À Deir ez-Zor, les combats se poursuivent furieusement. Karam Jamal/AFP
Bachar el-Assad juge que seule une intervention militaire étrangère directe en Syrie pourrait permettre aux rebelles de le renverser. « C’était leur objectif de frapper nos infrastructures, de frapper notre économie et de plonger la société dans un chaos total afin que l’État s’écroule », a déclaré le président syrien dans une interview publiée hier par le journal as-Saoura, organe du pouvoir. « Jusqu’à présent, nous n’avons pas atteint ce point », a-t-il ajouté.
M. Assad affirme que son régime sortira vainqueur de la guerre civile après avoir résisté pendant plus de deux ans aux rebelles. « Ils ont utilisé tous les moyens matériels, émotionnels et psychologiques disponibles. La seule option qu’il leur reste, c’est une intervention étrangère directe », a encore déclaré le président syrien. Ce dernier doute cependant qu’une telle intervention ait lieu en raison des craintes occidentales face à l’influence croissante des islamistes au sein de l’insurrection armée.
(Pour mémoire : Le chaos laisse le terrain libre aux extrémistes en Syrie)
M. Assad a par ailleurs accusé l’Occident d’envoyer des « groupes terroristes takfiris » (extrémistes sunnites) dans son pays pour s’en débarrasser. Il a ainsi assuré que les pays occidentaux espèrent que « ces groupes terroristes, qui représentent pour eux une source d’inquiétude depuis des décennies, vont venir se faire tuer en Syrie et qu’ils pourront ainsi s’en débarrasser ».
Selon le ministre français de l’Intérieur Manuel Valls, plus de 600 ressortissants européens, dont 120 Français, se sont rendus en Syrie depuis le début du conflit pour combattre le régime. Une quarantaine de Français sont actuellement dans le pays.
« Tous ne sont pas des jihadistes et des terroristes », mais beaucoup ont rejoint la mouvance radicale affiliée à el-Qaëda, et le phénomène est jugé « très préoccupant par son ampleur », avait-il dit début juin. Bachar el-Assad a en outre assuré que même les pays occidentaux qui soutiennent la révolte ne parlent plus de « révolution ». « Le mot révolution n’est plus mentionné et l’on parle maintenant de terrorisme (...) Ils sont passés à une nouvelle phase : ils font une distinction entre les bons et les mauvais terroristes, mais le mot révolution ne figure plus dans leur vocabulaire », a-t-il ajouté.
(Pour mémoire : Joumblatt consterné par le silence international face au plan visant à « transformer la démographie syrienne »)
À Istanbul
Dans le même temps, la Coalition nationale syrienne (CNS) s’est réunie à nouveau à Istanbul pour tenter de désigner une nouvelle direction et convaincre ses alliés arabes et occidentaux de lui fournir les armes de pointe qu’elle réclame pour enrayer la progression des forces gouvernementales.
La persistance des divergences au sein de cet organe qui se veut représentatif de l’opposition a jusqu’ici retenu les puissances occidentales de fournir de telles armes en quantité, malgré les succès de l’armée syrienne et les promesses en ce sens de Washington ou de ses alliés européens. L’un des principaux objectifs de la réunion d’Istanbul est donc la mise sur pied d’une direction consensuelle à même de tisser des liens plus étroits avec les rebelles.
Les partenaires internationaux de la CNS tiennent à éviter que la réunion ne tourne au fiasco comme le mois dernier. Seule l’intervention de dernière minute de diplomates turcs, occidentaux et arabes avait alors permis à la CNS d’échapper à l’implosion. « La meilleure solution, c’est de créer un conseil civil et militaire et de le transposer en Syrie, tandis que la coalition se maintiendrait sous la forme d’une assemblée », recommande Kamal al-Labouani, membre de l’aile libérale de la CNS.
(Eclairage : Le général Idriss, interlocuteur privilégié pour canaliser une future aide militaire ?)
Les principaux représentants de l’opposition s’étaient rencontrés dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de trouver un préaccord susceptible de satisfaire les trois principaux acteurs de la coalition : les Frères musulmans, le bloc soutenu par l’Arabie saoudite et un groupe fidèle au secrétaire général Moustafa al-Sabbagh, l’homme d’affaires soutenu par le Qatar. Selon certaines sources, l’opposition pourrait s’entendre sur le nom d’Ahmad Jabra, un chef tribal réputé proche de l’Arabie saoudite, pour prendre la tête de la coalition, tandis que Moustafa al-Sabbagh assurerait la fonction de vice-président.
