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Moyen Orient et Monde - Présidentielle

Appels aux désistements chez les conservateurs iraniens

Le réformateur Hassan Rohani a vu ses chances augmenter après le retrait de Mohammad Reza Aref.
Les appels aux désistements se multipliaient dans le camp conservateur en Iran hier, dernier jour de campagne pour l’élection présidentielle de demain, afin de barrer la route à Hassan Rohani, unique candidat des réformateurs et des modérés. La campagne officielle prend fin ce matin et les opérations de vote commenceront demain à 08h00 (03h30 GMT) pour les quelque 50,5 millions d’électeurs.
Côté conservateurs donc, les appels se sont multipliés hier pour demander aux quatre candidats de cette tendance toujours en lice de se désister en faveur du mieux placé. Mohammad Bagher Ghalibaf et Saïd Jalili tiennent la corde, selon les médias. M. Jalili, soutenu par l’aile dure du régime, prône la « résistance » face aux grandes puissances. « On attend désormais des candidats conservateurs qu’ils (...) choisissent l’un d’entre eux », écrit Hossein Shariatmadari, directeur du quotidien ultra-conservateur Kayhan. Selon les médias, les appels seraient notamment adressés à l’ex-chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati. Mohammad Bagher Ghalibaf, Ali Jalili et Ali Akbar Velayati tenaient dans l’après-midi leur dernière réunion de campagne à Téhéran. En coulisses, les tractations allaient bon train pour convaincre l’un d’eux d’abandonner la course. « Des consultations sont actuellement menées par des responsables conservateurs », a déclaré Habibollah Asgharolladi, secrétaire général du Front des partisans de la ligne de l’imam et du guide, qui rassemble de nombreux groupes politiques. Selon l’un des rares sondages rendu public et réalisé par l’agence Mehr auprès de 10 000 personnes, M. Ghalibaf mène la course avec 17,8 % devant M. Rohani (14,6 %), suivi de M. Jalili (9,8 %). Il y a 30 % d’indécis alors que la participation devrait atteindre 77 %.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a pour sa part demandé de nouveau aux Iraniens de voter en masse. Cela « va décourager les ennemis qui vont réduire la pression (des sanctions) et choisir une autre voie », a-t-il affirmé, en référence à la série de sanctions internationales imposées à l’Iran en raison de son programme nucléaire.

Les réformateurs unifiés ?
Les camps modéré et réformateur partent, eux, unis derrière Hassan Rohani, après le retrait mardi du réformateur Mohammad Reza Aref. L’appel des ex-présidents Akbar Hachémi Rafsandjani (modéré) et Mohammad Khatami (réformateur) en sa faveur ont renforcé ses chances. Certains conservateurs évoquent déjà un second tour avec M. Rohani. « Je demande à tout le monde, en particulier les réformateurs et (...) à tous ceux qui veulent la grandeur de notre nation » de voter pour M. Rohani, a indiqué M. Khatami dans un message. M. Rafsandjani, un pilier du régime écarté de la course présidentielle, a affirmé qu’il le considérait comme « le plus qualifié pour diriger l’exécutif ». Le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de superviser les élections iraniennes, a d’ailleurs rejeté hier les accusations de M. Rafsandjani qui avait estimé la veille que sa candidature pour le scrutin avait été invalidée sous l’influence d’un « responsable de la sécurité ».
En l’absence de grands rassemblements publics, interdits par les autorités, les réformateurs mobilisent leurs troupes par des SMS appelant à voter Rohani. Cette unité ne pourrait être cependant qu’une façade, explique l’analyste conservateur Mehdi Fazayeli. La manière dont M. Aref a annoncé son retrait – pas de mention de M. Rohani, pas d’appel à voter en sa faveur – montre qu’« il existe un fossé entre M. Aref et une grande partie des réformateurs », estime-t-il. Hassan Rohani, un religieux modéré de 64 ans qui a été négociateur dans le dossier nucléaire sous la présidence de M. Khatami, prône une politique de souplesse dans les négociations avec les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.
Le président est le deuxième personnage de l’État, selon la Constitution, mais les dossiers stratégiques, comme le nucléaire, sont sous l’autorité directe du guide. Il y a quatre ans, l’espoir d’une victoire des réformateurs avait été douché par la réélection de M. Ahmadinejad. Les deux candidats malheureux, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, avaient dénoncé des fraudes massives et appelé leurs partisans à manifester. La contestation avait été sévèrement réprimée et les deux dirigeants réformateurs sont en résidence surveillée depuis 2011.
(Sources : agences)
Les appels aux désistements se multipliaient dans le camp conservateur en Iran hier, dernier jour de campagne pour l’élection présidentielle de demain, afin de barrer la route à Hassan Rohani, unique candidat des réformateurs et des modérés. La campagne officielle prend fin ce matin et les opérations de vote commenceront demain à 08h00 (03h30 GMT) pour les quelque 50,5 millions d’électeurs.Côté conservateurs donc, les appels se sont multipliés hier pour demander aux quatre candidats de cette tendance toujours en lice de se désister en faveur du mieux placé. Mohammad Bagher Ghalibaf et Saïd Jalili tiennent la corde, selon les médias. M. Jalili, soutenu par l’aile dure du régime, prône la « résistance » face aux grandes puissances. « On attend désormais des candidats conservateurs qu’ils (...) choisissent...
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