Marion Bartoli est encore sur son nuage après son triomphe à Wimbledon. À la dérive depuis des mois, elle a réalisé un casse de génie pour soulever son premier majeur. Sur une surface parfaite pour son jeu, sauvée par l’équipe de France d’un isolement et d’une crise personnelle devenus intolérables, la nouvelle 7e mondiale a défié tous les préjugés pour s’imposer. Mais que faut-il retirer de sa victoire ? Et quelles conséquences ce titre peut-il avoir ? À Marion de trouver les réponses...
Une chose est acquise : Bartoli, joueuse qui a dû attendre le plus longtemps dans l’histoire du tennis pour ouvrir son palmarès en grand chelem, à sa 47e tentative, n’a aucune chance de rejoindre les 22 titres de Steffi Graf.
Reste à savoir si elle connaîtra un destin à la Iva Majoli ou Conchita Martinez, qui se sont contentées d’une unique victoire dans un « majeur ». Ou si elle peut rajouter quelques couronnes à celle acquise à Wimbledon.
« Je n’en ai aucune idée. Un, c’est déjà bien pour moi. Je serai toujours très fière d’avoir été championne de Wimbledon, même si je n’en gagne pas d’autres. Bien sûr je vais essayer, mais je vais d’abord profiter de celui-là », a déclaré Bartoli qui sait qu’elle ne pourra pas profiter souvent d’un tableau aussi favorable qu’à Londres où elle n’a battu aucune joueuse du top 15.
À 28 ans passés, l’Auvergnate ne parle pas encore de retraite, mais sait qu’elle ne va pas avoir cent mille occasions de doubler la mise.
« Rééditer ce titre ? Pff, faut voir », estime Amélie Mauresmo, pas forcément convaincue. « En même temps, elle a bluffé pas mal de gens ici et ça peut être un déclic pour elle », ajoute toutefois l’ex-n°1 mondiale qui, comme Mary Pierce, a remporté deux titres du grand chelem dans sa carrière.
Pour imiter sa conseillère, Bartoli aura ses meilleures fenêtres de tir sur le gazon de Wimbledon, sa surface préférée, et le ciment de l’US Open.
« Surfer sur la vague »
« Roland-Garros, c’est plus difficile pour elle car c’est sur terre battue, et en Australie les conditions sont parfois extrêmes », avance Mauresmo.
Le palmarès de Bartoli le confirme en partie : elle a décroché ses plus beaux résultats à Wimbledon avec, outre son triomphe, une finale en 2007 et un quart de finale en 2011. À New York, elle a atteint les quarts l’an dernier et y avait lancé sa carrière en s’imposant chez les juniors en 2001.
Mais elle s’est aussi hissée en quarts à Melbourne en 2011 et même en demies à Roland-Garros en 2011 lors d’une épopée qui avait déjà suscité un fol espoir.
Son père et désormais ex-entraîneur Walter est pourtant du même avis que Mauresmo : « C’est sur surface rapide qu’elle a encore de belles opportunités devant elle, tant qu’elle sera motivée », dit-il.
« Motivée, elle le sera », assure Thomas Drouet, le sparring-partner et entraîneur de Bartoli. « Si elle garde le même état d’esprit et le même niveau de jeu, il y a moyen de faire encore de belles choses », ajoute-t-il.
« Vous savez, quand on gagne, on peut aussi surfer ensuite sur cette vague de réussite et de confiance. Alors tout s’enclenche parfaitement. En fait, on ne sait pas trop ce qui va se passer », conclut Mauresmo.
Mais en attendant, place d’abord aux vacances pour faire « complètement le vide », dit Drouet, alors que Bartoli assure qu’elle restera « la même » et qu’elle continuera à « faire la queue au supermarché comme tout le monde ».
(Source : AFP)
Classement WTA : Bartoli au septième ciel
Plus d’un an et demi qu’elle n’avait pas été si haut dans la hiérarchie mondiale. Depuis hier, Marion Bartoli est 7e au classement WTA. Un rang que la n° 1 française n’avait plus occupé depuis le 30 janvier 2012.
Sa première victoire en grand chelem, samedi, à Wimbledon, lui a fait gagner huit places. La finaliste malheureuse de Wimbledon, l’Allemande Sabine Lisicki, a elle aussi tiré les fruits de son brillant parcours. Avant la quinzaine londonienne, l’Allemande était 24e au classement WTA. Elle est désormais 18e.
Serena Williams, éliminée en 8es de finale par Lisicki alors qu’elle était la grande favorite du tournoi, conserve la tête de la hiérarchie mondiale féminine. Mais sa dauphine est dorénavant Maria Sharapova. Malgré son élimination au 2e tour, la Russe souffle la 2e place à la Biélorusse Victoria Azarenka (3e), obligée de déclarer forfait sur blessure avant son 2e tour.
Le classement WTA au 8 juillet 2013 :
1. Serena Williams (É-U) 11 895 pts
2. Maria Sharapova (Rus) 9 235 (+1)
3. Victoria Azarenka (Bié) 8 825 (-1)
4. Agnieszka Radwanska (Pol) 5 965
5. Li Na (Chn) 5 555 (+1)
6. Sara Errani (Ita) 5 180 (-1)
7. Marion Bartoli (Fra) 4 675 (+8)
8. Petra Kvitova (Tch) 4 435
9. Angelique Kerber (All) 3 970 (-2)
10. Caroline Wozniacki (Dan) 3 660 (-1)
11. Roberta Vinci (Ita) 3 060
12. Maria Kirilenko (Rus) 2 976 (-2)
13. Samantha Stosur (Aus) 2 965
14. Jelena Jankovic (Ser) 2 925
15. Kirsten Flipkens (Bel) 2 906 (+5)
16. Sloane Stephens (É-U) 2 870 (+1)
17. Ana Ivanovic (Ser) 2 740 (-5)
18. Sabine Lisicki (All) 2 650 (+6)
19. Nadia Petrova (Rus) 2 505 (-3)
20. Carla Suarez Navarro (Esp) 2 440 (-2).
(Source : AFP)

