Outre une opportunité de se diversifier, Kabel Deutschland représente aussi pour Vodafone la possibilité de disposer de son propre réseau, au lieu de le louer à d’autres comme il le fait actuellement. Fabrizio Bensch/Files/Reuters
Dix jours après la confirmation d’une approche préliminaire, Vodafone a mis cartes sur table : il propose pour chaque action 87 euros, dont 84,50 euros en liquide et 2,50 euros au titre du dividende de l’exercice 2012-2013. Au total, cela valorise l’ensemble de Kabel Deutschland à 7,7 milliards d’euros, ce qui satisfait le directoire et le conseil de surveillance de Kabel Deutschland. « Un rapprochement avec Vodafone est la promesse de bénéfices à long terme fortement attractifs pour les deux groupes, leurs clients, leurs employés et leurs actionnaires », estiment ainsi les responsables de Kabel Deutschland dans un communiqué. Les membres du directoire ont déjà donné leur accord pour apporter leurs actions à Vodafone.
On se dirige donc a priori vers une offre amicale, alors qu’une bataille financière semblait se dessiner. En effet, quelques jours après l’annonce d’une première avance de Vodafone, l’opérateur américain Liberty Global, propriété du milliardaire John Malone, avait annoncé à son tour une offre préliminaire sur l’allemand. Le montant n’était pas connu mais la presse évoquait une somme de 7,5 milliards d’euros, poussant donc Vodafone à faire mieux. « Kabel Deutschland et Vodafone vont idéalement l’un avec l’autre. Ensemble, ils ont l’opportunité de (...) créer pour le marché allemand un opérateur unique, combinaison gagnante des lignes fixes et communications mobiles », a mis en avant Adrian von Hammerstein, patron de Kabel Deutschland. Pour les analystes de la Société générale, une offre supérieure de Liberty Global n’est pas exclue, mais celle de Vodafone « pourrait être un déclencheur pour les actionnaires de Kabel Deutschland, vu que c’est une offre tout en cash et avec beaucoup moins d’incertitudes réglementaires ». En effet, Liberty Global, détenant déjà le numéro deux du câble en Allemagne, Unitymedia Kabel BW, risque de se heurter aux autorités de la concurrence.
Avec cette opération, qui permettrait à Vodafone, déjà présent dans le mobile en Allemagne, d’étendre ses activités à Internet et à la télévision, le britannique escompte 300 millions d’euros annuels de synergies, hors coûts de fusion.
Kabel Deutschland a vu son titre s’enchérir de presque 15 % depuis l’évocation des convoitises à son encontre, le 12 juin, et de 37 % par rapport à février, quand sont apparues les premières rumeurs de reprise. Avec 8,5 millions de foyers abonnés, 1,8 milliard d’euros de chiffre d’affaires et environ 862 millions d’euros de résultat brut d’exploitation (Ebitda), Kabel Deutschland est le premier opérateur de câble d’Allemagne, présent dans 13 Länder (États-régions) sur 16. Créé en 2003 de la réunion de plusieurs opérateurs régionaux, auparavant dans le giron de Deutsche Telekom jusqu’à la libéralisation du marché des télécoms, Kabel Deutschland domine le principal marché du câble en Europe. Or ce secteur séduit de plus en plus pour ses capacités de haut débit, à une époque où la consommation de télécoms se fait de plus en plus gourmande et les abonnements de plus en plus globaux (téléphone, Internet, télé, mobile).
Outre une opportunité de se diversifier, Kabel Deutschland représente aussi pour Vodafone la possibilité de disposer de son propre réseau, au lieu de le louer à d’autres comme il le fait actuellement.
Le rapprochement de Vodafone et de Kabel Deutschland donnerait naissance à un groupe de 11,5 milliards de revenus en Allemagne, avec 32,4 millions d’abonnés dans le mobile, 5 millions pour Internet et 7,6 millions de clients pour la télévision.
(Source : AFP)

