Deux des tableaux réalisés par des enfants autistes pris en charge par Sesobel et qui seront exposés demain au Phoenicia.
Dans leur atelier de peinture, à Sesobel, ces jeunes artistes se sont appliqués, depuis plusieurs mois, avec l’aide de leur éducatrice Carla Faddoul, à créer à leur manière des œuvres inédites et uniques.
De libres interprétations, ainsi que des travaux inspirés de grands peintres, tels que Van Gogh, Monet, Matisse, Cézanne, Charles Camoin, Wajih Nahlé, Rachid ben Khalifa al-Khalifa, Guiragossian, et d’autres, des aquarelles, des acryliques, des peintures à l’huile... seront livrés au regard, très sûrement émerveillé, des visiteurs.
Fruit d’un travail individuel ou en groupe, cet ensemble créatif au début anarchique s’est progressivement agencé et structuré, donnant enfin naissance à une centaine d’œuvres d’art, chacune portant une espérance, racontant une histoire, dessinant un rêve.
Le peintre libanais Juan Barraj, qui a déjà à son actif plusieurs expositions, s’est joint à l’aventure. Il a mis son talent éprouvé et reconnu au service total des enfants, leur enseignant les bases du mélange des couleurs, décryptant pour eux les techniques de chaque peintre, les règles de la composition des tableaux... Il a guidé avec perspicacité et tendresse ces talents naissants pour en tirer le meilleur.
Les liens que Juan Barraj a tissé avec les enfants autistes – lui-même malentendant dès sa prime enfance – sont une expression puissante de la capacité de transcendance de l’art qui dépasse les barrières de la langue, ou celles du comportement, l’art ayant toujours été, et demeurant, le plus universel et puissant moyen de communication.
De leur côté, les enfants se sont, eux aussi, dépassés. Ils ont fait preuve de patience, de concentration et d’enthousiasme. Les couleurs, les formes, les toiles, ont révélé avec force leur extraordinaire énergie et créativité intérieures. Ils sont allés au profond de leur âme pour y chercher et laisser filtrer cette beauté pure et spontanée qui réside au cœur de chacun d’eux.
Les productions de ces 11 jeunes artistes révèlent un autre visage de l’autisme, très éloigné des conséquences négatives du handicap sur leurs vies et celles des personnes de leur entourage. Elles démontrent que dans l’autisme il y a aussi des aspects éminemment positifs qu’il est possible, avec un bon suivi et un programme éducatif approprié, de découvrir et de développer.
La vente des œuvres ira au profit du nouveau centre d’autisme que le Sesobel construit pour venir en aide à 140 enfants, pris en charge depuis le bas âge jusqu’à l’âge adulte. Ce centre regroupera une unité de stimulation précoce, un centre d’éducation spécialisée, un atelier occupationnel, un milieu de vie ainsi qu’un centre d’hydrothérapie.
L’hôtel Phoenicia ouvre généreusement grandes ses portes à ces jeunes talents, dont les chefs-d’œuvre fascinants autant qu’émouvants attendent votre visite et votre appréciation.
L’exposition est placée sous l’égide du ministre démissionnaire des Affaires sociales, Waël Bou Faour.


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