L’inflammation causée par la polyarthrite rhumatoïde peut entraîner une déformation articulaire accompagnée d’une perte de la fonctionnalité.
« Il est primordial de sensibiliser l’opinion publique à cette maladie, pour éviter qu’un épisode comme le mien ne se reproduise et œuvrer pour l’intégration sociale des patients », lance ainsi Siham au cours d’une conférence sur la polyarthrite rhumatoïde (PR) et l’arthrite juvénile idiopathique systémique (AJIS), organisée par les laboratoires Roche, à l’occasion du mois national de sensibilisation à ces deux maladies.
« La majorité des gens croit à tort que l’arthrite est une maladie qui affecte uniquement les personnes âgées », avance le Dr Georges Merheb, président de la Société libanaise de rhumatologie et chef du département de rhumatologie à la faculté de médecine de l’Université Saint-Esprit de Kaslik et au CHU Notre-Dame des Secours à Jbeil. « Or l’arthrite est une maladie qui peut se déclarer à n’importe quel âge, poursuit-il. L’arthrite est en fait un terme générique qui désigne plus de cent maladies articulaires pouvant affecter l’ensemble de l’organisme, y compris les organes principaux. Les types d’arthrite les plus courants sont l’ostéoarthrite ou l’arthrose – un syndrome douloureux, courant chez les personnes âgées, le cartilage étant détruit à cause de l’usure –, et la polyarthrite rhumatoïde, causée par un dysfonctionnement du système auto-immun. »
Soulignant que la polyarthrite rhumatoïde peut se déclarer à n’importe quel âge, le Dr Merheb affirme que la maladie « peut devenir très invalidante si elle n’est pas traitée ». « La polyarthrite rhumatoïde touche des millions de personnes dans le monde, tout âge confondu, insiste-t-il encore. Les campagnes de sensibilisation demeurent donc essentielles pour faire connaître la maladie, d’une part, comme pour souligner l’importance du dépistage précoce, parce qu’il est important de commencer le traitement tôt pour avoir les meilleurs résultats. Il est également important que les patients soient référés aux spécialistes dès les premiers symptômes. » Ceux-ci englobent notamment une douleur dans les articulations, une rougeur ou une enflure au niveau des articulations qui persiste plus de trois semaines, ainsi qu’une raideur matinale qui peut persister tout au long de la journée.
Des causes inconnues
La polyarthrite rhumatoïde « est une maladie auto-immune systémique et progressive caractérisée par une inflammation de la membrane qui tapisse les articulations de l’organisme, notamment les petites articulations, c’est-à-dire celles des pieds et des mains », explique pour sa part le Dr Imad Uthman, chef du département de rhumatologie à la faculté de médecine
et au Centre médical de l’Université américaine de Beyrouth.
Les maladies auto-immunes systémiques sont dues à « une hyperactivité du système immunitaire qui attaque les organes, tissus ou substances normalement présents dans l’organisme, au lieu de les protéger », ajoute-t-il.
Insistant à son tour sur l’importance du traitement précoce pour « arrêter l’évolution de la maladie, qui peut entraîner une érosion et une destruction irréversible des articulations », le Dr Uthman indique que « jusqu’à présent, de nombreux mois passent dès la première apparition des symptômes avant qu’un diagnostic ne soit établi ». « Or le retard de l’intervention médicale pourrait avoir des conséquences énormes et graves sur le patient », constate-t-il.
La polyarthrite rhumatoïde s’installe graduellement sur plusieurs semaines, même plusieurs mois. Souvent, elle se manifeste d’une manière symétrique, affectant les mêmes articulations des deux côtés du corps. L’inflammation causée par cette maladie peut entraîner une déformation articulaire accompagnée d’une perte de la fonctionnalité. « Le patient connaît des périodes de poussées et de rémission », note le Dr Uthman. Et de préciser que les causes de la PR restent encore inconnues. « On suspecte toutefois certaines infections, ainsi que certains facteurs génétiques ou environnementaux, le tabagisme à titre d’exemple », ajoute-t-il. Et de conclure en affirmant que les traitements ciblés permettent de mieux contrôler la maladie.
Chez les enfants
L’incidence de la polyarthrite rhumatoïde augmente avec l’âge, la maladie commence généralement à s’installer entre l’âge de 40 et de 50 ans. Toutefois, les spécialistes rencontrent des formes juvéniles de la maladie. Elle touche près de 300 000 enfants âgés de moins de 16 ans dans le monde. Le Dr Nelly Ziadé, rhumatologue à l’Hôtel-Dieu de France, explique que « dans sa forme la plus sévère, l’arthrite juvénile peut confiner le patient à un fauteuil roulant ».
L’arthrite juvénile est caractérisée notamment par une fièvre, une éruption cutanée, une anémie, une hépatomégalie (augmentation de la taille du foie) et/ou une splénomégalie (augmentation du volume de la rate), comme par une inflammation de la membrane entourant le cœur et/ou les poumons.
« Les traitements dont nous disposons permettent de freiner la progression de la maladie, la ramenant à un état de rémission, fait remarquer le Dr Ziadé. Pour cela, il est important de diagnostiquer la maladie à un stade précoce. »


ET LA POLYARTHRITE, MÉLANGÉE DE CONSTIPATION OU DE DIARRHÉE, CÉRÉBRALE ET QUI AFFECTE NOS ÉTOILÉS... ELLE N'A SÛREMENT PAS DE TRAITEMENT AUSSI !
18 h 08, le 19 juin 2013