Convoqué au BIEL pour écouter les doléances des milieux économiques, sur le thème : « Le maintien du pays et de son économie », je me permets de m’adresser à tous les représentants présents à ce colloque pour leur dire qu’il y a déjà deux ans, nous avons entendu ce même cri de détresse, ces représentants se plaignant alors de la situation défectueuse dans laquelle nous nous trouvions.
Aujourd’hui, et après avoir écouté les mêmes discours et les mêmes cris d’alarme, nous aurions aimé voir présenter une stratégie commune à adresser au chef de l’État et aux chefs de gouvernement sortant et désigné.
Face à une réalité économique désastreuse, je suggère les grandes lignes d’un plan de sauvetage, étalé dans un premier temps sur six mois quitte à le prolonger, selon la conjoncture :
1.- Une réunion de tous les représentants présents à ce colloque doit se tenir dans les plus brefs délais. Cette réunion sera consacrée aux principales initiatives à prendre. Je rappelle à ce propos par association, certaines décisions ont déjà été présentées, sans résultat, par diverses associations aux gouvernements qui se sont succédé au fil des années écoulées.
2.- Ces initiatives communes doivent englober une stratégie basée sur les points suivants :
a. Dans le secteur commercial ou industriel, faire pression, sans tarder sur les instances gouvernementales concernées pour arrêter définitivement et irrévocablement, les importations parallèles de marchandises, entrées sans douane et sans TVA.
b. Protéger les secteurs industriels productifs par des taxes à l’importation et primes à l’exportation, qui resteraient à définir par le conseil d’administration des industriels.
c. Dans le domaine touristique, et pour les périodes de crise, exempter ou réduire les taxes et impôts ainsi que la cotisation à la Sécurité sociale pour les hôtels, restaurants et agences de voyages, et réduire les factures d’électricité, et de mazout pour les hôtels, sous forme de moratoire établi pour une période de six mois, renouvelable, si les circonstances demeurent inchangées.
d. Accorder aux commerçants des délais de paiement de leurs taxes et impôts, étalés sur un nombre indéterminé de mois.
e. Créer tout au long du littoral libanais des zones franches où seront installées des industries susceptibles d’employer une main-d’œuvre libanaise et étrangère qui serait exemptée de taxes et charges sociales, et remplacer ces dernières par des assurances obligatoires pour la main-d’œuvre.
f. Accorder des subventions à l’encouragement de l’exportation des produits industriels libanais et créer cinq bureaux dans le monde, qui s’occuperaient de promouvoir ces produits.
g. Demander au secteur bancaire de réduire de 1 % le taux d’intérêt de tous les comptes débiteurs, en considérant cette initiative comme étant une contribution à la lutte contre la crise. Dans tous les cas, ce secteur reste le seul à enregistrer des profits sur les comptes débiteurs, leurs intérêts se situant entre 6 à 14 % selon le clients.
Toutes ces suggestions, et bien d’autres, doivent être prises, en présence de tous les représentants des secteurs économiques, réunis en session permanente et urgente. Elles devraient en outre inclure des revendications de chaque secteur.
Sans stratégie à appliquer, encore une fois, dans les plus brefs délais, le pays court à la faillite.

