Mais, hormis ces restrictions, le ministère n’a pris aucune mesure spéciale pour détecter dans les aéroports les personnes susceptibles d’être contaminées par le coronavirus MERS, a indiqué le vice-ministre de la Santé, Ziad Memish. « Nous n’avons pris aucune mesure de précaution dans les aéroports puisque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne l’a pas recommandé », a-t-il indiqué. L’Arabie saoudite est le premier foyer du coronavirus et le pays le plus touché avec 69 cas confirmés et 38 décès, selon les derniers chiffres de l’OMS publiés dimanche. Jusqu’à présent, 45 personnes, sur un total de 90 cas confirmés, sont décédées après avoir été contaminées par le coronavirus qui provoque des problèmes respiratoires, une pneumonie et une insuffisance rénale rapide.
Les experts disent savoir peu de choses pour le moment de ce coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, baptisé MERS par l’OMS. Comme le SARS, qui a éclaté en Asie en 2003, et qui a infecté 8 273 personnes, dont 9 % sont mortes, le MERS est soupçonné d’être passé de l’animal à l’homme, et se manifeste aussi par les mêmes symptômes que la grippe mais est différent car il provoque une insuffisance rénale. L’Arabie saoudite a passé sans problèmes majeurs deux pandémies ces dix dernières années, le SARS et la grippe H1N1 en 2009. Le virologue Laurent Kaiser des hôpitaux universitaires de Genève a recommandé la prudence sans être alarmiste. « Nous devons trouver un équilibre entre trop de précautions et pas de précautions », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Genève sur la prévention et le contrôle des infections.
La omra
Pour le moment, les millions de fidèles effectuant la omra, le petit pèlerinage à La Mecque qui s’étale sur toute l’année, semblent à l’abri du coronavirus. « Leur nombre a atteint 5 millions depuis le début de la saison (la fin du dernier hajj, il y a 10 mois) et ils sont actuellement 400 000 », a déclaré dimanche l’émir de La Mecque, le prince Khaled al-Fayçal, sans faire état de cas de coronavirus parmi eux.
Les autorités invoquent aussi des travaux d’agrandissement de la Grande mosquée de La Mecque pour limiter le nombre de pèlerins. L’objectif déclaré est de réduire de 20 % les pèlerins de l’étranger et de 50 % ceux de l’intérieur par rapport à 2012 qui a connu une affluence de 3,1 millions de fidèles, dont une grande majorité venus de l’étranger. « Cette décision est exceptionnelle et temporaire », avait expliqué à la mi-juin le ministre du Hajj, Bandar Hajjar. Ces travaux agrandiront de 400 000 m2 la surface de la Grande mosquée de La Mecque et porteront la capacité du site à 2,2 millions de personnes alors qu’elle n’est que de 1,5 million actuellement. Chaque pays musulman a en principe droit à un quota de 1 000 pèlerins pour un million d’habitants.
Les professionnels du hajj ont fait état d’une baisse du nombre de pèlerins effectuant la omra pendant le mois de jeûne du ramadan. « On a reçu les autorisations pour 500 000 pèlerins du monde entier pour le ramadan, alors que ce nombre avait atteint le million l’année dernière », a indiqué Saad al-Qourachi, membre du conseil d’administration de la Chambre de commerce à La Mecque. Des hôteliers ont déploré une baisse des réservations dans les hôtels de La Mecque, certains parlant d’un manque à gagner de 120 millions de dollars.
(Source : AFP)

