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Moyen Orient et Monde - Tunisie

Ennahda durcit le ton face aux salafistes

Retour au calme dans la capitale au lendemain de heurts violents.

Les forces de l’ordre sont satisfaites des ordres reçus pour faire face aux manifestants salafistes. Anis Mili/Reuters

Le gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda semblait lever l’ambiguïté en se disant déterminé à lutter contre la mouvance jihadiste, au lendemain de heurts entre policiers et salafistes. Le Premier ministre Ali Larayedh, en déplacement au Qatar, a indiqué qu’environ 200 personnes avaient été arrêtées. « Nous allons faire face (aux salafistes jihadistes) avec une extrême fermeté, mais dans le cadre de la loi. Nous serons inflexibles », a déclaré M. Larayedh au journal arabe al-Hayat. Ce cadre d’Ennahda avait aussi tenu dimanche un discours très ferme à l’égard du mouvement salafiste Ansar Acharia, partie prenante des heurts de dimanche, dénonçant pour la première fois son implication dans le « terrorisme ». Confronté à des bandes armées liées à el-Qaëda à la frontière algérienne et aux menaces de « guerre » formulées la semaine dernière par Ansar Acharia, le gouvernement avait déjà réagi en interdisant le congrès dimanche de ce mouvement à Kairouan. Les violents heurts à Tunis ont éclaté lorsque ce groupe a appelé ses partisans à organiser ce rassemblement à la cité Ettadhamen, près de Tunis. Les affrontements de dimanche ont fait, d’après le ministère de l’Intérieur, un mort parmi les manifestants et 18 blessés dont quinze policiers. Selon le mouvement salafiste Ansar Acharia et une source policière, une deuxième personne a été tuée. Aucun incident n’a eu lieu hier.
Des responsables de l’opposition laïque d’ordinaire très critique d’Ennahda ont salué la fermeté du gouvernement. « Le Parti républicain (PR) salue la décision du ministère de l’Intérieur d’imposer le respect de la loi et de l’État », a déclaré Issam Chebbi, numéro 2 du PR, appelant par ailleurs à une « stratégie nationale pour faire face à l’intégrisme et au terrorisme ». De leur côté, des analystes soulignent que les propos de M. Larayedh peuvent signifier un tournant. « C’est un changement de discours. Jamais Larayedh n’avait utilisé ce terme pour Ansar (...) réservant le mot de terroriste aux groupes » armés traqués à la frontière algérienne, note Michael Ayari de l’International Crisis Group à Tunis. Il reste cependant à voir si ces propos seront suivis d’actes, M. Ayari rappelant que les autorités avaient arrêté des dizaines de militants salafistes après l’attaque de l’ambassade américaine en septembre 2012 à Tunis mais que l’écrasante majorité avait été libérée quelques mois plus tard.
Néanmoins, dans les rangs des forces de l’ordre, dont les syndicats se plaignaient fin avril et début mai de l’absence de directives claires pour lutter contre les jihadistes, on se satisfait des ordres reçus dimanche. « L’administration a cette fois-ci été claire et elle nous a fourni les moyens nécessaires », a ainsi déclaré Sami Gnaoui du syndicat de la garde nationale, l’équivalent de la gendarmerie. Le chef du mouvement, Abou Iyadh, un vétéran d’el-Qaëda en Afghanistan recherché par la police depuis l’attaque de l’ambassade des États-Unis, n’a pour sa part pas donné de signe de repli. Dans un enregistrement diffusé tard dimanche et qui semble avoir été enregistré avant les heurts, il assure que ses partisans ne pouvaient être « vaincus » malgré la « persécution ». Abou Iyadh remercie aussi avec ironie le pouvoir : « Notre religion nous a appris à remercier les méritants, et vous les tyrans êtes le mieux placés pour être remerciés car vous avez commis tant de bêtises qui ont permis la propagation de notre prédication sans qu’on ait besoin d’en faire la publicité. »
Par ailleurs, une « cellule terroriste » préparant des attaques contre la police et l’armée a été démantelée récemment dans la région de Kairouan, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur.

(Source : AFP)
Le gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda semblait lever l’ambiguïté en se disant déterminé à lutter contre la mouvance jihadiste, au lendemain de heurts entre policiers et salafistes. Le Premier ministre Ali Larayedh, en déplacement au Qatar, a indiqué qu’environ 200 personnes avaient été arrêtées. « Nous allons faire face (aux salafistes jihadistes) avec une extrême fermeté, mais dans le cadre de la loi. Nous serons inflexibles », a déclaré M. Larayedh au journal arabe al-Hayat. Ce cadre d’Ennahda avait aussi tenu dimanche un discours très ferme à l’égard du mouvement salafiste Ansar Acharia, partie prenante des heurts de dimanche, dénonçant pour la première fois son implication dans le « terrorisme ». Confronté à des bandes armées liées à el-Qaëda à la frontière algérienne et...
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