Quatre « terroristes » ont péri dans l’explosion prématurée de la voiture piégée à bord de laquelle ils circulaient à proximité d’un centre de formation de la police à el-Arich, dans le nord du Sinaï. Photo Reuters
L’agence MENA a rapporté hier soir que le procureur général égyptien avait ordonné l’arrestation du n°1 des Frères musulmans, Mohammad Badie, et de huit autres responsables de ce mouvement pour incitation à la violence.
Auparavant en journée, le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, avait appelé les Égyptiens à lui manifester leur soutien massif demain. « J’appelle tous les Égyptiens honnêtes à descendre dans la rue vendredi pour me donner mandat pour en finir avec la violence et le terrorisme », a déclaré le général Sissi, en grand uniforme lors d’une cérémonie militaire, une apparition qui a encore renforcé son image d’homme fort du pays. Le général, également vice-Premier ministre et ministre de la Défense, a exhorté la population à « descendre dans la rue pour montrer sa volonté au monde, comme avant le 30 juin et le 3 juillet », en référence aux manifestations de masse pour exiger le départ du président Mohammad Morsi, puis à sa destitution par l’armée. Le chef de l’armée a réaffirmé n’avoir fait qu’accomplir la volonté du peuple en déposant M. Morsi, dont il n’a pas prononcé le nom, le désignant uniquement comme « l’ancien président », lui reprochant d’avoir rejeté toute proposition de compromis avec ses opposants. « On ne peut pas revenir sur la feuille de route » de transition, a-t-il prévenu en référence à la révision de la Constitution et aux échéances électorales – législatives et présidentielle – qui doivent suivre. Il s’est aussi dit « prêt à des élections sous supervision internationale ».
Les Frères musulmans, mouvement de M. Morsi, qui militent pour son rétablissement dans ses fonctions, ont condamné un « appel explicite à la guerre civile » et appelé à des rassemblements demain « contre le coup d’État ». « Les menaces de Sissi, chef du coup d’État militaire sanglant, sont une déclaration de guerre civile », a insisté le mouvement, comparant son discours à celui du président syrien Bachar el-Assad « qui a lancé sa guerre contre le peuple syrien en demandant un mandat similaire ». Le parti salafiste Nour, deuxième formation politique d’Égypte après les Frères musulmans, a également dénoncé l’appel du général Sissi. De son côté, le groupe Tamarrod (rébellion), initiateur de la mobilisation contre M. Morsi, a exprimé un soutien inconditionnel au général Sissi, appelant « le peuple à se masser sur les places d’Égypte vendredi pour réclamer officiellement le jugement de Mohammad Morsi et soutenir les forces armées égyptiennes dans leur guerre à venir contre le terrorisme ».
Pour leur part, dans une première décision concrète traduisant leur inquiétude face à l’instabilité en Égypte, les États-Unis ont annoncé la suspension de la livraison de quatre chasseurs F-16 à ce pays, bénéficiaire d’une importante aide militaire américaine. L’exercice militaire conjoint dénommé « Bright Star », qui se tient tous les deux ans entre des contingents des deux pays et dont la prochaine édition doit se tenir en septembre, est lui maintenu, a indiqué le Pentagone. Par ailleurs, la chaîne qatarie al-Jazira, accusée de « couverture partisane » en faveur du camp Morsi, a dénoncé « une campagne de diffamation » et « de pressions », protestant contre la détention d’un de ses cameramen et « une agression par des inconnus » contre un membre de l’équipe de production.
Commentaire
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