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Dans les coulisses de la diplomatie

Sleiman a chargé Plumbly d’un mémorandum sur les violations syriennes de la souveraineté libanaise

Le président Michel Sleiman a adressé hier au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, un mémorandum sur les violations syriennes de la souveraineté libanaise et a demandé qu’il soit porté à l’attention des membres du Conseil de sécurité. Les violations syriennes, récurrentes depuis quelques mois, avaient atteint leur apogée avec le bombardement de la place centrale d’Ersal, sur la frontière orientale du Liban, par un hélicoptère de combat syrien.

Ce mémorandum sera transmis dans les deux ou trois jours qui viennent au secrétariat de la Ligue arabe, peut-être dans les mêmes termes. « Il s’agit d’un mémorandum et non d’une plainte, insiste-t-on à Baabda. En le confiant à l’ONU, le Liban se réserve le droit, ultérieurement, de s’y référer, si nécessaire. »

Le chef de l’État a agi après avoir constaté que les voies diplomatiques libanaises étaient « bouchées », ayant vainement attendu que le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, qu’il avait chargé de cette mission, le 12 juin, s’exécute. Ce dernier s’était refusé à le faire, sous prétexte qu’il étudiait la nature de la plainte pour déterminer dans quelle mesure elle porterait atteinte à la Syrie, ajoutant que l’Armée syrienne libre (ALS) s’était rendue coupable de violations similaires.

Las d’attendre, le président Sleiman a donc convoqué Derek Plumbly, le représentant du secrétaire général au Liban, et lui a confié le mémorandum en personne.

Le chef de l’État a jugé qu’il était en droit de prendre cette initiative en vertu de l’article 49 de la Constitution, qui fait du président de la République le garant de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban. Toutefois, il a choisi M. Plumbly pour transmettre le mémoire plutôt que le représentant du Liban au Palais de Verre, Nawaf Salam, pour ne pas embarrasser ce dernier et pour que le lien avec
M. Ban Ki-moon soit direct.

La note libanaise signale toutes les violations de l’intégrité territoriale libanaise commises ces derniers mois, qu’elles proviennent de l’ALS, qui ne ménage pas certaines zones de Baalbeck et du Hermel, ou de l’armée régulière syrienne.
Il y a lieu de noter aussi que c’est la première fois qu’un chef de l’État ose se plaindre directement d’actes commis par le régime syrien auprès de l’ONU, alors que depuis 1976, c’est par milliers que les obus syriens se sont abattus, à intervalles réguliers, sur les villes et villages libanais, faisant plusieurs milliers de morts et de blessés.

Selon un diplomate libanais, la démarche du président Sleiman mettant à la disposition des membres du Conseil de sécurité un mémorandum officiel au sujet des violations syriennes est un précédent sur lequel l’ONU peut désormais compter et pouvant donner lieu à un suivi.

Pour la source citée, la démarche du chef de l’État est non seulement irréprochable, mais doit être considérée comme l’exercice d’un devoir constitutionnel, pour autant que quelqu’un, au Liban, continue de respecter les dispositions de la Constitution. Et ni les motifs invoqués par l’ALS pour riposter au Hezbollah ni les mielleuses explications de Walid Moallem, qui soutient que l’armée syrienne a tiré sur des rebelles ayant reflué vers le Liban, ne sauraient justifier, encore moins excuser, aux yeux du président, que le territoire libanais soit bombardé.

Le président Michel Sleiman a adressé hier au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, un mémorandum sur les violations syriennes de la souveraineté libanaise et a demandé qu’il soit porté à l’attention des membres du Conseil de sécurité. Les violations syriennes, récurrentes depuis quelques mois, avaient atteint leur apogée avec le bombardement de la place centrale...

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