D’autres sources ont cependant affirmé que les deux hommes ne pouvaient pas travailler en équipe et que leur élection plongerait de nouveau la coalition dans l’impasse.
Ahmad Toumeh al-Khader, un opposant de longue date originaire de la province orientale de Deir ez-Zor, et Burhan Ghalioun, professeur exilé à Paris, sont également cités comme possibles candidats, selon ces sources, qui précisent que les deux hommes ont de bonnes relations avec Riyad.
Pas de percée à Homs
Pendant ce temps, sur le terrain, l’aviation syrienne continuait de bombarder Homs, alors qu’au sol, l’armée loyale à Bachar el-Assad se montre dans l’incapacité jusqu’à présent d’effectuer une percée dans les quartiers rebelles. « Les appareils militaires ont mené quatre raids contre Khaldiyé qui a été avec la vieille ville cible d’un intense bombardement », a ainsi affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), précisant que « des combats sporadiques se déroulaient également aux abords de Khaldiyé ».
Les forces du régime ont lancé samedi une offensive pour reprendre les 1 à 2 km2 que les rebelles défendent bec et ongles. Cette zone est assiégée depuis plus d’un an.
À Damas, un adjoint du ministre syrien du Travail a été blessé par une bombe magnétique placée sous sa voiture à Baramké, dans le centre de la capitale, selon l’OSDH qui fait également mention du bombardement du camp palestinien de Yarmouk à Damas. Le ministère a confirmé cet incident, indiquant que Rakan Ibrahim a été opéré.
Dans la province méridionale de Deraa, l’OSDH indique que six personnes ont été tuées à Cheikh Miskeen.
(Analyse : « Au cours des six à sept mois à venir, ce sera le début de la fin »)
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé les belligérants en Syrie à laisser « les 2 500 civils » bloqués à Homs quitter la ville et recevoir des secours, a indiqué mardi son porte-parole Martin Nesirky. Il a « appelé les belligérants à faire le maximum pour éviter des pertes civiles et à autoriser un accès humanitaire immédiat, ainsi que la possibilité pour les civils bloqués de partir sans crainte de persécutions ». Damas a pour sa part « appelé la Croix-Rouge à coopérer avec le Croissant-Rouge pour évacuer les civils bloqués dans la vieille ville de Homs », a indiqué une source au sein du ministère syrien des Affaires étrangères, citée par la télévision d’État. Selon cette source, les civils sont « utilisés comme boucliers humains par des groupes terroristes ».
Conseil de sécurité bloqué
Dans ce contexte, la Russie bloquait hier un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU demandant un accès humanitaire urgent à la ville. Le projet de déclaration demande au gouvernement syrien d’autoriser les organisations humanitaires à accéder librement à Homs et de laisser sortir les civils « pris au piège ». Il était initialement soumis à une « procédure de silence » jusqu’à mercredi à la mi-journée. Selon cette procédure, si aucun des 15 pays membres du Conseil n’a objecté à la fin du délai fixé, le texte est réputé adopté. La Russie, fidèle alliée du régime syrien, a d’abord demandé une extension du délai jusqu’à ce matin avant d’annoncer son intention de proposer des amendements au texte. Mais Moscou n’a pas fait jusqu’ici de contre-proposition, a indiqué un diplomate du Conseil, selon lequel les Russes « veulent montrer qu’il n’est pas possible de se mettre d’accord sur la Syrie ».
Lire aussi
Ali de Rabieh : Les menaces contre la Syrie peuvent toucher le Liban
M. Assad affirme que son régime sortira vainqueur de la guerre civile après avoir résisté pendant plus de deux ans aux rebelles. « Ils ont utilisé tous les moyens matériels, émotionnels et psychologiques disponibles. La seule option qu’il leur reste, c’est une intervention étrangère directe », a encore déclaré le président...


Khadafi va finir par l inviter à le rejoindre...ils seront amoureux l un de l autre!!
14 h 05, le 05 juillet 2013