La dégradation de la situation politico-sécuritaire depuis des mois a sonné le glas du secteur touristique.
« Les Libanais, toutes confessions confondues, attendent la formation rapide d’un gouvernement et une prise de conscience de la part des hommes politiques de la dangerosité de la situation », a indiqué M. Bassil dans un entretien accordé à l’agence al-Markaziya. Il a appelé le chef de l’État, Michel Sleiman, à intervenir dans l’objectif d’accélérer le processus de formation d’un gouvernement « qui puisse dépasser les divisions politiques et prendre les décisions nécessaires pour sauver ce qui reste des institutions ». En d’autres termes, M. Bassil a plaidé pour un « gouvernement apolitique, composé de bureaucrates qui œuvrent pour l’intérêt commun ». Selon lui, « si l’appel du BIEL ne trouve pas l’écho voulu, alors il n’y a plus de doutes, nos responsables politiques ne comprennent pas l’arabe car il ne s’agit pas là des intérêts d’un seul secteur mais c’est l’avenir de toute la population qui est en jeu ».
Même son de cloche du côté du président des organismes économiques qui a accusé la classe politique d’être à l’origine de tous les déboires économiques, politiques et sécuritaires que connaît le pays depuis plusieurs mois. Il a appelé à nouveau les responsables de tous les partis à respecter « la déclaration de Baabda » qui stipule la distanciation du Liban à l’égard des crises régionales, notamment syrienne. « La surenchère confessionnelle est en train de mener le pays à la faillite, à la lumière de ce que vivent les autres pays de la région », a-t-il déclaré. M. Kassar a appelé les « sages » de toutes les confessions à émettre des directives claires d’apaisement et de réconciliation ainsi qu’à la tenue d’un dialogue islamo-chrétien. Le président des organismes économiques est également revenu sur les dernières décisions des pays du Golfe qui menacent les intérêts de certains Libanais sur leurs terres. « Ne laissons pas nos divisions internes influer négativement sur nos intérêts économiques à l’étranger », a-t-il ajouté.
Le secteur bancaire épargné ?
« Le secteur bancaire reste pour l’instant à l’abri des divisions politiques et de la situation sécuritaire », a pour sa part assuré François Bassil. « Les liquidités sont présentes en quantités élevées mais elles restent sans grande utilité puisque les investissements sont quasi inexistants », a-t-il ajouté. Cette situation pourra conduire, selon lui, à des pertes importantes dans le secteur bancaire. « Pour éviter ce scénario, il faudrait utiliser ces liquidités pour acheter des bons du Trésor afin de résorber la dette », a déclaré l’ancien président de l’ABL. Il a par ailleurs nié les rumeurs sur les possibles fuites de capitaux du Liban vers l’étranger, mais a reconnu « une paralysie de l’activité économique et les craintes des citoyens quant à leur avenir et leurs économies ».


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