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Le CPM organise sa première journée de la paix

Samedi 29 juin. Dans les jardins de la faculté de médecine de l’USJ, l’ambiance est au rire et à la bonne humeur. Cette « première journée de la paix » organisée par le Centre professionnel de médiation de l’USJ (CPM), est en l’honneur des élèves médiateurs qui ont choisi le dialogue et la communication pour bâtir la paix et prôner la non-violence.

Les élèves médiateurs au cours de la « journée de la paix » dans les jardins de la faculté de médecine de l’USJ.

Jeux de solidarité, de coopération, chants, danses et rallye de la paix étaient au rendez-vous de cette journée qui a permis à 125 élèves libanais, âgés de 12 à 17 ans, issus de confessions, de cultures et de cinq écoles différentes – Collège des Saints-Cœurs à Sioufi, Hadeth et Bauchrieh, École des sœurs de la charité de Besançon à Baabda et Collège Notre-Dame de Nazareth – de mieux se connaître. « Notre objectif est de développer un esprit de solidarité chez tous ces élèves médiateurs qui œuvrent, chacun dans son milieu, pour la paix mais ne se connaissent pas », explique Johanna Hawari Bourgély, avocate, médiatrice, formatrice, fondatrice et directrice du CPM, avant d’ajouter: «Souvent ces jeunes sont désespérés face à cette situation violente qui sévit dans le pays. Nous avons conçu cette journée pour leur permettre de se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls et que nous sommes là pour les encourager à poursuivre leur action. »
Au cours de cette première journée, les jeunes médiateurs ont réalisé une « sculpture de paix » en gravant leurs noms sur des galets qu’ils ont déposés dans un moule en forme du cèdre du Liban. Ils ont poursuivi la construction du « Ruban de la paix ». « Cette véritable chaîne humaine, lancée en 2013, relie tous les artisans de paix qui s’engagent à promouvoir un esprit d’humanisme et de bienveillance en vue de la construction de la paix au Liban. Les jeunes ont finalement choisi le brassard, comme signe distinctif commun à tous les médiateurs, qui permettra de les identifier », explique la directrice du CPM qui a tenu à remercier tous les sponsors : Sukleen-Averda, le Rotary Club du Liban et le restaurant traiteur Cannelle, qui ont permis la réalisation de cette « première journée de la paix ».

Changer de regard
Depuis un an, ces élèves suivent des cours de médiation mis en place par le CPM au sein de leurs écoles. « Ils ont été formés aux techniques de médiation comme outils de communication non violente et de résolution de conflits. Aujourd’hui, ils sont eux-mêmes des médiateurs au sein de leurs collèges et aident leurs camarades à résoudre leurs différends par la voie de la compréhension, de l’écoute et du dialogue. »
Ce qu’ils ont appris au cours de cette année ? « Le savoir-vivre ensemble et le savoir-être dans le respect des différences, répond Johanna Hawari Bourgély. Ils ont compris que dans la vie, ils ne peuvent s’épanouir dans leurs relations qu’en communiquant ou en dialoguant. Mais pour cela, il fallait d’abord apprendre à se comprendre soi-même, comprendre leurs émotions, leurs besoins, leurs colères, leurs frustrations. Aujourd’hui, ils ont appris à identifier la frustration qui est derrière leurs émotions et à l’exprimer d’une autre manière que par la
violence. »
« Au début, lorsque je me disputais avec ma sœur ou ma mère, je criais, je m’énervais et je m’en allais, raconte Gabrielle Haddad, 14 ans, élève du Collège Notre-Dame de Nazareth. Lorsque j’ai adhéré au principe de la médiation, j’ai beaucoup changé. J’ai appris à maîtriser ma colère et surtout à communiquer. Cela m’a pris du temps. Je ne savais pas que j’allais pouvoir l’appliquer si facilement dans ma vie quotidienne. »
Jean-Louis Keyrouz, 13 ans, élève des Saints-Cœurs Sioufi, a compris que « la violence verbale ne faisait qu’amplifier les choses ». Il a appris à régler ses problèmes sans blesser les autres et admet que ses disputes avec son frère et ses copains ont beaucoup diminué. « À présent, je suis beaucoup plus serein et j’ai encore plus d’amis qu’auparavant. »
Comment réagissent les copains à l’école ? « Évidemment, ils se moquaient de moi au début et considéraient ma réaction comme une forme de faiblesse, répond Jean-Marc Tohmé, 17 ans, élève des Saints-Cœurs Hadeth. Cela m’énervait. Mais maintenant, je les comprends et je ne dis plus rien. Il ne faut pas oublier qu’au Liban, on ne sait pas résoudre les problèmes calmement. » « Rien qu’à voir nos politiciens, à les voir à la télévision, on comprend que la violence est ancrée dans notre culture et qu’il faut encore des générations pour apprendre à gérer les conflits différemment », se désole Chloé Issa, 13 ans, élève du Collège Notre-Dame de Nazareth.

Apprendre très jeune le langage de la non-violence
Le CPM a compris que s’il faut « changer les choses et pacifier le monde de demain, c’est aujourd’hui qu’il faut planter ces graines chez les jeunes pour qu’ils deviennent des citoyens actifs artisans de la paix ». « C’est pour cela que notre but aujourd’hui, c’est de faire de ce projet de médiation un projet d’éducation nationale qui doit être implanté dans les écoles à partir de la classe de CP, martèle Johanna Hawari-Bourgély. Comme on enseigne aux enfants l’anglais, le français et l’histoire, on doit leur enseigner le langage de la non-violence dès leur plus jeune âge. »
Les jeunes médiateurs ont compris que « la paix est le seul combat qui vaille la peine d’être mené », et « qu’il faut des héros pour faire la guerre, mais des humains pour faire la paix ». Ils ont adopté le langage de la paix et utilisé la non-violence pour bâtir l’avenir de demain et construire un Liban de paix.
Jeux de solidarité, de coopération, chants, danses et rallye de la paix étaient au rendez-vous de cette journée qui a permis à 125 élèves libanais, âgés de 12 à 17 ans, issus de confessions, de cultures et de cinq écoles différentes – Collège des Saints-Cœurs à Sioufi, Hadeth et Bauchrieh, École des sœurs de la charité de Besançon à Baabda et Collège Notre-Dame de Nazareth – de mieux se connaître. « Notre objectif est de développer un esprit de solidarité chez tous ces élèves médiateurs qui œuvrent, chacun dans son milieu, pour la paix mais ne se connaissent pas », explique Johanna Hawari Bourgély, avocate, médiatrice, formatrice, fondatrice et directrice du CPM, avant d’ajouter: «Souvent ces jeunes sont désespérés face à cette situation violente qui sévit dans le pays. Nous avons conçu...
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