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Nos lecteurs ont la parole

Dans les coulisses de nos pensées

Jinane Chaker-Sultani MILELLI
Comme d’habitude, un cliché ou une image déclenche chez moi l’envie de vous poster un message. Un message de mon vécu au quotidien, histoire de me rappeler encore que je fais partie de votre monde.
Cette fois-ci, un article de Khalil Fleyhane, «Dans les coulisses de la diplomatie» (L’Orient-Le Jour du 8 août 2012).
En quelques lignes, l’auteur essaye d’attirer notre attention sur le clientélisme politique et ses dégâts sur la vie humaine de quelques diplomates qui, par leur métier, n’ont commis qu’un seul crime: être encore au service d’un pays agonisant, voulant rester son porte-parole à l’étranger tout en assumant la responsabilité de leur tâche auprès de la diaspora
libanaise.
À chaque conflit, apparition de clivage...
La politique s’introduit dans la fonction publique et entraîne toute une chaîne de conséquences dramatiques sur la vie humaine. Non seulement sur la vie humaine de ces personnes, mais aussi sur l’ensemble du fonctionnement des tâches qui en découleront sur votre vie, la mienne aussi. Car tout projet devient alors lié à la politique et à ses clivages. De telle sorte qu’on ne peut plus exister dans notre pensée libre qu’à travers les menottes d’un décideur de tel ou tel parti.
Nous avons pris l’habitude de pleurer nos morts, de recenser nos blessés à chaque fois qu’on a parlé de guerre. Mais cette guerre de bureaux, de clivage politique fait bien plus de ravages incalculables, inimaginables, depuis le temps que ces habitudes se sont installées.
Des carrières d’hommes et de femmes au service de l’État, des hommes de qualité, de réflexion, une élite qui sait penser pour aider le pays à avancer, des hommes et des femmes qui ont gardé espoir encore et encore en leur pays... Une volonté de s’attacher à cette identité qui malheureusement les enchaîne à la seule décision de leur bourreau, un décideur derrière un bureau, loin de leur quotidien, un décideur qui, en fonction de ses relations avec un tel ou tel, jugera, nommera un tel ou une telle à une mission, à un titre, un poste, à une carrière.
À croire que la compétence professionnelle et la gestion d’une carrière sont quasiment absentes du jargon de nos politiciens d’aujourd’hui.
Tout doit passer par leur volonté et leurs orientations, à tel point que nous nous retrouvons nous aussi pris au piège. Nous vivons au quotidien sans avoirs la moindre idée de ce qui se passe, non seulement dans les coulisses de la diplomatie, mais aussi dans bien d’autres domaines qui nécessiteront l’approbation d’un décideur politique.
Quelle est leur mission exactement? Freiner les volontaires ou geler des carrières?
Quand il s’agit de bloquer le pays pour des zizanies internes qui provoquent des conséquences ravageuses, que pouvons-nous faire? Là aussi, il y a besoin de réagir, d’avertir, d’en prendre conscience.
De la carrière d’un être humain en activité à la carrière et la gestion de tout un pays, le clientélisme politique bloque l’administration et paralyse l’État.
Imaginez-vous l’ampleur des dégâts quand la volonté d’avancer est en cause, enfermée, bloquée par le désir d’une personne, d’une décision qui doit émaner d’en haut mais qui n’arrivera jamais.
Pourquoi ? me demanderez-vous. Simplement parce que les ministères ne fonctionnent pas entre eux comme il se doit.
À force de vouloir contenter les personnes en conflit, la politique de mon pays les a désignées chacune à un poste ministériel dans le cadre d’un partage du gâteau. Sans penser aux conséquences.
Des clivages ont donné naissance à d’autres. Et sur le terrain, ça se traduit par un désastre sur le quotidien et notre manière d’agir.
Tout cela au nom de l’équilibre politique qui sépare les hommes de mon pays. On se retrouve aujourd’hui avec des portefeuilles appartenant à des personnes divisées entre elles sur le plan idéologique mais qui sont censées diriger le pays. Pourquoi pas si l’on fait preuve de démocratie et si l’on met en avant le seul intérêt du pays? Ce n’est pas le cas, malheureusement.
Et la culture dans tout cela? Le patrimoine? L’économie? Le tourisme? Tout devient clivage. Dans les coulisses de nos pensées, que se passe-t-il? N’est-ce pas une reproduction de ce modèle de clonage et de clivage?
Je vous laisse imaginer la fin, et peut-être compléter à ma place l’aboutissement de ce désastre.

Jinane Chaker-Sultani MILELLI
Comme d’habitude, un cliché ou une image déclenche chez moi l’envie de vous poster un message. Un message de mon vécu au quotidien, histoire de me rappeler encore que je fais partie de votre monde.Cette fois-ci, un article de Khalil Fleyhane, «Dans les coulisses de la diplomatie» (L’Orient-Le Jour du 8 août 2012). En quelques lignes, l’auteur essaye d’attirer notre attention sur le clientélisme politique et ses dégâts sur la vie humaine de quelques diplomates qui, par leur métier, n’ont commis qu’un seul crime: être encore au service d’un pays agonisant, voulant rester son porte-parole à l’étranger tout en assumant la responsabilité de leur tâche auprès de la diaspora libanaise.À chaque conflit, apparition de clivage... La politique s’introduit dans la fonction publique et entraîne toute une chaîne...
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