M. Snowden, dont les États-Unis avaient réclamé en vain l’extradition à Hong Kong, s’est évaporé à l’arrivée à Moscou. Il n’était pas parmi les passagers qui ont passé le contrôle des passeports au terminal F de l’aéroport de Moscou-Cheremetievo. Plusieurs passagers ont affirmé avoir vu une voiture garée sur le tarmac à côté de l’avion, ce qui pourrait indiquer qu’il a quitté l’aéroport de cette manière. « Ils prenaient des bagages directement dans l’avion, cela semblait étrange », a dit un passager américain du vol. Des journalistes ont également vu une voiture diplomatique portant un drapeau équatorien devant le terminal, accompagnée d’un 4X4. Une source aéroportuaire citée par l’agence de presse russe Interfax a de son côté affirmé que l’Américain était resté dans la zone de transit. « Le passager Snowden est un passager en transit, son prochain vol est à destination de Cuba, il se trouve sur le territoire de l’aéroport », a indiqué cette source. Des sources russes ont affirmé que Snowden ne devrait passer qu’une nuit à Moscou, son nom figurant également sur le vol SU150 décollant lundi pour La Havane, puis sur un vol local La Havane-Caracas.
Le gouvernement de Hong Kong avait confirmé hier le départ de l’Américain, qui s’était réfugié dans le petit territoire autonome chinois le 20 mai dernier après avoir quitté son domicile de Hawaï. L’annonce du départ de Snowden pour Moscou, même pour un transit, a fait sensation, la Russie – dont les relations avec les États-Unis reprennent dernièrement des accents rappelant parfois l’époque de la guerre froide – ayant récemment indiqué qu’elle examinerait le cas échéant une demande d’asile politique du jeune Américain. Un porte-parole du gouvernement de Hong Kong a indiqué que les autorités locales n’avaient « pas obtenu d’informations pertinentes » justifiant l’arrestation de Snowden comme le demandaient les États-Unis où il encourt 30 ans de réclusion après avoir été inculpé d’espionnage. La justice américaine a annoncé dimanche avoir été informée par les autorités de Hong Kong du départ de Snowden pour un « pays tiers » et a indiqué qu’elle mènerait « la coopération policière adéquate » avec les autres pays où il pourrait se rendre.
L’Américain a multiplié les révélations depuis le 5 juin sur la collecte par l’Agence nationale de sécurité (NSA) de données téléphoniques aux États-Unis et des communications d’étrangers sur Internet. Hier à Hong Kong, le Sunday Morning Post a assuré en citant M. Snowden que la NSA interceptait notamment « des millions de SMS » envoyés sur les réseaux de mobiles chinois. Pékin a réagi avec virulence à ces dernières allégations, l’agence Chine Nouvelle qualifiant les États-Unis de « plus grand voyou de notre temps » en matière d’attaques informatiques. Auparavant, le quotidien britannique The Guardian a décrit un programme baptisé « Tempora », conduit par le centre britannique des écoutes (GCHQ), qui permettrait de recueillir des données Internet et téléphoniques transmises par des câbles à fibres optiques.
(Source : AFP)

