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Liban - L’Éclairage

Le cabinet Tammam Salam n’a plus pour mission les législatives

Seul Michel Aoun s’obstine à refuser la prorogation du mandat parlementaire. Tous les autres partis du 8 et du 14 Mars se sont en effet entendus sur la nécessité de reporter les élections législatives, quitte à ce que la séance plénière de demain décide finalement de la durée du report, après le désaccord entre les deux partis chiites d’un côté, et les partis du 14 Mars de l’autre à ce sujet. Soutenue par Walid Joumblatt, la proposition de proroger le mandat parlementaire pour une durée de deux ans a été défendue par Amal et le Hezbollah, alors que le courant du Futur a manifesté sa préférence pour un report technique de six mois. Cette dernière proposition a fait l’unanimité auprès des chrétiens du 14 Mars, de Bkerké et même du président Sleiman, méfiant dès le départ face à toute entorse à la Constitution.


Il se pourrait pourtant qu’un report pour une durée de 15 mois soit finalement adopté, pour éviter que l’échéance présidentielle ne coïncide avec l’échéance législative, ou que les législatives ne soient organisées en hiver, ou que la durée de prorogation soit trop longue et qu’un recours en invalidation soit présenté auprès du Conseil constitutionnel. Finalement, l’affaire a été laissée pour la séance plénière de vendredi, afin que le vote des députés tranche la question.
Par ailleurs, les concertations des deux dernières semaines pour décider du report ont aussi tenté de trouver une formule logique et acceptable pour justifier une telle mesure. Pour le courant du Futur, il n’y a pas matière à trop se creuser la tête. On dira que les tensions sur le plan de la sécurité constituent un cas de force majeure et ont fini par avoir raison des élections, surtout que les messages véhiculés par les « roquettes électorales », les tensions à Tripoli et à Saïda, les prises de positions de Rifaat Eid et le discours-dynamite de Hassan Nasrallah n’ont fait qu’empirer les choses. L’on dira aussi que les différentes parties libanaises ont échoué dans leur mission visant à s’entendre sur une nouvelle loi électorale consensuelle et qu’il est pratiquement impossible d’organiser des élections en moins de trois semaines. Basta.

 

(Lire aussi : Le nombre de candidates aux législatives a presque quadruplé par rapport à 2009)


Pour en revenir au général Aoun, toutes les tentatives du mouvement Amal et du Hezbollah de le convaincre d’approuver la prorogation du mandat parlementaire ont échoué. Les deux partis chiites ont eu beau promettre au chef du CPL que la prorogation n’englobera     pas les mandats du président de la République et du commandant en chef de l’armée, et que ses souhaits seront respectés quand viendra le moment de former le cabinet, rien n’y a fait.
De leur côté, les milieux du courant du Futur refusent de lier le dossier gouvernemental au bazar de la prorogation parlementaire, estimant que le Premier ministre désigné Tammam Salam poursuivra ses efforts pour former un cabinet, une fois la séance plénière de vendredi terminée. En effet, il n’est pas normal que le Premier ministre reste l’otage des surenchères politiques ni qu’il préside un cabinet qui lui est imposé. Nagib Mikati a déjà trop souffert de ce genre de problèmes et il en souffre encore. Dans son cabinet d’expédition des affaires courantes, les ministres sortants lui font la sourde oreille et violent toutes les règles en prenant des décisions qui ne sont plus du ressort de ministres « démissionnaires ». C’est dans ce sens que Nagib Mikati – et Tammam Salam – sont pressés de fermer le dossier gouvernemental, surtout qu’il est nécessaire de frapper d’une main de fer tous ceux qui portent atteinte à la souveraineté libanaise aux frontières libano-syriennes.


Ainsi, il semblerait que M. Salam se soit encore adonné à sa tâche à Mousseitbé avec la même vigueur, même si de nouvelles données viennent s’ajouter au jeu déjà complexe de trouver une formule gouvernementale. Aujourd’hui, le cabinet Salam n’aura plus à superviser des législatives et peut donc revêtir une identité politique en recrutant candidats et partisans. Pourtant, Tammam Salam reste attaché à ses principes de ne pas ramener d’anciennes figures ministérielles, ni de recruter des ministres qui peuvent susciter des conflits, ni de conférer le tiers de blocage à l’une des composantes du cabinet. Attaché à la déclaration de Baabda, la politique de distanciation et la répartition équitable des portefeuilles ministériels, Tammam Salam refuse en outre la formule « armée-peuple-résistance », quitte à consacrer un article relatif à la Résistance dans la déclaration ministérielle. Le Premier ministre désigné a déjà averti les forces du 8 Mars de cette idée, notamment Hussein Khalil, assistant de Hassan Nasrallah, estimant qu’il est important d’assurer le soutien populaire à la Résistance et de ne pas se limiter au soutien verbal. Hassan Nasrallah sera-t-il du même avis ?

 

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Seul Michel Aoun s’obstine à refuser la prorogation du mandat parlementaire. Tous les autres partis du 8 et du 14 Mars se sont en effet entendus sur la nécessité de reporter les élections législatives, quitte à ce que la séance plénière de demain décide finalement de la durée du report, après le désaccord entre les deux partis chiites d’un côté, et les partis du 14 Mars de l’autre à ce sujet. Soutenue par Walid Joumblatt, la proposition de proroger le mandat parlementaire pour une durée de deux ans a été défendue par Amal et le Hezbollah, alors que le courant du Futur a manifesté sa préférence pour un report technique de six mois. Cette dernière proposition a fait l’unanimité auprès des chrétiens du 14 Mars, de Bkerké et même du président Sleiman, méfiant dès le départ face à toute entorse à la...
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Comme c'est Comique !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

11 h 17, le 30 mai 2013

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Commentaires (4)

  • Comme c'est Comique !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 17, le 30 mai 2013

  • DU CABINET SALAM AU CABINET SALAM 3ALÉKOM !

    SAKR LOUBNAN

    10 h 48, le 30 mai 2013

  • Non seulement on parle d'un cabinet qui n'est même pas formé, mais on supprime de son agenda virtuel le seul sujet qu'il devrait traiter. C'est sûr que sans les législatives, cet ex-futur ou futur-ex cabinet n'a plus de raison d'être urgente puisqu'ils ont tous obtenu ce qu'ils voulaient : pas d'élections, et on laisse le Hezbollah enfoncer le pays dans les ténèbres.

    Robert Malek

    09 h 24, le 30 mai 2013

  • Tamâm yâ Salâm ! Yâ Salam yâ Tammam....

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    03 h 06, le 30 mai 2013

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