L’inscription de la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes par l’UE a suscité une cascade de réactions dans les milieux du 14 Mars qui ont unanimement exprimé leur regret et leur inquiétude au sujet d’une telle décision, en faisant toutefois assumer au Hezbollah la responsabilité de cette mesure.
Dans un communiqué, le courant du Futur a exprimé ses regrets et son inquiétude profonde des suites de cette décision, avant de rappeler les développements qui ont conduit à ce stade.
Il s’est dit « inquiet » de la décision européenne, car elle touche en définitive une composante libanaise principale qui a à son crédit « une expérience nationale reluisante en matière de résistance contre l’ennemi israélien, qui a abouti en définitive à libérer les territoires libanais occupés en 2000, avant qu’elle n’oriente son fusil vers l’intérieur libanais ».
Il a exprimé en outre son « inquiétude », car la décision finira par « ternir la réputation du Liban et, par conséquent, les intérêts des Libanais à plusieurs niveaux ».
« Le Hezbollah aurait pu éviter d’en arriver là », précise le communiqué du courant du Futur, soulignant que ses armes ont fini par revêtir un caractère « milicien en contradiction avec la Constitution et les lois libanaises ». Le courant du Futur a ainsi exhorté le parti chiite à réintégrer l’État et ses institutions, à respecter la légalité internationale, le principe du monopole des armes par l’État libanais et la déclaration de Baabda.
(Repère : Liste de l'UE des organisations terroristes : mode d'emploi)
Le parti de Dieu a été invité en outre par le Futur à retirer tous ses combattants de Syrie, à remettre à la justice internationale les accusés dans l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri et à cesser ses activités et actions sécuritaires et militaires menées à l’extérieur.
Le député du courant du Futur, Amine Wehbé, a résumé le sentiment général libanais en affirmant : « Je ne crois pas qu’il existe un seul Libanais qui est aujourd’hui enthousiaste à cause de cette décision. » Le député a toutefois reproché au parti chiite de « s’être targué de ses actions militaires à l’extérieur du Liban », la raison, selon lui, qui a motivé la décision européenne.
Rappelant à son tour que cette décision sera revue tous les six mois, le député Mouine Merhebi a souligné que le Hezbollah doit prouver à tout le monde qu’il n’est pas terroriste, en cessant notamment de prendre part aux massacres en Syrie.
(Pour mémoire : Ces Libanais prêts à mourir pour le Hezbollah en Syrie...)
« La question qui reste en suspens est de savoir comment le Hezbollah se comportera dans la phase à venir ? » s’est interrogé à son tour le député Mohammad Hajjar, se demandant si le parti chiite va prendre sérieusement en considération la décision de l’UE en agissant en conséquence ou si, au contraire, « il va avoir une réaction au plan de la politique interne ».
M. Hajjar a condamné par ailleurs la déclaration du ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Adnane Mansour, qui a accusé des « parties libanaises d’avoir coopéré en vue de la prise de la décision » européenne, reprochant à M. Mansour son parti pris.
Le député des FL, Antoine Zahra, a estimé que la décision européenne a fini par décrédibiliser la campagne médiatique menée par le parti chiite qui n’a cessé d’affirmer qu’il « combattait les terroristes en Syrie ». « Lorsque celui qui fait la guerre aux groupuscules takfiristes est lui-même qualifié de terroriste, nous sommes en présence de deux faces d’une même monnaie, qui sont également rejetées par les sociétés libres et démocratiques », a-t-il dit.
L’inscription de la branche armée sur la liste des organisations terroristes par l’UE « n’aide pas les Libanais à dépasser leurs problèmes régionaux et internes auxquels ils font actuellement face », a commenté à son tour le député Boutros Harb.
« En réalité, cette décision est plus une réaction à la participation du Hezbollah à la guerre en Syrie qu’une mesure punitive contre le parti suite à l’attentat de Bourgas ou à l’incident de Chypre ». a-t-il dit. « Le fait de prendre à la légère cette prise de position internationale sérieuse risque de mettre en péril la paix au Liban », a conclu M. Harb, en allusion à la sécurité à la frontière avec Israël et au rôle de la Finul.
Pour mémoire
Gouvernement : le 8 Mars adopte une nouvelle tactique pour briser l’isolement du Hezbollah, l'éclairage de Philippe Abi Akl
Dans un communiqué, le courant du Futur a exprimé ses regrets et son inquiétude profonde des suites de cette décision, avant de rappeler les développements qui ont conduit à ce stade.Il s’est dit « inquiet » de la décision européenne, car elle touche en définitive une composante libanaise principale qui a à son crédit « une expérience nationale reluisante en matière de résistance contre l’ennemi israélien, qui a abouti en définitive à libérer les territoires libanais...


Avant de dicter ses actions au Hezbollah, que le 14 mars commencent à l'appliquer sur eux-mêmes, et qu'ils s'éloignent des bandar et cie. qui ont aidé les takfiristes et tout genres de jihadistes. Mais le dernier mot ne sera pas saoudien, il sera syrien anti takfiristes... suivez le regard vers Alep.
16 h 20, le 24 juillet 2013