Les portes fermées d'un sanctuaire, après la crue du Gave de Pau, qui traverse Lourdes.AFP/PASCAL PAVANI
La réouverture des Sanctuaires de Lourdes dévastés par la crue du Gave de Pau, le torrent qui traverse ce haut lieu de pèlerinage catholique mondial, semble compromise pour la saison d'été, a-t-on appris jeudi auprès des Sanctuaires.
"Aujourd'hui que l'eau se retire, on découvre au fur et à mesure les dégâts", a déclaré le directeur de la communication des sanctuaires Mathias Terrier. "En toute honnêteté, objectivement, on est obligés de se poser la question" sur le fait de savoir si les Sanctuaires "pourront rouvrir cette saison", a-t-il déclaré. "La catastrophe matérielle est telle qu'on ne voit pas aujourd'hui comment on pourrait rouvrir dans des conditions acceptables, et dans les semaines à venir, on ne le voit pas non plus", a-t-il dit.
Jeudi matin, les lignes SNCF entre Pau, Tarbes et Lourdes restaient d'ailleurs coupées, les inondations ayant fragilisé les talus sur lesquels reposent les voies ferrées, de même que les poteaux et signalisations qui y sont installés.
Le Gave du Pau a connu mardi et mercredi une crue exceptionnelle, due à d'importantes précipitations sur le massif montagneux des Pyrénées et à un réchauffement des températures entraînant une fonte importante des neiges.
Cette montée des eaux a submergé sous 1,40 m d'eau la grotte de Lourdes où la tradition catholique situe des apparitions de la Vierge. De nombreux installations, magasins et hôtels ont été également inondés. Le Gave de Pau avait regagné son lit jeudi. Mais le domaine est en grande partie recouvert de boue et les deux principaux édifices religieux, l'église Sainte-Bernadette, d'une capacité de 5.000 personnes, et la basilique souterraine Saint Pie X, qui peut en abriter 25.000, sont dévastés.
Les Sanctuaires, déjà touchés par la crue du gave de Pau d'octobre 2012, accueillent chaque année plus de 6 millions de visiteurs. En juillet et août, au plus fort de la saison des pèlerinages, 20.000 à 40.000 personnes se rendent quotidiennement sur les 50 hectares du site.
La direction du site a lancé un nouvel appel aux dons pour faire face aux réparations, après avoir déjà fait appel à la générosité des croyants après des inondations d'octobre, qui avaient fait 1,3 million d'euros de dégâts.
Cette fois, les dégâts sont "colossaux" et devraient atteindre plusieurs millions d'euros, a dit à l'AFP l'économe diocésain en charge des Sanctuaires Thierry Castillo. "On a besoin de la solidarité de tous", a-t-il ajouté.

Dans le petit village de Saint-Béat (400 habitants), la Garonne s'est transformée en un gigantesque torrent aux eaux boueuses, emportant camping-car et véhicules sur son passage, l'eau atteignant jusqu'à 1m80 dans les rues. AFP /PASCAL PAVANI
Les violentes intempéries qui ont touché le sud-ouest de la France ont fait trois morts selon un dernier bilan. Une femme a été retrouvée noyée dans sa voiture jeudi matin dans les Landes, après que le véhicule a été emporté par une rivière en crue. Deux personnes avaient déjà trouvé la mort dans des circonstances similaires, bloquées dans leurs voitures, mardi et mercredi.
Les orages et les pluies de ces derniers jours ont provoqué d'importants dégâts dans une grande partie de la France. En Bourgogne (est), des vents violents ont touché les environs de Châtillon-sur-Seine (Côte d'Or) mercredi soir, détruisant entièrement plusieurs maisons.
Le président de la principale organisation agricole, la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé jeudi à plus de 500 millions d'euros les dégâts agricoles causés par les intempéries en France. "Il y a près de 300.000 hectares en France qui sont aujourd'hui, ou bien détruits, ou alors qui n'ont pas pu être sauvés", a-t-il déclaré sur Europe 1.
Quatre départements du Sud-Ouest restaient jeudi matin en vigilance orange pour les crues: Landes, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne et Pyrénées-Atlantiques. Les Pyrénées-Atlantiques ont été rétrogradées mercredi soir de vigilance rouge à orange. Météo-France a par contre placé en vigilance orange 23 départements d'un grand quart nord-est pour les orages. De fortes averses orageuses étaient attendues, sans toutefois d'impact prévisible sur les cours d'eau.
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"Aujourd'hui que l'eau se retire, on découvre au fur et à mesure les dégâts", a déclaré le directeur de la communication des sanctuaires Mathias Terrier. "En toute honnêteté, objectivement, on est obligés de se poser la question" sur le fait de savoir si les Sanctuaires "pourront rouvrir cette saison", a-t-il déclaré. "La catastrophe matérielle est telle qu'on ne voit pas aujourd'hui comment on pourrait rouvrir dans des conditions acceptables, et dans les semaines à venir, on ne le voit pas non plus", a-t-il dit.
Jeudi matin, les lignes SNCF entre Pau, Tarbes et Lourdes restaient...

