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Le prix Mohammad el-Fasi 2013 au Pr André Mégarbané

Le Pr André Mégarbané, directeur de l’Unité de génétique médicale à l’USJ, est le récipiendaire du prix Mohammad el-Fasi 2013. Le prix, remis par l’AUF, couronne l’ensemble de l’œuvre d’une personnalité scientifique marquante des réseaux de la francophonie dont l’action scientifique et de recherche a exercé une large influence à l’échelle internationale. Entretien.

La remise du prix Mohammad el-Fasi s’est déroulée en marge de la 16e assemblée générale de l’AUF qui s’est tenue à São Paulo (Brésil) du 7 au 9 mai. Le Pr Mégarbané a reçu un trophée et une dotation de 15 000 euros.

Question – Parlez-nous de l’unité de recherche que vous dirigez à l’USJ.
Réponse – C’est en 1994 que j’ai créé l’Unité de génétique médicale (UGM) que je dirige depuis cette date. Nous sommes actuellement 15 membres qui orientons nos activités dans quatre directions: la consultation de génétique – le diagnostic clinique, le conseil génétique, le suivi des malades; la biologie moléculaire – analyse de la structure particulièrement favorable des familles libanaises pour explorer les mécanismes génétiques responsables de maladies héréditaires et études d’empreintes génétiques; la cytogénétique constitutionnelle et hématologique et le dépistage néonatal de cinquante maladies
métaboliques.

Sur quoi se basent vos recherches ?
Elles se basent sur tout ce qui est maladie génétique: malformations osseuses, déficience intellectuelle, maladies neurologiques, maladies ophtalmiques... Certaines maladies sont plus présentes dans nos régions qu’ailleurs, notamment à cause des mariages consanguins.
En dix ans, nous avons pu localiser et cloner près de 25 gènes. La plupart de ces études ont été possibles grâce à des collaborations avec des équipes étrangères françaises ou autres.

Où en est la recherche en génétique au Liban ?
La génétique n’est pas considérée au Liban comme une priorité nationale, bien que relier les maladies génétiques à leurs causes revient à élargir les options diagnostiques et préventives dans le traitement des maladies d’une manière plus précise, plus personnalisée et plus efficace. Le plus gros obstacle à la recherche en génétique chez nous est le manque de budget. Les recherches sont de plus en plus coûteuses et les budgets de plus en plus restreints. Le coût d’un travail en recherche d’un ou de deux ans s’élève atteint 150000 euros. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) aide les chercheurs, en général, lorsqu’on les sollicite pour un projet. Mais les fonds de l’État ne suffisent plus. On doit alors faire appel à des collaborations extérieures. Malheureusement, on est souvent contraint d’abandonner nos recherches faute de moyens, et ce sont les grosses équipes qui poursuivent le travail. Cette situation entraîne la fuite de nos jeunes vers des pays plus développés en matière de recherche.

Vos recherches et les résultats obtenus sont-ils reconnus sur la scène internationale ?
Absolument. Notre laboratoire a publié plus de deux cents articles répertoriés dans les bases de données internationales et qui sont pris en exemple. Ces travaux nous ont permis de nous positionner comme laboratoire de référence au Moyen-Orient et dans le monde arabe pour certaines pathologies et d’obtenir le label « Pôle d’excellence régional » en formation et en recherche, délivré par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF).

Vos futurs projets ?
Nous allons continuer de travailler sur les maladies génétiques appelées maladies orphelines parce qu’elles sont très rares. Nous allons nous lancer dans des actions plus thérapeutiques et trouver ce qui peut aider à l’amélioration de ces conditions. Heureusement, la technologie a beaucoup évolué, ce qui va nous permettre de détecter plus rapidement de nouveaux gènes.

Propos recueillis par
Lamia SFEIR DAROUNI
Question – Parlez-nous de l’unité de recherche que vous dirigez à l’USJ.Réponse – C’est en 1994 que j’ai créé l’Unité de génétique médicale (UGM) que je dirige depuis cette date. Nous sommes actuellement 15 membres qui orientons nos activités dans quatre directions: la consultation de génétique – le diagnostic clinique, le conseil génétique, le suivi des malades; la biologie moléculaire – analyse de la structure particulièrement favorable des familles libanaises pour explorer les mécanismes génétiques responsables de maladies héréditaires et études d’empreintes génétiques; la cytogénétique constitutionnelle et hématologique et le dépistage néonatal de cinquante maladies métaboliques. Sur quoi se basent vos recherches ? Elles se basent sur tout ce qui est maladie génétique: malformations...
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