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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Iranienne

La campagne descend enfin dans la rue

Une supportrice du candidat conservateur Mohsen Rezai, ancien chef des gardiens de la révolution, porte un portrait de ce dernier lors d’un meeting électoral hier. Atta Kenare/AFP

Planté à un coin de la rue Vali-Asr, au centre de Téhéran, Armin encourage les passants à voter pour le réformateur Mohammad Reza Aref : à quelques jours de la présidentielle iranienne, la campagne descend enfin dans la rue. « Je ne veux pas d’un président à la vie simple, d’un président qui se nourrit de pain et de fromage et qui veut la même chose pour moi », affirme le jeune homme, moquant les slogans de campagne du candidat conservateur Saïd Jalili, l’un des favoris du scrutin de vendredi. « Je veux un président qui mange des pizzas et qui veut améliorer l’économie », reprend le trentenaire.
Face à Armin, Mahdi Sadghiani répond en agitant un grand poster de M. Jalili avec le slogan « Jalili, la plus forte réponse aux sanctions ». Âgé de 22 ans, cet étudiant ingénieur assure que l’Iran « n’a pas besoin de dépendre des autres pays. Jalili a ravivé le message de la révolution » islamique de 1979. « Il est indépendant, et si Dieu le veut, il n’obéira jamais aux demandes de l’ennemi », renchérit Milad Rahmani, également âgé de 22 ans, qui s’est joint à la conversation. Dans son jean taille basse, il affirme qu’avec Jalili au pouvoir, l’Iran surmontera les difficultés grâce à la « résistance », un autre slogan de campagne du candidat.
Cette discussion en petit groupe est l’un des rares signes de la campagne électorale dans les rues de la capitale. En juin 2009, la ville bruissait chaque jour de débats passionnés entre les partisans de M. Ahmadinejad et des deux réformateurs, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi. La rue s’était enflammée quand M. Ahmadinejad avait été déclaré vainqueur au soir du premier tour, alors que ses concurrents dénonçaient des fraudes massives. Les manifestations avaient été sévèrement réprimées. Cette année, la campagne s’est bornée à trois débats télévisés entre les huit prétendants, et aucun candidat de poids ne porte le flambeau des réformateurs ou des modérés. Les réformateurs se sont retournés vers M. Aref, mais leurs votes pourraient aussi aller vers le religieux modéré Hassan Rohani.
Rue Vali-Asr, Ramin, 23 ans, porte un t-shirt à l’effigie de M. Aref, ancien premier vice-président du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005). « Nous devrions voter pour un gouvernement réformateur pour sauver notre économie en miettes », affirme-t-il. « Et seul ce genre de gouvernement nous donnera la liberté d’expression. » À côté de lui, Meyssam, un ingénieur en électricité de 27 ans, dit espérer une alliance entre MM. Aref et Rohani pour accroître les chances du camp modéré et être au second tour. « Il faut convaincre les gens d’aller voter, dit-il. Cela ne sert à rien de boycotter l’élection, cela nous ramènerait à la situation actuelle. »
Les sanctions ont plongé le pays dans une crise économique et isolé l’Iran sur la scène internationale. Mais pour Amir, un employé de 36 ans et ancien membre du Bassidj, peu importe le prochain président, il « devra redevenir l’ami du reste du monde ». « Les gens veulent l’énergie nucléaire, mais à quel prix ? » lance-t-il à la ronde, brandissant une boîte vide de médicaments pour traiter le cancer du sein, qu’il est de plus en plus difficile de se procurer, comme les autres produits d’importation, en conséquence indirecte des sanctions.
Par ailleurs, l’un des cinq candidats conservateurs à la présidentielle, Gholam-Ali Hadad-Adel, a annoncé hier son retrait de la course, a rapporté la télévision d’État. « J’annonce mon retrait de la course présidentielle pour favoriser la victoire des conservateurs », a-t-il ainsi déclaré dans un communiqué lu à la télévision. « J’espère que les autres candidats conservateurs feront également leur devoir pour assurer la victoire des conservateurs au premier tour ou permettre la présence de deux conservateurs en cas de second tour », a-t-il ajouté. L’ancien président du Parlement est un proche du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, mais il ne faisait pas partie des favoris.
(Sources : agences)
Planté à un coin de la rue Vali-Asr, au centre de Téhéran, Armin encourage les passants à voter pour le réformateur Mohammad Reza Aref : à quelques jours de la présidentielle iranienne, la campagne descend enfin dans la rue. « Je ne veux pas d’un président à la vie simple, d’un président qui se nourrit de pain et de fromage et qui veut la même chose pour moi », affirme le jeune homme, moquant les slogans de campagne du candidat conservateur Saïd Jalili, l’un des favoris du scrutin de vendredi. « Je veux un président qui mange des pizzas et qui veut améliorer l’économie », reprend le trentenaire.Face à Armin, Mahdi Sadghiani répond en agitant un grand poster de M. Jalili avec le slogan « Jalili, la plus forte réponse aux sanctions ». Âgé de 22 ans, cet étudiant ingénieur assure que l’Iran...
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