.
4 – De surcroît, votre immixtion armée dans un pays étranger, quoique arabe, fait de vous un révolté contre la politique officielle de distanciation, décrétée par votre gouvernement. Et ce n’est pas vous qui diriez être au-dessus de la loi ; même pas les différents présidents ; la loi est la cristallisation de l’intelligence, de l’équilibre et de la sagesse. Un chef tel que vous devrait donner l’exemple dans l’application des lois.
5 – J’en arrive maintenant au cas dangereux et gravissime que vous vous êtes permis de susciter, à savoir votre casus belli contre les révolutionnaires syriens. En effet, une fois ceux-là forcément au pouvoir, ils pourraient prendre prétexte de ce casus belli pour pilonner les régions qui vous sont affiliées, et surtout faire de vos arsenaux, patiemment stockés, des quartiers d’enfer.
Sayyed Nasrallah, j’ai tenu à vous exposer les très graves dangers auxquels vous vous exposez en vous ingérant dans une situation qui n’est pas la vôtre et qui, surtout, ne répond en rien à l’idéal du Hezbollah. En croyant servir le despote syrien, vous servez uniquement votre ennemi, notre ennemi à tous. Et les regrets arrivent toujours trop tard !
Dr Charles KHALIFÉ
Ancien professeur et conseiller à l’UL


OU PLUTÔT : L'ARTISTE DES INVITES !
14 h 02, le 31 juillet 2013