M. Hamdallah avait suspendu sa démission après un premier entretien vendredi soir, réclamant « des compétences claires et définies pour lui en tant que chef du gouvernement et pour ses vice-Premiers ministres conformément à la loi afin d’éviter les conflits et les empiètements sur les prérogatives » de chacun, selon un haut responsable. Il était encadré dans le gouvernement formé le 6 juin par deux vice-Premiers ministres, le député Ziad Abou Amr et Mohammad Moustapha, président du Fonds d’investissement de Palestine (FIP) et conseiller économique du président, en charge des questions économiques. « Ce qui a mis le feu aux poudres est le mandat donné à Mohammad Moustapha par le président Abbas pour signer des accords avec la Banque mondiale », alors que cela faisait partie des prérogatives de son prédécesseur Salam Fayyad, économiste plébiscité par la communauté internationale, a indiqué vendredi un proche de M. Hamdallah.
Cet épisode trahit le déclin de l’Autorité palestinienne, selon des commentateurs et responsables politiques. La démission de M. Hamdallah « traduit la profondeur de la véritable crise traversée par les institutions de l’Autorité en raison de l’existence de nombreux centres de pouvoir et de conflits de prérogatives », a estimé dans un communiqué le Hamas, au pouvoir à Gaza. « C’est la principale raison de la poursuite de la division et le blocage de la réconciliation a conduit à ce résultat prévisible », a assuré le Hamas, appelant à « appliquer toutes les clauses de l’accord du Caire, y compris la formation d’un gouvernement d’entente nationale ».
Dès sa nomination, M. Hamdallah avait dit vouloir s’effacer rapidement en faveur d’un gouvernement d’union nationale, en vertu des accords de réconciliation entre le Fateh de Mahmoud Abbas et le Hamas, qui gouvernent respectivement les zones autonomes de Cisjordanie et la bande de Gaza. Décrivant M. Hamdallah comme « solide et intègre », le quotidien panarabe el-Quds el-Arabi ne s’étonnait guère vendredi de sa démission, jugeant que « la jungle de la Mouqataa (siège de la présidence) à Ramallah ne permet pas à une personne ayant ces caractéristiques d’y subsister, au milieu des lions et des hyènes ». « M. Hamdallah n’était pas enthousiaste et n’a accepté le poste qu’à titre provisoire, la preuve en est qu’il n’a pas démissionné de la présidence de l’université » el-Najah de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, a souligné le politologue palestinien Abdelmajid Souilem après la remise de la lettre de démission jeudi soir.
(Source : AFP)

