Ben Bernanke lors de son témoignage bisannuel sur la politique monétaire des États-Unis, devant une commission du Congrès américain à Washington. Jim Watson/AFP
« Parce que nos rachats d’actifs dépendent de l’évolution de l’économie, ils ne sont pas sur un parcours prédéterminé », a déclaré M. Bernanke lors de son témoignage bisannuel sur la politique monétaire des États-Unis, devant une commission du Congrès américain à Washington.
« Si les conditions économiques s’améliorent plus rapidement que prévu, et que l’inflation apparaît faire un retour décisif vers notre objectif (de 2 %), le rythme des achats pourra être réduit plus rapidement », a-t-il expliqué.
« Mais si les perspectives de l’emploi devaient se montrer moins favorables (...), le rythme actuel des achats pourrait être maintenu plus longtemps », voire « être accéléré pour un moment », a-t-il indiqué devant les élus de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants.
La Banque centrale américaine (Fed) injecte massivement des liquidités dans le système financier pour influer sur les taux à la baisse, en achetant chaque mois pour 85 milliards de dollars de bons du Trésor et titres hypothécaires.
Le patron de la Fed a souligné « qu’avec un chômage encore élevé et diminuant lentement (...) une politique monétaire très accommodante » restait « appropriée dans un futur proche ». Son institution a ainsi « l’intention de poursuivre les rachats d’actifs jusqu’à une amélioration substantielle du marché de l’emploi », a-t-il répété.
M. Bernanke a en outre insisté sur le fait que la Banque centrale, même après avoir cessé d’acheter des titres sur les marchés, conserverait à son bilan ces obligations du Trésor et titres hypothécaires, et en réinvestirait les rendements. Cela constituera un autre outil « pour continuer à influencer les taux à long terme à la baisse et cela soutiendra le marché du crédit immobilier », a-t-il indiqué.
Il a décrit une économie « qui croît à un rythme modéré », dynamisée par un marché immobilier « qu’il faut surveiller de près » et accompagnée par un marché du travail « qui s’améliore graduellement (...) avec des créations d’emplois de 200 000 par mois en moyenne ». Le chômage a stagné à 7,6 % en juin.
M. Bernanke a toutefois réitéré la feuille de route qu’il avait dressée à l’issue de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed, prévoyant « une modération des achats d’actifs plus tard cette année » si les données économiques le permettent.
Ensuite, si le chômage continue de descendre autour de 7 % et que l’inflation remonte autour de 2 %, « nous prévoyons de continuer à réduire par étape le rythme des rachats d’actifs (...) pour les clore en milieu d’année » 2014, a précisé M. Bernanke.
Quant au taux directeur, que la Fed maintient proche de zéro depuis 2008, son « niveau demeurera approprié tant que le chômage restera au-dessus de 6,5 % ». M. Bernanke a toutefois ajouté que ce seuil de 6,5 % pourrait ne pas être « une raison suffisante pour relever le taux » si l’explication d’un déclin du chômage reflétait des contraintes d’ordre cyclique plutôt qu’une réelle amélioration du marché de l’emploi.
Le patron de la Fed s’est par ailleurs encore inquiété de la politique budgétaire restrictive qui, selon lui, « risque d’affecter davantage que prévu la croissance économique au cours des prochains trimestres ». Jusqu’ici, le Bureau du budget du Congrès a estimé que les coupes budgétaires imposées par le Congrès pourraient coûter 1 à 1,5 point de croissance au PIB américain.
L’expansion de l’économie américaine s’est limitée à 1,8 % au premier trimestre. L’inflation, selon l’indicateur PCE de la consommation des ménages qui a la préférence de la Fed, n’a atteint que 1 % en mai sur un an. En juin, la Fed tablait sur une croissance du PIB située entre 2,3 % et 2,6 % pour 2013, avec une accélération entre 3 % et 3,5 % l’année prochaine.
(Source : AFP)


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