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Liban - La Situation

Forcing de dernière minute pour un accord sur la prorogation de la législature

Baroud d'honneur pour les législatives, hier, en Conseil des ministres, avant leur enterrement à la Chambre. Photo Dalati et Nohra

D’intenses efforts étaient entrepris hier soir pour parvenir à un accord général sur une prorogation de longue durée de la législature en place, en dépit de l’hostilité affichée du président de la République à cet expédient.


En milieu de journée, les composantes du 14 Mars se disaient toujours réticentes à l’idée d’une prorogation qui dépasserait le cadre purement « technique » et serait supérieure à quatre mois, comme le souhaitaient le tandem chiite Amal-Hezbollah, mais aussi le PSP de Walid Joumblatt.


Il semble toutefois que les démarches entreprises par le président de la Chambre, Nabih Berry, et par M. Joumblatt lui-même, soient parvenues ultérieurement à un assouplissement de la position du courant du Futur et de ses alliés chrétiens, sans qu’il n’y ait toutefois d’annonce officielle de la part du 14 Mars à ce sujet.


Il restait encore à persuader le chef du CPL, le général Michel Aoun. Les « deux Khalil » (Hussein pour le Hezbollah et Ali Hassan pour Amal), éternels négociateurs du tandem, s’y employaient en soirée à Rabieh. De sources proches du bloc du Changement et de la Réforme, on affirmait toutefois qu’il y avait peu de chances que le général Aoun change d’avis sur ce point et que son bloc voterait contre la proposition présentée par le député et ministre sortant Nicolas Fattouche, aux termes de laquelle la législature s’octroierait une prorogation « exceptionnelle » allant d’un an et demi à deux ans.


Ces développements sont intervenus quelques heures après que le Conseil des ministres (démissionnaire) se fut réuni pour avaliser un certain nombre de points relatifs à la mise en œuvre de la loi de 1960 en vigueur et au déroulement concret des élections, dans ce qui ressemble à une tentative visant à suggérer le respect des formes.
Mais, à l’instar justement du ministre Fattouche, qui riait sous cape durant cette réunion pour souligner son inutilité, il sera très difficile d’ôter, auprès de l’opinion publique, l’image de clou d’une interminable mascarade que cette réunion du gouvernement a revêtue. D’abord, du fait qu’elle s’est déroulée alors même que les démarches en vue d’un ralliement général à la prorogation de longue durée s’intensifiaient ; ensuite, à cause du comportement des ministres aounistes, dont le soudain empressement à « ressusciter » la loi de 1960, qu’ils avaient maintes fois « enterrée », a de quoi rendre perplexe.

 

(Repères : Loi électorale, délais, scrutin... Quelques repères pour tenter d'y voir plus clair)


La situation se présente donc comme suit : d’un côté, une classe politique qui se laisse dans son ensemble entraîner, impuissante, derrière un parti-État qui, par son comportement, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, continue de nier toute perspective de « normalisation » à l’État libanais ; et, de l’autre, un leader populiste qui n’en finit pas d’enchaîner surenchères et fanfaronnades à seule fin de démontrer que pour ce qui est de la défense des droits des chrétiens, il lave plus blanc que tous les autres.


L’un de ceux qui lui contestent cette démonstration, le président de la République, Michel Sleiman, restait lui aussi jusqu’à hier soir farouchement opposé à une prorogation de la législature qui irait au-delà de six mois au maximum. À plusieurs reprises, M. Sleiman a fait savoir qu’il présenterait un recours en invalidation contre toute loi de prorogation allant au-delà de cette limite. Hier soir, dans les milieux centristes, on assurait que le président, qui avait de son côté entrepris plusieurs démarches au cours de la journée et avait notamment reçu le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, demeurait dans le même état d’esprit. Toutefois, on commençait à envisager la possibilité d’un assouplissement de Baabda sur la question dans le cas où l’ensemble des blocs parlementaires annonceraient à l’unisson au président leur volonté d’une prorogation de plus longue durée.

 

(Notre dossier : Les électeurs libanais ont la parole)


D’autre part, ces mêmes sources assurent que le chef de l’État n’envisage aucunement une prorogation de son propre mandat, qui arrive à expiration dans un an, parallèlement à celui de la législature. Il n’accepterait qu’un renouvellement dans le cadre d’un réaménagement global des prérogatives de la présidence, qu’il appelle de ses vœux. Cela comprendrait notamment le rétablissement de la prérogative présidentielle de dissolution de la Chambre, mais aussi la possibilité d’introduire le renouvellement – une seule fois – de chaque mandat présidentiel, qui pourrait être réduit à un quinquennat.


Mais on voit mal comment un chantier institutionnel, comme le réclame essentiellement Hassan Nasrallah, pourrait voir le jour de sitôt, aussi longtemps que l’un des protagonistes sera lourdement armé et les autres pas.
Dans l’intervalle, comment ne pas donner raison au juriste Hassan Rifaï qui faisait remarquer hier qu’étant donné « la multiplication, dernièrement, des Constitutions au Liban », il avait « oublié » toutes ses connaissances dans ce domaine et s’était recyclé dans l’immobilier...

 

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D’intenses efforts étaient entrepris hier soir pour parvenir à un accord général sur une prorogation de longue durée de la législature en place, en dépit de l’hostilité affichée du président de la République à cet expédient.
En milieu de journée, les composantes du 14 Mars se disaient toujours réticentes à l’idée d’une prorogation qui dépasserait le cadre purement « technique » et serait supérieure à quatre mois, comme le souhaitaient le tandem chiite Amal-Hezbollah, mais aussi le PSP de Walid Joumblatt.
Il semble toutefois que les démarches entreprises par le président de la Chambre, Nabih Berry, et par M. Joumblatt lui-même, soient parvenues ultérieurement à un assouplissement de la position du courant du Futur et de ses alliés chrétiens, sans qu’il n’y ait toutefois d’annonce officielle de...
commentaires (4)

C'est vrai ?

Antoine-Serge KARAMAOUN

16 h 11, le 28 mai 2013

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Commentaires (4)

  • C'est vrai ?

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    16 h 11, le 28 mai 2013

  • HIER C'ETAIT POUR LE 16 JUIN. AUJOURD'HUI C'EST DE NOUVEAU LE REPORT ! DEMAIN... QUI SAIT ?

    SAKR LOUBNAN

    12 h 26, le 28 mai 2013

  • Un gouvernement dans l’ombre , pour un pays ou tout devient flou et incompréhensible. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 40, le 28 mai 2013

  • Je ne suis plus à quel saint m'adresser pour prier afin que cette mascarade finisse taber...cris...cali... Elias W. Chalhoub Chalhoub Elias

    Chalhoub Elias

    04 h 23, le 28 mai 2013

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