Le Liban est entré dans la phase de la guerre sécuritaire entre le Hezbollah et les groupes de l’opposition syrienne. C’est ainsi qu’une source de sécurité résume la situation actuelle. Elle se réfère ainsi aux derniers incidents qui se sont déroulés dans le pays : d’abord les tirs de roquettes contre la banlieue sud, ensuite la voiture piégée de Bir el-Abed, ainsi que l’explosion de mardi sur la route de Majdel Anjar et l’assassinat mercredi à l’aube d’un Syrien proche du régime au Liban-Sud, en plein fief du Hezbollah. Selon la même source, il faut s’attendre à une multiplication des incidents de ce genre, les différents groupes de l’opposition syrienne se considérant désormais ouvertement en guerre contre le Hezbollah en raison de la participation directe de ce dernier aux combats en Syrie. De plus, tant que le régime syrien marque des points sur le terrain, il faut s’attendre à une recrudescence des attaques contre le Hezbollah au Liban, dans une sorte de réaction à la frustration de l’opposition. La source sécuritaire confirme ainsi les informations reçues sur l’introduction au Liban d’une grande quantité d’explosifs, mais elle précise que les services de sécurité ne peuvent pas les surveiller et empêcher leur utilisation pour la raison très simple qu’en quelques mois, il y a eu un tel afflux de déplacés syriens qu’il est impossible de recenser et de suivre. La Sûreté générale et les services de renseignements de l’armée libanaise et des FSI font de leur mieux, et un grand nombre de charges explosives ont été démantelées avant d’exploser, mais ils n’ont pas de moyens suffisants pour contrôler un nombre aussi important de déplacés. Il faut pour cela des effectifs et des fonds. Or, non seulement ils ne les ont pas, mais de plus la campagne politique menée contre l’armée n’arrange pas ses conditions de travail, ainsi que celles des services de sécurité en général.
La source précitée rejette les accusations portées contre la troupe d’avoir eu recours au Hezbollah dans l’opération menée contre cheikh Ahmad el-Assir à Abra. Elle ne croit nullement aux prétendues preuves de la participation du parti chiite que les députés du 14 Mars ont promis de fournir aujourd’hui dans le cadre de la réunion de la commission parlementaire de la Défense. Pour la simple raison que ces preuves n’existent pas, précise-t-elle. Selon elle, ce que peuvent présenter les députés du 14 Mars, ce sont des images d’une mobilisation des membres du Hezbollah ou des brigades de la résistance après l’agression des partisans de cheikh Assir contre le barrage de l’armée et les combats qui ont suivi. Cette mobilisation est relativement normale dans la mesure où le Hezbollah et les brigades de la résistance n’ont jamais caché qu’ils ont une présence dans la région depuis des années. C’était d’ailleurs un des arguments d’Ahmad el-Assir pour justifier son action. Face à une agression de cette ampleur et qui risque de dégénérer, il est naturel qu’ils se mettent donc en état d’alerte. Mais à partir du moment où l’armée a mis au point son plan de riposte et a lancé son opération contre le fief du cheikh salafiste, les hommes du Hezbollah et des brigades de la résistance se sont retirés et ont cédé la place aux militaires, qui n’ont d’ailleurs pas besoin de leur aide.
À cet égard, la source de sécurité estime que la campagne menée contre l’armée vise en fait le Hezbollah. Le premier objectif est de discréditer la troupe et de jeter le doute sur ses capacités nationales pour l’empêcher de remplir son rôle de garante de la stabilité et de la paix civile. Pour ceux qui veulent faire payer au Hezbollah le prix fort de son intervention en Syrie, il est impératif de paralyser l’armée qui ne peut que pourchasser les contrevenants à quelque bord qu’ils appartiennent. Par exemple, à Tripoli, l’armée s’est déployée entre les belligérants à Jabal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, mais elle est contrainte de riposter aux tirs qui la prennent pour cible. Les combattants qui ne coopèrent pas avec elle et ne respectent pas ses instructions seront arrêtés, mais cela ne signifie pas que l’armée est avec un camp contre l’autre. Elle se contente de remplir la mission qui lui est confiée. L’arrestation il y a quelques jours d’une camionnette du Front al-Nosra bourrée d’armes s’inscrit dans ce cadre. Or, c’est justement ce que veulent éviter ceux qui souhaitent une confrontation directe entre le Hezbollah et les groupes islamistes. La source sécuritaire précitée place aussi dans ce contexte la campagne contre la prorogation du mandat du commandant en chef de l’armée menée par certaines parties du 14 Mars. Car une vacance à la tête de l’armée signifie la suspension de ses missions sur le terrain. Cette même source estime toutefois qu’une telle vacance n’aura pas lieu parce que, au fond, nul ne souhaite une déstabilisation totale du pays. Ni les parties locales ni leurs parrains et soutiens étrangers. La communauté internationale n’a en effet cessé de se prononcer en faveur de l’armée et de son rôle dans le maintien de la stabilité du pays.
La polémique actuelle n’aboutira pas, estime donc la source précitée, qui ajoute qu’il faut attendre la séance parlementaire du 29 juillet pour concevoir le scénario final. Soit les différents blocs parlementaires reviennent à la raison et assurent le quorum pour l’adoption de la loi sur l’âge de la retraite des militaires, soit les dispositions de l’article 55 du règlement interne de l’armée sont appliquées. Cet article autorise le ministre de la Défense à proposer de repousser l’âge de la retraite pour certains officiers, soit de sa propre initiative, soit à la demande du chef de l’État et avec l’accord du commandant en chef. La question est donc réglée. Il n’y aura pas de vacance à la tête de l’armée, ni dans le poste de chef d’état-major. C’est d’ailleurs vital pour le Liban à une période aussi délicate.


TOUJOURS strictement i n t e r d i t aux plus de Douze ans.... !
08 h 56, le 19 juillet 2013